Dans le Turini électrique

Pour sa quatrième édition consécutive, le E-rallye Monte-Carlo a continué sur la route du succès. Avec un parcours revu en grande partie et plus sélectif que les autres années. Et ce, pour le plus grand bonheur de participants toujours plus pointilleux et performants.

On ne les entend pas arriver. Mais on ne peut pas non plus les rater dès lors que la caravane passe à proximité. Il faut dire que les voitures sont bariolées. Sponsors, plaque, noms des pilotes et copilotes ainsi que leur numéro d'engagé, dur de ne pas comprendre qu'il s'agit là d'une course automobile. Mais pas n'importe laquelle. Une course propre, à zéro émission. Et cette année encore, le E-Rallye Monte-Carlo a fait parler de lui. Par son scénario, déjà. Par son tracé, aussi, en grande partie revu pour donner la part belle à la Drôme et l'Ardèche. Deux départements emblématiques dans l'histoire du rallye WRC et de son pendant historique. "Les modifications apportées cette année nous ont permis de rayonner autour de Valence, où le rallye y a sa tradition, même si cela fait 7 ans qu'il n'y est pas venu. Mais on s'est servi de ces épreuves qui sont devenues traditionnelles", confie Christian Tornatore, Commissaire général de l'Automobile Club de Monaco, organisateur de l'événement.

Nouveau départ

Après Fontainebleau lors des deux premières éditions et Nevers l'an dernier, c'était donc à Valence d'accueillir tout ce petit monde pour le départ cette année. Et du monde il y en avait puisque l'engouement pour le E-Rallye Monte-Carlo croît d'année en année. Avec 45 inscrits au départ, cette 4e édition est ainsi celle ayant attiré le plus de participants. Même si tous n'ont malheureusement pas pu s'aligner au départ. "Un équipage a connu un décès familial au dernier moment et a donc dû se retirer et un de nos concurrents sur un véhicule à hydrogène n'a pas réussi à trouver de transporteur", regrettait Christian Tornatore à l'aube de la dernière étape. Car le E-Rallye n'accueille pas que des véhicules électriques. La majorité de la flotte est bien entendu composée de ce genre de voitures et on y trouve également des véhicules à hydrogène, représentés dans le parc par des Toyota Mirai. 

5 Fresquet R Brams C  Fra  Tesla 3 E Rmc 2019  Acm Jl  35

Si le nombre de concurrents augmente petit à petit, celui des constructeurs présents en fait de même. Cette année, on en dénombrait 11, avec Renault, Tesla, Volkswagen, Jaguar, Citroën, Nissan, Hyundai, Kia, Audi, BMW ou encore Devinci, dont la forme des véhicules rappelle quelques bolides que l'on peut croiser lors des compétitions historiques organisées par l'ACM. Une organisation à nouveau saluée et qui a fait le nécessaire pour que tout roule, comme le précise le commissaire général. "On a à faire à des pros et je pense que de notre côté, celui de l'organisation, on s'est bien amélioré. C'est aussi grâce à nos partenaires, EV Box, qui nous a fourni les points de recharge, et le réseau Eborn, qui prenait le relais sur les routes du rallye avec près de 1 000 bornes présentes sur les 6 ou 7 départements qu'on a traversés. Le fait de n'avoir que deux parcs de recharge nous a simplifié un peu la vie et cela réduit aussi les risques. On ne peut pas rater un événement de ce genre, et comme on n'a pas la réputation de beaucoup se rater, il faut rester au top tout le temps."

Un tracé relevé

Si la ville de départ a changé, le tracé a lui aussi grandement évolué. Recentré autour de la Drôme et de l'Ardèche, le parcours du E-Rallye 2019 a également mené les concurrents dans les Alpes de Haute-Provence et dans le Var avant de rejoindre les Alpes-Maritimes et la Principauté. Un tracé qui s'est également avéré particulièrement rigoureux et précis, comme le confirme Christian Tornatore. "D'après nos concurrents, ce nouveau tracé était plus sélectif mais aussi plus précis. On n'a pas reçu les petites plaintes qu'on aurait pu avoir s'il y avait eu trop d'écarts. Si les meilleurs sont bien calés, ils passent à zéro". Car la régularité demande de la précision. Il faut être bien calé et savoir prendre les trajectoires au centimètre près afin de rester dans les clous définis lors de l'élaboration du parcours. Nous l'avions d'ailleurs appris à nos dépens l'an dernier (voir CSM 38). 

21 Ozon F Glatigny M  Fra  Tesla S 75 E Rmc 2019  Acm Jl  51

Le scénario de la course et l'évolution du classement vont d'ailleurs en ce sens tant il y a eu de rebondissements. Et comme souvent, ''la nuit du Turini'' a décidé du vainqueur. Pourtant mal embarqué après les premières spéciales de régularité (SR), le duo Frédéric Ozon / Marjorie Glatigny (Tesla S75) a su redresser la barre et remonter la pente. Deuxièmes avant cette ultime étape et les deux dernières SR, ils ont su la jouer fine pour s'imposer sur la plus petite des marges, tout s'étant décidé sur une seconde avec Artur Prusak et Thierry Benchetrit (2e, DS 3 Crossback E-Tense). Neuvième étape du championnat des énergies alternatives de la FIA, le E-Rallye Monte-Carlo continue sa route et s'installe, un peu plus, comme une compétition à ne pas manquer pour les fous du volant. 


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