Dossier

Rétro JO d'été - Monaco dans le concert des nations

Entre 1920 et 2012, 107 athlètes ont défendu les couleurs du drapeau monégasque aux Jeux olympiques d'été, dans quatorze disciplines différentes. Après avoir retracé les temps forts des Jeux d'hiver dans notre dernier numéro, nous vous proposons de voyager entre deux siècles et de découvrir plusieurs épisodes qui ont marqué l'histoire sportive de la principauté, tout en vous remémorant les faits marquants de chaque édition évoquée.

Anvers 1920 - Appelés sous le drapeau olympique

Les faits marquants 

Pour la première fois, le drapeau olympique (cinq anneaux de couleur entrelacés sur fond blanc) est hissé lors de la cérémonie d'ouverture. Lors de l'inauguration, des colombes sont lâchées dans le ciel et un athlète, le Belge Victor Boin, est chargé de prêter serment au nom de tous les compétiteurs. Côté compétition, le jeune "Finlandais volant" Paavo Nurmi remporte trois fois l'or (10 000 m, cross individuel et par équipe) et une fois l'argent (sur 5 000 m). Au total, le scandinave accumulera douze médailles dans sa carrière. À Anvers, le plus titré est l'Américain Willis Augustus Lee. Celui qui sera vice-amiral de l'US Navy pendant la Deuxième Guerre mondiale brille en tir. Il décroche sept médailles (cinq d'or, une d'argent, une de bronze).

Vu de Monaco 

C'est l'heure du "baptême" pour Monaco, qui dispose d'un Comité national olympique depuis 1907. Emmenés par le président de cette entité, le comte Albert Gautier-Vignal, six sportifs de la principauté sont du voyage qui marque la première participation de leur pays aux JO. Émile Barral s'aligne au départ du 800 mètres et atteint les quarts de finale. Edmond Médecin termine au vingt-septième rang au saut en longueur avec un bond à 6,03 m. Deux gymnastes sont également en lice. Michel Porasso se classe douzième, Joseph Crovetto vingt-deuxième. Louis Radino et Gaston Médecin, remplaçants, n'auront pas l'occasion de participer à la fête.

Berlin 1936 - Quand l'histoire et le sport se téléscopent

Les faits marquants 

La onzième édition des Jeux olympiques d'été se déroule à Berlin, dans une Allemagne où le régime nazi est aux commandes depuis trois ans. Dans l'esprit d'Adolf Hitler, ces Jeux doivent démontrer la supériorité de la race aryenne. Jessie Owens, un athlète américain, noir, inflige un véritable camouflet au Führer en remportant quatre médailles d'or (100 m, 200 m, relais 4x100 m et longueur). À noter que pour la première fois, des caméras de télévision filment l'événement, diffusé dans des centres de visionnage publics.

Vu de Monaco 

Quatre ans plus tôt, le drapeau rouge n'avait pas flotté à Amsterdam, où aucun représentant n'était engagé. Cette fois, le petit État a décidé d'aligner six compétiteurs, tous versés dans les épreuves de tir. Entre toutes les actions de propagande pour le IIIe Reich, il reste (malgré tout) un peu de place pour le sport. Douze ans après leur participation à Paris, Victor Bonafède et Roger Abel sont à nouveau en compétition. Le premier pratique le pistolet à 50 mètres, comme ses compatriotes Louis Briano et Herman Schultz. Le second est engagé à la carabine 50 mètres, en compagnie de Michel Ravarino (38e et auteur de la meilleure performance) et Pierre Marsan.

Londres 1948 - Les tireurs en embuscade

Les faits marquants 

Les Jeux reprennent après douze ans d'interruption. La capitale anglaise, lourdement bombardée par les Allemands, est en pleine reconstruction. Des nouveautés font leur apparition à cette occasion et quatorze pays deviennent "Olympiens". En athlétisme, les coureurs peuvent désormais utiliser des starting-blocks. En natation, les épreuves se déroulent pour la première fois dans un bassin couvert. Plus long que les 50 m réglementaires, il est raccourci grâce à une plateforme en bois. Au total, 4 104 athlètes sont présents à Londres. Une participation record à cette époque.

Vu de Monaco 

Comme lors des Jeux de Berlin, la principauté constitue une équipe entièrement composée de tireurs (c'est d'ailleurs dans cette discipline que Monaco a aligné le plus de sportifs aux JO durant son histoire, avec 52 engagements). Michel Ravarino, Pierre Marsan, Roger Abel et Herman Schultz sont à nouveau de la partie, tandis que Roger Canis fait ses débuts à ce niveau en carabine à 300 mètres. Comme en 1936, c'est Michel Ravarino qui obtient le classement le plus avantageux (36e sur 71 concurrents), à la carabine 50 m.

Rome 1960 - En grand comité

Les faits marquants 

La cité italienne a décidé de mettre en valeur son riche patrimoine. Les épreuves de gymnastique se déroulent donc dans les thermes de Caracalla, la lutte prend place dans la Basilique de Maxentius et le légendaire Abebe Bikila remporte le marathon pieds nus après avoir franchi l'Arc de triomphe de Constantin. Parmi les 5 400 athlètes représentant 84 nations, on distingue Cassius Clay. Celui qui allait par la suite s'appeler Mohammed Ali était sacré champion olympique chez les mi-lourds.

Vu de Monaco 

Deux escrimeurs (Henri Bini et Gilbert Orengo, spécialistes de l'épée), trois "voileux" (Gérard Battaglia, Jea-Pierre Crovetto et Jules Soccal, à bord d'un Dragon) et neuf tireurs (Francis Boisson, Francis Bonafède, Pierre Marsan, Michel Ravarino, Marcel Rué et Gilbert Scorsoglio. Pierre Boisson, Henri Bonafède et Alex Frolla étant remplaçants. C'est la délégation la plus étoffée que Monaco n’ait jamais dépêchée pour une édition des Jeux. En baie de Naples, cadre des épreuves de voile, le trio Battaglia-Crovetto-Soccal finit au 23e rang avec un bateau nommé "Demoiselle IV".

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