Olympiens

"Une expérience extraordinaire"

Chef de mission pour la première fois, Stéphane Mannino a su accomplir la tâche qui lui avait été confiée par le Comité Olympique Monégasque lors des Jeux Olympiques de Rio. Il raconte son séjour, sa mission mais aussi les souvenirs qu'il a ramenés avec lui et un selfie avec Nadia Comaneci, "le seul que je me suis autorisé".

Arrivé quelques jours avant la délégation afin de vérifier les enregistrements et logements de chacun, mais aussi recueillir toutes les informations nécessaires aux athlètes pour leurs entraînements et compétitions, Stéphane Mannino a fait tout son possible pour les placer dans les meilleures dispositions.

Quel est votre bilan sur ces Jeux ?

Par rapport à ma mission, ce seront les autres qui le diront. Sur mon ressenti personnel, j’étais très heureux de le faire, très fier également de pouvoir participer pour et au nom de Monaco à ces Jeux Olympiques. Il y a beaucoup de pistes d’amélioration. Personnellement, je le referais, après je suis à la disposition, je ne sais pas ce qui se passera pour les prochains Jeux, c’est quelque chose que je referais tout à fait, ne serait-ce que pour parfaire ma connaissance. Je sais désormais où on doit travailler plus, anticiper plus, là où l'anticipation n'est pas nécessaire, on peut se focaliser sur d'autres choses. 

Pendant ces trois semaines, comment s’organisait votre quotidien ?

Au début, beaucoup de marche à pied (rires), vraiment beaucoup, parce que le village paraît très concentré mais en fait il est très étendu, il y a beaucoup de services dedans. Par exemple, le restaurant faisait 300 mètres de longueur ! Notre immeuble était très central, mais le fait d’aller dans les différents services, on marche beaucoup, surtout au début, pour tout reconnaître. Après, on avait le parc des athlètes, qui est un site d’entraînement, qui n’est qu’à 10 minutes à pieds, c’est là où s’entraînaient les judokas et les gymnastes. Lorsque la délégation arrive, on marche toujours beaucoup mais on s’organise et on anticipe un peu plus. Et après, lorsque Monseigneur et les officiels du Comité Olympique Monégasque sont là, il faut faire en sorte qu’il n’y ait pas de manque ou des accrocs lors des accréditations, lors de leur entrée dans le village. Parce que tout dépend du chef de mission. On anticipe et on vérifie, je suis d’un naturel qui vérifie beaucoup, donc je le faisais encore plus et les gens étaient très contents de nous aider. 

Comment avez-vous vécu ces premiers JO en tant que chef de mission ?

C’est un moment unique. On n'en prend pas conscience de suite parce qu’on est dedans, mais étrangement on se rend compte vers la fin qu’on est en train de vivre quelque chose d’unique, pour lequel on est fier, on parle de notre pays, on le représente, on voit une certaine reconnaissance et ça reste un moment extraordinaire. C’est une ambiance où on est un petit peu en dehors du monde, mais un petit peu seulement car on reste connecté sur la vie hors des Jeux, on côtoie des sportifs extraordinaires. On avait la chance d’être avec les Français, donc les plus grands sportifs français étaient présents, Camille Lacourt, Teddy Riner, les nageurs, les handballeurs. Vous avez l’occasion de les voir dans l’ascenseur, dans le hall de l’immeuble et de les voir jouer. Quelque part c’est quelque chose d’assez unique et d’exceptionnel, vous le vivez une fois dans votre vie. Quand, comme moi, on n’a pas cette habitude, de vivre tout le temps avec les athlètes de haut niveau, ça reste un moment extraordinaire. Je comprends que les gens qui y ont goûté une fois aient envie de le reproduire.

Malgré votre emploi du temps chargé, avez-vous pu profiter un peu des Jeux et de Rio ?

Des Jeux et de l’ambiance des Jeux, oui. C’est-à-dire qu’on tenait à voir beaucoup de compétitions. Il existe une possibilité qui s’appelle le DDA : le "different discipline athlete". Tous les jours vous pouvez demander des tickets pour les différentes disciplines. C’est vrai que j’ai pu aller voir des sports que je n’aurais jamais vu, comme l’escrime, que j’ai toujours vu à la télévision. Je n’avais jamais eu l’occasion de voir du très haut niveau en water-polo, c’est extraordinaire, on s'aperçoit qu’il y en a un qui est toujours sous l’eau ! On a vu également les Américains en basket-ball. Je tenais beaucoup à voir le handball parce que les Français sont vraiment extraordinaires, le judo, la gymnastique, lorsqu’on voit les athlètes américaines notamment. On a aussi fait quelques activités de groupe.

1 Image Chef De Mission Signature Mur De La Paix

Qu’est-ce que vous avez essayé d’apporter au groupe en tant que chef de mission, au-delà de l’aspect logistique ?

En tant que chef de mission, c’est surtout la tranquillité d’esprit, de dire "concentrez-vous sur votre sport, vos entraînements, je m'occuperai du reste." Donc ce que je leur ai apporté, c’est cette tranquillité. Après, organiser quelques points comme on s’est dit une fois, on organise une soirée, une deuxième soirée, une sortie culturelle. Moi ce qui m’importait, c’était cette cohésion de groupe. Et là-dessus, je n’ai pratiquement rien eu à faire. J’avais organisé les appartements pour que chacun ait leur télé et d’un coup, j'ai vu que la télé était partie sur la terrasse, ils avaient organisé un petit salon à cet endroit, certains partaient au restaurant, qui n’était pas très loin, pour ramener des pizzas et les manger devant la télé pour regarder du sport. Je voulais non seulement qu’ils aient leur tranquillité d’esprit, mais aussi qu’ils ne trouvent pas le temps long, qu’ils se retrouvent en tant qu’amis. Apparemment ça a bien marché.

Quels ont été les moments forts de ces 3 semaines à Rio ?

Indéniablement les trois compétitions, on vibre beaucoup, la cérémonie d’ouverture, et après la cérémonie de bienvenue. La cérémonie d’ouverture parce qu’on se souvient très rapidement de toutes les cérémonies qu’on a vu. Et là on se dit, c’est nous aussi, on s’en rend peu compte parce qu’on est dedans, on est dans le mouvement, tout est organisé, minuté, mais on essaye de le vivre. La cérémonie de bienvenue, ça reste vraiment à taille humaine, et puis lorsqu’on entend l’hymne monégasque et le levé de drapeau, c’est quand même quelque chose qui nous touche beaucoup. 

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