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83e Rallye Monte-Carlo : Ogier a vu triple

On attendait la bagarre entre les Sébastien. Finalement, Loeb n'aura pas fait beaucoup d'ombre à Ogier. L'Alsacien s'est retrouvé largué lors de la huitième spéciale et le Gapençais, double champion du monde en titre, a évité tous les pièges du tracé pour s'offrir une troisième victoire sur le Monte-Carl'.

Le 83e Monte-Carlo s'est déroulé du 22 au 25 janvier entre les Hautes-Alpes et les Alpes-Maritimes. Avant même le début de l'épreuve, on décelait une certaine excitation du côté de l'Automobile club de Monaco, organisateur de l'épreuve. "J'attends la neige", lançait, amusé, Christian Tornatore, directeur de l'épreuve. "Plus j'y pense et plus elle va arriver. Les températures commencent même à chuter. Le jour, la nuit, sous la pluie, c'est comme ça le rallye !", ajoutait-il, ravi. 

En plus d'un climat annoncé parfait pour une aventure haute en couleurs, les 96 équipages allaient s'attaquer à l'inconnu en 15 étapes. "Nous avons renouvelé les spéciales à 80 %. C'est un choix délibéré de notre part. Il n'y a pas d'intérêt à refaire la même course d'une année sur l'autre. 

Aussi, les pilotes nous avaient fait savoir qu'ils n'étaient pas très contents de partir de Gap pour rallier Monaco sans course après le repérage et avant le départ. Nous leur avons donc proposé deux épreuves nocturnes en partance de la Principauté. Seule l'étape Sisteron-Thoard (36,85 km) n'a pas changé. C'est un monument historique du Monte-Carlo."

Juste une pige pour Loeb

L'autre surprise, c'était le retour éclair de Sébastien Loeb (Citroën). Accompagné de son fidèle copilote monégasque Daniel Elena, il choisissait de se tester sur cette première manche du championnat du monde des rallyes 2015 (WRC). Le nonuple champion du monde (de 2004 à 2012) n'avait plus touché un volant en WRC depuis octobre 2013 et avait choisi de se frotter au championnat du monde des voitures de tourisme (WTCC). 

Mais la tentation de regoûter au Monte-Carlo était trop forte. "Ce rallye m'a beaucoup réussi, je l'ai gagné sept fois et j'y participe pour le plaisir", avait annoncé l'Alsacien en novembre. "C'est une pige. Si je suis capable de me battre, tant mieux, sinon, ce n'est pas grave", prévenait-il, à l'heure de démarrer. Quant à Sébastien Ogier (Volkswagen), il se montrait impassible. "Seb Loeb est juste un concurrent de plus pour moi", glissait-il, sans laisser filtrer une quelconque pression.

Un rocher fatal

Après un coup d'envoi en grande pompe, jeudi 22 à 18 h 30, sur la place du Casino de Monte-Carlo, Sébastien Ogier n'a pas tremblé longtemps. Le pilote Citroën, campé dans sa DS3, a pourtant frappé fort dès le départ. En 21 km d'ouverture, l'Alsacien se rappelait aux bons souvenirs de ses anciens rivaux et repoussait Ogier à plus de 30 secondes. Le ton était donné et le revenant s'adjugeait trois des six premières spéciales du rallye.

D'abord handicapé par sa position d'ouvreur, Ogier est monté en puissance et s'est montré à son aise sur les routes qu'il connaît par cœur, près de Gap. Le pilote Volkswagen a progressivement refait son retard sur Loeb, jusqu'à s'emparer des commandes du général dans la septième spéciale. La bataille entre les deux "Seb" aurait pu se poursuivre et rester corsée si la roue arrière gauche de la DS3 n'avait pas rencontré un sévère rocher dans le jardin de son successeur, à Saint-Julien en Champsaur, vendredi soir. 

Le duel tant attendu ne marquait la course que dans les huit premières spéciales. La suspension du véhicule étant tout à fait esquintée, Sébastien Loeb perdait dix minutes et voyait s'envoler les espoirs d'un huitième sacre sur l'épreuve monégasque. L'ES 8 a fait plusieurs victimes dont Kris Meeke (Citroën) et Robert Kubica (RK World Rally Team), qui se trouvaient également exclus de la course au général.

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