Tous pour un et sport pour tous

A Monaco, comme dans 180 autres pays, l'association Special Olympics est un club sportif dédié aux personnes handicapées mentales ainsi qu'aux malades mentaux. Entraînements, compétitions et même Jeux Olympiques Spéciaux, ils sont 70 à pratiquer un ou plusieurs sports à Monaco grâce à cet organisme.

Les formes d'intégration pour les personnes déficientes peuvent se faire de différentes manières. Pour Special Olympics, cela passe par le sport. Individuel ou collectif, l'idée est de permettre une pratique sportive et que cela apporte à ces personnes pas tout à fait comme les autres. Et comme dans plus de 180 pays, Monaco fait partie de l'aventure. Avec quelques permanents et un solide groupe de bénévoles, tous assurent les entraînements et déplacements en compétitions pour les membres de Special Olympics Monaco. Comme au mois de mars où une vingtaine de sportifs sont partis en Autriche pour les Jeux Mondiaux d'hiver*, à l'image du voyage du même type qui avait eu lieu il y a deux ans à Los Angeles pour l'édition d'été.

Une note d'histoire

Le mouvement Special Olympics ne date pas d'hier. Il est en réalité né aux États-Unis en 1968. C'est l'une des membres de la famille Kennedy, Eunice Kennedy Shriver (1921-2009), qui en a été à l'origine. Organisation reconnue par le CIO, Special Olympics organise notamment tous les deux ans les Jeux Olympiques Spéciaux, dont la première édition a eu lieu en 1968. Pour Monaco, l'aventure a débuté en 1981. "A l'époque, quand Mme Calmes, la présidente de SO Monaco, a commencé, en partenariat avec la Fondation Bariquand, il n'y a avait que quatre athlètes", note Marco Muratori, le directeur de Special Olympics Monaco. "Aujourd'hui, on en a 70. Monaco a d'ailleurs été l'un des premiers pays à se lancer dans l'aventure." 

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Et au sein de l'aventure Special Olympics, le credo est simple : l'intégration par le biais du sport. Si auparavant SO était avec l'AMAPEI, depuis juillet 2016, ils sont totalement indépendants. Sous l'œil avisé de leur emblématique présidente, les 3 permanents et 19 bénévoles assurent donc entraînements et suivi en compétitions de 11 disciplines sportives. "Tous les sports que l'on propose, à l'exception de la pétanque, sont des épreuves que l'on retrouve aux Jeux Spéciaux, que ce soit d'hiver ou d'été", précise d'ailleurs Marco Muratori. 

Troubles mentaux

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Des Jeux Spéciaux qui s'adressent à une population particulière. Il n'est en effet pas question ici de handicaps physiques, mais mentaux. Mais aussi de sportifs troublés par des maladies mentales. "On a des personnes atteintes de trisomie 21, d'autisme et de troubles du comportement en ce qui concerne le handicap. Pour la maladie, il y a plusieurs cas de figure avec certains troubles du comportement répertoriés comme maladies, de la schizophrénie, des épileptiques, des dépressifs…", détaille le directeur. "Si on naît handicapé, on devient malade. C'est aussi ça la différence. On a de moins en moins de handicaps mais de plus en plus de personnes malades. Ce n'est pas plus compliqué avec eux, mais il faut faire plus attention. Il y a un rapport de force un peu différent mais toujours avec un profond respect", note l'ancien footballeur. 

Pour intégrer Special Olympics Monaco, il n'y a pas vraiment de limite d'âge, même si les compétitions ne débutent que vers 14-15 ans. Avec 70 sportifs dans leurs rangs, les responsables de l'association savent qu'ils ne peuvent pas forcément accueillir davantage de monde. "Ça m'embête toujours de refuser quelqu'un mais on arrive à un stade où on ne peut pas accueillir plus de monde faute de moyens humains." D'autant que les déplacements sont réguliers, à hauteur d'un par mois, de quoi permettre à tout le monde de profiter des différentes compétitions.

Sports

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A Special Olympics Monaco, on fait de tout, ou presque. Ski alpin, ski de fond, raquettes, tennis, tennis de table, cyclisme, natation, football, pétanque, équitation, judo, athlétisme, autant de disciplines que l'on retrouve au programme de SO Monaco. Disposant de créneaux dans les installations de la Principauté, chaque sport a cependant un nombre de places restreint du fait des enceintes, mais aussi de l'encadrement. "A une époque on avait 23 bénévoles, maintenant il en reste 19", note Marco Muratori. Une baisse somme toute légère mais qui a son impact. D'autant que pour certaines disciplines, les choses peuvent s'avérer un peu plus difficiles. "Il y a une certaine appréhension notamment pour la natation. Donc ils vont venir mais ne vont pas se baigner une fois, deux fois. Et puis ils commencent par le petit bain. Certains ont commencé de la sorte et représentent Monaco en compétition aujourd'hui." 

Et pour les entraînements, notamment en ce qui concerne l'athlétisme et la natation, des parcours adaptés sont mis en place. Si l'on voit facilement ce que cela peut donner sur une piste d'athlé, la version aquatique nous laisse pensif. Marco Muratori détaille. "Les parcours moteurs, ce sont des parcours qu'on met avec des piquets en athlé, ou des planches en natation, où il faut passer dessous, aller chercher des petits objets au fond, remonter, toucher le mur, repartir, s'asseoir sur une chaise au fond de l'eau. Un parcours du combattant adapté à eux. C'est plus simple en athlé, mais on le fait aussi en natation, on peut le faire dans le petit bassin où on a pied parce que certains ont peur." De quoi leur permettre d'appréhender au mieux leurs disciplines avant de pouvoir entrer en compétition. 

Car loin d'être une association loisir, Special Olympics, c'est aussi et surtout un club sportif avec des échéances importantes. Outre les événements à l'international, les membres de SO Monaco prennent aussi part au challenge Rainier-III en principauté. "On fait le championnat corpo sur trois sports à Monaco, où on joue contre des valides : le tennis de table, le tennis et la pétanque, qu'on a commencée il y a 5 ans. Au tennis de table c'est exceptionnel, la mentalité est top. Ce n'est jamais facile de jouer contre des gens handicapés, mais les mecs jouent le jeu à fond et jouent la gagne. C'est très sympa", précise le directeur de SO Monaco. 

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