E-Rallye, on the road again

Après plusieurs participations au Rallye ZENN, Pascal et Aurore Ferry se sont lancés à l'assaut du premier e-Rallye organisé par l'Automobile Club de Monaco en octobre dernier. Rencontre avec ce couple pour qui tout roule.

Pas forcément des fous du volant, Pascal et Aurore Ferry n'en restent pas moins des amateurs de rallyes de régularité. En prenant le départ du e-Rallye, les tourtereaux ont ainsi pris part à leur sixième course organisée par l'ACM. "On avait fait plusieurs fois le Rallye ZENN. Au départ, on roulait sur une Mitsubishi I-Miev, une voiture de la Fondation Albert II, c'était déjà sympa à conduire. Il y a deux ans, Renault a voulu s'engager avec les Zoés sur le Zenn et ils nous ont proposé de participer avec eux dans la Team l'an dernier, ce qui avait bien marché puisqu'on avait gagné la régularité", explique Pascal. 

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Et pourtant, le sport auto n'est pas spécialement la passion première de celui qui est aussi capitaine de la Nationale 2 de l'AS Monaco Volley. "Mon père était porté sur le sport mécanique puisqu'il a fait pas mal de moto et de rallyes de régularité avec l'Historique. Ça m'a donc un peu attiré, tout comme le fait que les rallyes aux énergies propres se soient développés." Tandis que pour sa femme, Aurore, prendre part à ces courses est la concrétisation d'un petit rêve, elle qui "a toujours été derrière mon écran de télévision, que ce soit pour les rallyes ou la Formule 1. Quand on nous a proposé une voiture pour y participer, j'étais vraiment heureuse et j'ai sauté sur l'occasion", confie-t-elle, pleine d'entrain. 

"Génération Y"

L'autre aspect qui a motivé deux des plus jeunes participants de la course est son côté écologique. "On n'est pas écologistes à aller manifester, mais comme toute personne de notre génération, on est sensible à tout ce qui touche à l'environnemental, d'autant qu'avec l'engagement du Prince Albert II, on est baigné dans cette culture à Monaco. En tant que citoyen de la génération Y, toutes les personnes de notre âge ont cette sensibilité et c'est ça qui nous a fait basculer", détaille Pascal.

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Mais pourquoi choisir un véhicule électrique plutôt qu'une voiture à hydrogène ou tout autre carburant propre ? "C'est l'occasion qui fait le larron", précise d'emblée Aurore Ferry. "On nous avait proposé la Mitsubishi sur nos premières participations et ensuite c'est Renault qui s'est manifesté. C'est très agréable à conduire et comme cette année il n'y avait que des énergies propres, rester sur l'électrique était dans la continuité de ce qu'on avait déjà fait". "On est reparti dans l'électrique parce qu'on était tombé là-dedans et qu'on nous l'a proposé. Même s'il n'y a pas trop de choix sur les énergies complètement propres pour le moment, je reste ouvert à toutes les propositions qu'on pourra nous faire", note Pascal.  

Chacun son rôle

Avec 6 participations au compteur, les Ferry sont bien rôdés en ce qui concerne l'organisation en route. Pascal est le pilote et Aurore la co-pilote. "Ça s'est fait assez naturellement. Mais quand on s'est embarqué là-dedans, on ne savait pas réellement quel était le rôle du co-pilote. En régularité, il a énormément de choses à faire, il lui faut une concentration maximale tout le temps, il y a des points de repère pour se recaler et se maintenir dans la moyenne qu'il faut repérer, ne pas lâcher le roadbook, qu'il communique avec son pilote, qu'il surveille les instruments et je pense que les qualités d'un co-pilote de régularité sont très adaptés à des femmes. Il faut avoir cette faculté à gérer plusieurs choses en même temps", détaille le pilote. 

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Et cette organisation marche plutôt bien puisqu'ils réussissent à performer régulièrement sur les rallyes. D'autant que leur complicité du quotidien rejaillit naturellement sur leurs performances. "Je suis une grande râleuse et de nature stressée ce qui est assez complémentaire avec Pascal qui est très calme. Il me laisse m'énerver toute seule et ça repart comme si de rien n'était. On a une grande confiance l'un en l'autre. En cas d'erreur, on ne se crie pas dessus et on cherche la solution ensemble", explique Aurore. 

Pascal va dans le même sens que sa femme en expliquant que leur "grande complicité au quotidien est super bien adaptée à ce type d'épreuves. On se crie dessus très peu souvent mais on aime bien se taquiner ce qui nous permet de relâcher un peu la pression."

L'accroc du Turini

"La régularité est une épreuve d'erreurs. C'est un rallye qu'on perd plus qu'un rallye qu'on gagne", note Pascal. Et pour cette première sur cette distance, tout s'était bien déroulé jusqu'à l'ultime étape. "Le liaison entre Fontainebleau et Alès s'est bien passée. On avait 46 heures pour la faire et grâce à logistique de Renault, la préparation, tous les points de charge étaient prêts, on a toujours été bien accueillis par les concessions Renault où on utilisait les bornes. Vu la nouvelle capacité de la voiture, c'était très confortable (La Zoé était boostée pour tenir 400 km en autonomie)." 

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Sans erreur majeure, le couple Ferry a rallié Monaco et s'est avancé vers l'ultime étape du Col du Turini en 4e position au général. Malheureusement, tout ne s'est pas déroulé comme prévu ensuite. "Après 2 bonnes ZR où nous sentons que nous sommes plutôt bien dans le rythme, nous commençons la dernière en confiance. Et là, catastrophe après à peine plus de 2 km, on roule sur une grosse pierre masquée dans une épingle qui crève le pneu. On doit donc changer la roue en plein milieu de la route, entre le stress et la déception, nous perdons beaucoup de temps." 

Un aléa de course qui les éloigne définitivement du podium avec une douzième place finale. Mais une expérience qui leur servira sans aucun doute pour leur prochaine aventure électrique. 

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