Julie Lafaye et Amanda Aiello "En équipe, on se sent plus fortes"

Voilà quelques mois désormais que Julie et Amanda marchent ensemble dans l'aventure du pentathlon moderne. Une association qui porte ses fruits puisqu'elles se sont signalées aux derniers championnats d'Europe de la discipline en Hongrie en septembre dernier. Avec une médaille d'argent pour Julie et une quatrième place pour Amanda.

Comment êtes-vous arrivées au pentathlon ?

Julie Lafaye : J'ai vu les J.O. de Sydney en 2000 à la télé et ça a été la révélation. J'adore pratiquer beaucoup de sports et nombre d'entre eux sont présents dans le pentathlon. J'ai fait de l'athlétisme étant petite. J'ai toujours voulu faire du tir et j'avais pu m'y essayer lors du raid inter-armées à Monaco. On avait fait de la natation, du tir, du kayak, de la course à pied et des épreuves nautiques. C'est après ça que j'ai su que le club de pentathlon existait. J'ai alors sauté sur mon téléphone (rires). 
Amanda Aiello : C'est quasiment la même chose pour moi. Je regardais les Jeux de Pékin en 2008 et j'ai vu le pentathlon, où ils faisaient de l'équitation et de la course à pied. Tout ce que j'aime. J'avais fait un tout petit peu de tir, mais rien d'intense. Je n'avais jamais fait d'escrime, mais tant pis. Je me suis dit que c'était un bon challenge. J'ai appelé en 2008, mais il n'y avait personne. Et j'ai eu la chance de tomber sur un article dans le journal sur les championnats de France. Je connaissais Julie parce qu'elle avait eu ma fille à l'école et je suis entrée en contact avec elle.

Qu'est-ce qui vous a motivées en sachant que c'est très difficile d'avancer sur 5 disciplines qui ne sont pas réellement liées ?

Julie : Il y a deux choses. Dans les entraînements, on a des phases de progression. Quand on voit qu'on progresse dans un sport, c'est l'étincelle qui va nous motiver. On continue à s'entraîner sur les 5, mais c'est celui où on progresse qui nous pousse à continuer. Il y a toujours un des 5 sports où on sent qu'on progresse. Personnellement, le fait de rencontrer Amanda et de constituer une équipe, ça m'a permis de m'ouvrir à l'international et de découvrir un peu autre chose. Être en équipe, c'est très motivant, on se sent plus fortes.
Amanda : L'équitation ne me posait pas de problèmes parce que j'en faisais déjà régulièrement et l'obstacle ne me faisait pas peur. J'étais athlète plus jeune, donc pour la course à pied, il n'y avait pas de soucis. Quand j'ai commencé à m'entraîner en natation, je ne voyais pas le bout du tunnel. Je faisais 4 minutes 30 au 200 mètres et je disais à mon mari que je n'allais jamais y arriver (rires). Mais c'est le pentathlon que je voulais faire. C'est un challenge et je voulais y arriver. Donc il m'a fallu persévérer, tout comme en escrime où les leçons avec le maître d'armes aident beaucoup. Et surtout, Julie est toujours en train de me motiver. 

Quelle est la discipline que vous préférez et que vous détestez ?

Julie : Ça dépend des périodes (rires). Je pense que c'est sur les compétitions en saut d'obstacles où je ne regrette pas tout ce chemin parcouru. La sensation de voler avec le cheval, j'adore ça. Après j'aime les 5 disciplines. L'escrime au début, c'était vraiment compliqué, ça ne me parlait pas du tout. Au fur et à mesure, j'y ai vraiment pris goût. J'ai vraiment apprécié en progressant.
Amanda : C'est pareil pour moi, où l'escrime était vraiment un problème au départ. Mais c'est quand même surtout la natation qui me gênait. Maintenant, je n'ai plus de discipline rédhibitoire même si j'aime particulièrement l'équitation et la course à pied. 

Le mental a une part importante ?

Julie : Il y a un stress dans toutes les épreuves, car il y a toujours un enjeu. En course par exemple, où on sait qu'on est meilleure, on se dit que c'est là qu'on doit rattraper des points laissés en route.
Amanda : Ou alors essayer de se donner une marge pour avoir une sécurité et que personne ne puisse venir récupérer ces points. Au niveau du tir, quand on en rate un, qu'on fait un 5 alors qu'on aurait pu faire un 10, il faut se remettre dedans pour arriver à oublier ce mauvais tir et se reconcentrer. C'est la même chose quand on prend une touche stupide en escrime. On se remet en question sans cesse, si on n'arrive pas à gérer ça, pour les épreuves suivantes, c'est difficile.
Julie : La tête joue beaucoup en escrime, que ce soit sur l'envie ou la concentration. 

Quelles sont les qualités nécessaires pour être un bon pentathlonien ?

Julie : La persévérance (rires) et être passionné. C'est une épreuve qui parle très vite aux gens, c'est quitte ou double. Quand on est passionné, on n'a pas de problèmes pour s'entraîner parce qu'on se fait vraiment plaisir dans chaque sport. C'est aussi un vrai challenge dans la vie quotidienne. 
Amanda : La motivation et la disponibilité. Pour progresser, il faut être bien régulier et surtout bien organiser son emploi du temps. Être à l'écoute de son corps est important, pour savoir quand s'arrêter et lâcher un peu afin d'éviter les blessures ou un gros coup de fatigue.
Julie : Ça c'est compliqué et il faut quelqu'un de l'extérieur pour s'en rendre compte. 

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