Sportives & globe-trotteuses

Licenciées depuis seulement quelques saisons à l'AS Monaco Pentathlon, Julie Lafaye et Amanda Aiello n'ont pas mis longtemps à obtenir de bons résultats, notamment sur la scène internationale.

Le pentathlon moderne n'est pas la discipline que l'on voit le plus souvent dans les médias. Et pourtant, c'est un sport qui gagne à être connu. D'autant qu'à Monaco, malgré un très faible nombre de licenciés, les résultats sportifs commencent à être au rendez-vous. La preuve avec Julie Lafaye et Amanda Aiello, qui sont pour le moment les deux des sociétaires de l'ASM Pentathlon. Lors des championnats d'Europe de pentathlon moderne qui ont eu lieu en Hongrie, en septembre dernier, elles ont toutes deux porté haut les couleurs de Monaco. Dans sa catégorie en Master + de 40 ans, Amanda a réussi a accroché une quatrième place, tandis que Julie, en Master + de 30 ans a manqué de peu la plus haute marche du podium, terminant finalement à une très belle deuxième place synonyme d'argent. De quoi récompenser deux sportives animées par leur passion.

Préparation internationale

Le pentathlon moderne comporte 5 disciplines. En compétition, chaque pratique rapporte des points et permet d'établir un classement final à l'issue des 5 épreuves. Au menu, de la natation, de la course, de l'équitation, du tir ainsi que de l'escrime. De quoi donner du pain sur la planche à tous ceux et celles qui ont envie de tenter l'aventure. Pour Julie et Amanda, la charge est d'autant plus difficile qu'elles ont une vie professionnelle à mener à côté. Comptable et mère de 4 enfants, Amanda Aiello s'entraîne essentiellement la semaine, tout comme Julie Lafaye qui est professeur d'Éducation Physique et Sportive (EPS) à Monaco. C'est d'ailleurs grâce au métier de Julie que ces deux passionnées ont fait connaissance, l'une étant le professeur de la fille de l'autre. Entraînements la semaine donc, mais aussi des compétitions le week-end.

"Cette année, on a fait beaucoup de compétitions des différentes disciplines que l'on a en pentathlon, que ce soit en escrime ou en combiné course-tir à Aix-en-Provence", précise Julie. "On a également fait quelques triathlons", renchérit de son côté Amanda. Au final, elles ont eu des compétitions tous les 15 jours lors des quelques mois précédant les championnats d'Europe. D'autant qu'il y a eu également quelques pentathlons à l'international. "On a fait la Suisse en mars, Barcelone en juin et l'Allemagne en juillet", explique Julie. C'est d'ailleurs lors de ces compétitions que les deux sociétaires de l'ASM Pentathlon ont vu qu'elles pouvaient tirer leur épingle du jeu lors des championnats d'Europe. 

Les "Europe" avec ambition

Cette volonté de participation aux championnats d'Europe en Hongrie est donc arrivée assez vite dans la saison. Et ce malgré les difficultés liées à la préparation. Au quotidien, Julie et Amanda doivent trouver des créneaux d'entraînements pour les 5 disciplines. Allant de club en club pour y trouver un coup de main, les deux pentathloniennes ont ainsi grandement pu progresser en escrime et en tir, notamment, grâce aux infrastructures de la Principauté. "En escrime, on a une belle salle et 4 maîtres d'armes, donc on est bien épaulées et ça évolue très vite. Tant mieux parce qu'on était toutes les deux novices. En course à pied, on a un passé toutes les deux", explique Julie Lafaye. Amanda, elle, perfectionne sa course "avec la section athlétisme. C'est Jacques Canduso qui m'a prise en charge et me donne des conseils afin de m'améliorer.

Ayant toutes deux un petit passé en équitation, le retour au saut d'obstacles s'est fait rapidement au centre équestre de Nice. Cependant, travailler les 5 disciplines en même temps implique de fortes charges d'entraînements. Il faut donc être à l'écoute de son corps pour ne pas se fragiliser ou se blesser, d'autant que le niveau requis pour bien figurer en compétition "demande beaucoup de travail", comme le souligne Julie. Entre les entraînements et les sorties en compétitions le week-end, les deux athlètes découvrent petit à petit le monde du pentathlon moderne. Un monde où les informations tombent au compte-goutte. "Grâce aux compétitions auxquelles on a participé durant l'année, on s'est fait des contacts et on échange par mails en vue des prochaines compétitions. C'est comme cela qu'on a su pour les championnats d'Europe", explique Amanda. 

La décision a donc été prise en mai. Et pas question de partir pour faire de la figuration. "On sentait avant de partir qu'on avait le niveau, on connaissait nos temps et on voyait comment se placer", précise Amanda. "Je visais au moins un podium, parce qu'en Allemagne, on avait vu les personnes contre lesquelles on allait se retrouver en Hongrie, donc ça nous avait permis de nous jauger par rapport à elles. Et comme j'avais gagné, je savais que c'était possible", explique Julie.

L'étape hongroise

Pour une première participation aux championnats d'Europe de pentathlon moderne, les représentantes de l'ASM ont eu droit à quelques surprises. Si l'organisation était hyper carrée en Allemagne ou en Suisse, il n'en fut pas de même dans ce pays de l'ex-Union Soviétique. "L'organisation était catastrophique en Hongrie. Aucune info, pas de pique-nique de prévu le midi, l'équitation devait avoir lieu le vendredi, elle a finalement été avancée au jeudi", raconte Julie. Cependant, ces petits couacs n'ont pas eu raison de la motivation de nos deux sportives, même si elles n'étaient pas au bout de leurs surprises au moment de commencer la compétition. Après une réunion technique le mercredi, les choses sérieuses commençaient le jeudi matin. En ouverture, c'est le tir de précision qui attendait nos deux comparses. "On a commencé par le tir, donc gros stress d'entrée. On était les premières à tirer, le bus était en retard. On arrive dans une grande salle, un grand gymnase où tous les écoliers nous regardaient. On n'a pas géré au niveau stress et on est passé à côté ", se remémore Julie. 

Et malheureusement, cet échec au tir est déjà synonyme de défaite pour Julie qui, ayant accumulé trop de retard sur la première, ne pourra revenir sur elle pour lui disputer la première place. Est ensuite venue l'équitation, où les choses ont tourné dans le bon sens, comme le raconte Amanda. "Ça nous a reboostées. On a un tirage au sort des chevaux qui nous sont attribués comme ça et on a juste 20 minutes pour le détendre, faire connaissance avec lui et sauter 5 obstacles à l'échauffement. Ensuite c'est le parcours qui commence. Et tout s'est bien passé." En signant le meilleur temps de leur catégorie respective (Master +30 pour Julie et Master +40 pour Amanda), elles avançaient ainsi plus sereinement vers la troisième étape. "L'escrime qui est l'épreuve, avec l'équitation, qui dure le plus longtemps. Ça a dû prendre deux heures parce qu'on doit toutes se rencontrer. Ça dépend du nombre. Là on était un peu plus de 20." Respectivement 3e et 5e sur cette épreuve, la première journée se terminait donc plutôt sur une bonne note pour les deux asémistes. 

Natation, course, podium

Après une première journée bien remplie, les filles devaient s'attaquer à leur Everest, la natation. Surtout en ce qui concerne Amanda qui avoue être en délicatesse avec cette discipline, d'autant que toutes deux s'entraînent seules et ne bénéficient donc pas de conseils pour s'améliorer. Malgré ces difficultés quotidiennes sur une pratique qui demande beaucoup en terme énergétique, mais qui rapporte peu de points en compétition, nos deux compétitrices ont tout de même réussi à améliorer leur record sur 100 mètres (en bassin de 25 mètres). Restait alors la course, leur véritable point fort. Mais sur un parcours de 2 kilomètres, difficile de creuser un réel écart avec les poursuivantes ou de recoller au score pour Julie.

 Dans des conditions météo très difficiles, elle est tout de même parvenue à prendre 35 secondes sur celle qui finit championne d'Europe, soit 35 points. Mais cette dernière en comptait 114 d'avance, un écart bien trop important pour pouvoir le combler sur cette course. Malgré tout, et même si Julie était un peu déçue de cette deuxième place, le bilan est plus que positif pour les licenciées de l'ASM. L'année se termine donc sur bonne note au niveau pentathlon moderne, avant de reprendre le chemin des compétitions de chaque discipline en début d'année prochaine. Puis il sera temps de regarder en direction des championnats du monde prévus l'an prochain, qui devraient avoir lieu à Prague du 2 au 7 juillet. 

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