E-Rallye, une première réussie

Toujours novateur, l'Automobile Club de Monaco a organisé le tout premier e-Rallye avec des véhicules à énergie 100% propre. Avec, comme souvent de leur côté, une belle réussite à la clé.

Il y a depuis de nombreuses années le Rallye Monte-Carlo WRC et son pendant pour les amoureux des vieilles filles, le Rallye Historique. Il y avait jusqu'à présent le Rallye des Énergies Nouvelles ainsi que le Rallye ZENN ou Zero Emission – No Noise. Il y a donc désormais le e-Rallye. Quésako encore, me direz-vous ? C'est tout simplement un rallye de régularité ouvert aux véhicules "100% non-polluants et sans émission de Co2", comme le précise l'Automobile Club de Monaco (ACM). 

La première édition de cette nouvelle course pensée par l'ACM a donc eu lieu en octobre, du 12 au 16 pour être exact. Un projet qui est né d'une réflexion des têtes pensantes du club, comme l'explique Christian Tornatore, commissaire général de l'ACM. "On s'est aperçu au fil des ans que les voitures hybrides étaient banalisées. Il y a 15 ans, la Toyota Prius arrivait sur le marché et c'était la nouveauté. Ça nous avait plu et on s'était dit que c'était peut-être l'avenir de l'automobile. On voit aujourd'hui des Toyota qui fonctionnent à l'hydrogène, du coup, eux sont déjà passés à l'étape suivante. Nous, on s'est dit que tous les constructeurs avaient des voitures hybrides et des véhicules électriques performants. Il est donc peut-être temps de supprimer tout doucement ces véhicules hybrides de notre compétition parce que ça n'apporte plus rien. On s'est donc dit qu'on allait associer l'électrique et l'hydrogène, parce qu'il nous semble que c'est la prochaine étape de l'automobile. Comme à l'ACM on veut anticiper, promouvoir, être à la pointe des technologies, on s'est lancé."  

26 Rollin R Chareyre L  Fra  Telsa Roadster E A  Jl  01

Pour autant, les responsables de l'ACM ne partaient en terres inconnues. "Le rallye Zenn était déjà l'amorce de cette manifestation. On s'était dit qu'il fallait repartir sur de l'électrique pur, et là on a tout rassemblé sous un seul titre."  

Liaison, régularité et recharges

Pas question cependant de chercher la vitesse sur ce premier e-Rallye. Car la course est une épreuve de régularité, comme peut l'être le Rallye Historique. Le principe est donc simple, effectuer un parcours de liaison tout en passant par des zones de régularité (ZR) qui définiront le classement final. Et en terme de parcours de ce type, l'ACM peut se targuer d'une certaine expérience. "On peut dire qu'on sait faire, avec l'Historique ou le WRC et puis ça ne nous dérange pas d'aller dans des zones pas toujours explorées, où il n'y a pas trop de risques, sachant qu'on ne dépasse pas les 50 km/h de moyenne étant donné que c'est de la régularité", glisse Christian Tornatore, qui avoue cependant que la ville de départ leur a causé quelques petits tracas. 

3 Ponset C Pastor S  Fra  Renault Zoe E A  Jl  40

"On voulait partir depuis la capitale française, mais la mairie de Paris ne nous a jamais trop répondu. On a donc dû trouver un autre point de départ, tout en gardant à l'esprit que l'on souhaitait une ville majeure. On a donc cherché un peu et la ville de Fontainebleau s'est déclarée partante. A partir de là, il a fallu tracer un parcours, mais pas vraiment parce que de Fontainebleau à Alès, c'était libre." 

Libre, mais pas complètement. Car pour ces véhicules électriques ou à hydrogène, il faut surtout penser aux points de recharge, car une simple station service ne leur serait pas d'une grande utilité. Si pour les équipages électriques trouver la prise adéquate n'est pas chose difficile, pour les voitures roulant à l'hydrogène, c'est une autre affaire. Chose qui a poussé les organisateurs à plancher sur un plan d'action qui contenterait tout le monde, quitte à créer une petite difficulté supplémentaire pour l'ACM. 

33 Teston J Lalande S  Fra  Nissan Leaf E A  Jl  10

"Il fallait qu'ils passent par des points de recharge obligatoires. On avait un point mobile à Magnicourt, qui est un lieu mythique de l'automobile, un fixe à Grenoble puis un nouveau à Alès, à savoir celui que l'on avait installé à Magnicourt", détaille Christian Tornatore. Préalablement à l'établissement de ces villes étapes pour faire le plein, il avait fallu effectuer quelques calculs afin de voir quelle était l'autonomie des véhicules. Il en allait de même pour les électriques qui devaient établir leur plan de route jusqu'à Alès en fonction des points de recharge, même si pour certains, tout avait été prévu par le constructeur. "Au final, le but était que tout le monde rejoigne Alès en 46 heures. Mais je pense que l'on réduira ce temps l'année prochaine", annonce d'ores et déjà le commissaire général de l'ACM.

Des concurrents de tous horizons

Le succès d'une épreuve se mesure souvent au nombre de ses concurrents et au bon déroulé des opérations. Dans les deux cas, l'on peut facilement avancer que ce premier e-Rallye est une réussite pour l'ACM. "Je crois que pour un coup d'essai, même si ça n'en est pas vraiment un, c'est un coup de maître", avance Christian Tornatore. "Je pense même qu'on sera encore plus nombreux l'année prochaine." 

2 Greg Munier Y  Fra  Renault Zoe E A  Jl  50

Car si l'Automobile Club avait tablé sur une quinzaine d'équipages pour cette première édition du e-Rallye, ils étaient en tout et pour tout 34 à prendre le départ. Parmi eux, deux équipages monégasques, avec Georges Marsan et Jacques Pastor d'un côté et les époux Ferry de l'autre (voir notre article page 40-41). Mais aussi pas mal d'habitués des courses électriques et autres énergies nouvelles, à l'image du vainqueur de l'épreuve, le Polonais Artur Prusak, déjà détenteur de plusieurs titres (vainqueur du Rallye des Énergies Nouvelles en 2013 à Monaco, double lauréat de la coupe des Energies Alternatives de la FIA en 2015 et 2016). "Un quart des inscrits connaissaient un peu nos épreuves, mais il y a aussi des gens qui ont découvert cela et qui y ont pris beaucoup de plaisir", note Christian Tornatore. 

Ales Parc De Recharge E Rmc  Jl 4

Parmi ceux-là, une n'est pas passée inaperçue. Il faut dire que sa grande silhouette et sa chevelure ont de quoi attirer l'œil quand Adriana Karembeu est dans le coin. Co-pilote du Norvégien Groo Flaaten, il se murmurait même dans le parc fermé que la belle blonde aurait envie de prendre part au rallye cet hiver… 

De Alès à Monaco, en passant par Manosque ou le Var, les 34 équipages ont ainsi rallié Monaco pour se départager lors de l'étape mythique du col de Turini. C'est d'ailleurs sur ces ultimes ZR que le classement final s'est chamboulé et a permis à l'équipage numéro 4, composé d'Artur Prusak et de Thierry Benchetrit, de s'imposer. Et d'empocher au passage le titre de premiers vainqueurs du e-Rallye Monte-Carlo. 

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Photos

Le top 10 du e-Rallye

Toyota Mirai : Artur Prusak (POL) /
Thierry Benchetrit (FRA) H 1
Renault Zoe : Christophe Ponset (FRA) / Serge Pastor (FRA) E 1
Renault Zoe : Alexandre Stricher (FRA) / Michael Torregrossa (FRA) E 2
E 3 BMW I3 : Piotr Moson (FRA) /
Jérémie Delran (FRA)
J E 4 Kia Soul : Jean-Pierre Ballet (FRA) / Serge Lombard (FRA)
H 2 Toyota Mirai : Georges Marsan (MCO) / Jacques Pastor (MCO)
E 5 Renault Zoe :
Greg (FRA) / Yves Munier (FRA)
E 6 Tesla Roadster 2.5 : Romain Rollin (FRA) / Laurent Chareyre (FRA)
E 7 Tesla S 5 : Didier Malga (FRA) /
Anne-Valérie Bonnel (FRA)
E 8 Tesla S : Raoul Fesquet (FRA) /
Yorick Muller (FRA)