eRallye, deuxième édition réussie

Pour sa deuxième édition consécutive, le eRallye Monte-Carlo a confirmé l'impression laissée par sa première année. Celle d'une course de régularité finement menée où les participants ont pris plaisir à en découdre 5 jours durant. Et laisse par là-même entrevoir un bel avenir pour ce rallye d'un genre nouveau.

Il faut croire que le eRallye Monte-Carlo va s'installer durablement dans le paysage automobile. De quoi conforter le choix de l'Automobile Club de Monaco qui s'est lancé dans l'aventure éco-responsable il y a déjà plus de 20 ans. A l'époque, il s'agissait d'un rallye électrique autour de Monaco. Plusieurs épreuves ont ensuite vu le jour, chacune succédant à une autre. Mais c'est bien le eRallye qui pourrait avoir la plus belle carrière. Et l'engouement rencontré cette année, notamment au niveau des constructeurs, vient confirmer cette réflexion.

 Renault, Tesla, bien entendu, mais aussi Nissan, Hyundai ou Volkswagen ont à nouveau répondu présents. Notamment l'écurie française qui a aligné 12 Zoé, soit le plus gros contingent présent dans le parc. Les participants ont été aussi un tantinet plus nombreux, avec trois équipages supplémentaires par rapport à l'an dernier. Suffisant cependant pour noter une évolution. 

15 Grimaldi C Bonneau P  Fra  Tesla S Rmc E  Acm Jl  1

La constance était de rigueur pour les voitures à hydrogène, toujours au nombre de six. "Cela nous donne donc 5% des véhicules sur le marché présents sur notre course", notait Christian Tornatore, directeur de l'épreuve, à quelques minutes du départ vers le Turini, dernière spéciale d'un périple qui aura mené les concurrents de Fontainebleau à Monaco.

Fontainebleau, départ enchanté

Un château célèbre, sur lequel François Ier avait laissé son empreinte. Les jardins de Diane non loin de là. Difficile de rêver plus beau cadre pour le départ de ce deuxième eRallye. A l'heure où l'éco-responsabilité grimpe en flèche, lancer un rallye électrique d'un lieu ayant vu résider en son seing l'un des pères de la Renaissance prenait tout son sens. Ils étaient donc 38 à s'élancer sous un ciel dont le gris avait chassé le bleu. Mais qu'importe. Les sourires compensaient largement l'absence de rayons. 

1 Ventura N G Guerrini G  Ita  Nissan Leaf Rmc E  Acm Jl 1

Le top départ a été donné à 14 heures par le sous-préfet, Jean-Marc Giraud, avant que Christophe Allgeyer, Commissaire général adjoint à l'ACM ne prenne le relais. Un départ toutes les minutes. Tout est minutieusement noté, pointé. Il vaut mieux, la FIA veille. Mais pas d'inquiétude pour l'ACM, l'instance dirigeante mondiale semble satisfaite de ce qu'elle voit à chaque compétition organisée par les Monégasques. Ils ont quelques longueurs d'avance sur leurs homologues des autres pays. "C'est aussi le but d'organiser une épreuve bien faite où tout le monde prend du plaisir", nous glissait d'ailleurs Christian Tornatore.

3 Mlynarczyck F Marques C  Fra  Toyota Mirai Rmc E Service  Acm Jl  11

 Et en terme de plaisir, les concurrents avaient de quoi en prendre justement. En direction d'Onet-le-Château, avant de rallier Monaco, les 38 équipages s'offraient un périple de 600 km pour leur épreuve de concentration. Pas de tout repos, notamment lorsqu'il s'agit de recharger les véhicules. D'autant que si la sécurité s'enclenche, toute action se voit nulle. Certains concurrents l'ont appris à leurs dépends sur cette édition.

Difficulté relevée

Que ce soit en concentration ou sur les zones de régularité, la vitesse moyenne est le point sur lequel les équipages doivent se focaliser. Sans oublier de veiller à ne pas dépasser les limitations de vitesse. Plus longues, plus nombreuses, les ZR, comme elles sont appelées dans le jargon, ont mis pilotes, co-pilotes et machines à l'effort. "On a rallongé les épreuves de régularité, on en a rajouté aussi, donc on a durci le eRallye. On sait que les concurrents sont bons, on voulait les mettre dans la difficulté, même si ça n'a pas tant marché que ça. Mais ça veut dire aussi que leur matériel et leurs capacités sont grandes et ça nous conforte dans le fait qu'on veuille durcir l'épreuve."

9 Moson P Delran J  Fra  Bmw I3 Rmc E  Acm Jl  10

 Christian Tornatore voit d'un bon œil les performances réalisées et note que les concurrents ont su faire fort, notamment sur l'épreuve qui s'est déroulée sur le circuit d'Alès. "Même si c'était là-aussi de la régularité, avec une vitesse moyenne plus élevée bien entendu, on a tout de même dix concurrents qui passent dans la même seconde." Et si l'on pense qu'il est plus simple de parvenir à ce genre de performances sur un circuit, ce n'est pas tout à fait vrai. 

Couleur Rallye Monte Carlo  Acm Jl  34

"Sur une route ouverte, on ne peut pas dépasser 49,9 km/h de moyenne, tandis que là nous avons pu les faire monter à 70 km/h de moyenne. C'est déjà bien, ça permet de pousser les voitures. Sur un circuit ce ne sont pas les mêmes trajectoires, des virages sont plus serrés, il y a des lignes droites, donc il faut vraiment qu'ils dosent en permanence, et il y arrivent, ce qui est extraordinaire. C'est aussi assez inhabituel et rare de pouvoir faire du circuit." Alors que cette "spéciale" avait eu lieu sur le circuit en terre en 2016, elle s'est déroulée cette année sur l'asphalte.

Des concurrents top niveau

S'ils ont été satisfaits de leur eRallye, en témoignent les nombreuses promesses de retour l'an prochain reçues par les organisateurs, les concurrents de cette deuxième édition ont surtout fait montre de grosses qualités sur les routes. Avec un podium renouvelé par rapport à l'an dernier, il suffit également de jeter un œil aux points de pénalités distribués cette année et à l'écart entre les huit premiers (50 points d'écarts entre le premier et le huitième) pour s'en rendre compte. Malgré les traits tirés à l'amorce de la dernière étape dans le Turini - "ce sont des routes étroites, les voitures longues, comme les Tesla sont un peu pénalisées mais ça égalise les chances avec les autres"- tous avaient encore un large sourire au moment de s'élancer. 

2 Kofler F Gaioni F  Ita  Tesla S Rmc E  Acm Jl  4

Et c'est finalement une Tesla S qui l'a emportée, avec à son bord Didier Malga et Anne-Valérie Bonnel, neuvièmes l'an dernier. Au pied du podium en 2016, Piotr Moson et Jérémie Delran, sur une BMW I3 ont accroché la deuxième place, tandis que Frédéric Mlynarczyk et Christophe Marques clôturent le trio de tête après leur 15e position lors de la première édition. Côté Monégasques, on notera notamment la 7e place de Pascal Ferry, habitué des courses électriques, accompagné, une fois n'est pas coutume, de Jean-Marie Gilliocq. Georges Marsan, maire de Monaco et Jacques Pastor, adjoint aux sports, ont fini en seizième position. Pour leur première, Claude Mas, responsable des garages et véhicules du Palais et Philippe Rebaudengo, aide de camp du Prince, sont arrivés 29es. Alors, rendez-vous l'an prochain ?

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