Quinzaine olympique

Toute une délégation du Comité Olympique Monégasque (athlètes, staff et accompagnants) a été à Pyeongchang pour prendre part aux XXIIIes Jeux Olympiques d'hiver. Une première hivernale pour un pays qui avait déjà accueilli une olympiade en 1988, à Séoul

La Corée du Sud est devenue le deuxième pays d'Asie à accueillir les Jeux Olympiques d'hiver après le Japon (Sapporo en 1972 et Nagano en 1998). Pour ces XXIIIes JO, 92 nations (soit 4 de plus qu'à Sotchi) et 2 925 athlètes (soit 145 de plus qu'à Sotchi) ont ainsi arpenté les différentes enceintes sportives et ont séjourné dans les deux villages olympiques prévus pour l'occasion. Deux records pour la province coréenne auxquels il faut également ajouter le nombre de médailles d'or distribuées. Avec 102 épreuves, le plus gros total à ce jour, ce ne sont pas 102 mais 103 breloques dorées qui ont été remises. La faute au bobsleigh à deux où deux équipages n'ont su se départager malgré quatre runs. Une histoire de plus qui fera de ces Jeux une édition toute particulière. 

Et parmi les héros 2018 que sont Martin Fourcade (triple médaillé d'or, cinq titres en tout, ce qui en fait l'athlète français le plus médaillé, JO d'été et d'hiver confondus), Ester Ledecká (médaillée d'or en super-G et en snowboard, géant parallèle), première athlète à remporter deux titres dans deux disciplines différentes sur une même édition des Jeux, ou encore le jeune Norvégien de 21 ans Johannes Høsflot Klaebo, triple médaillé d'or en ski de fond (et plus jeune champion olympique de son sport) , pour ne citer qu'eux, les athlètes monégasques ont eux aussi porté fièrement les couleurs de leur pays. Arrivés sur place dans les premiers jours de février, Alexandra Coletti, Olivier Jenot, Rudy Rinaldi, Boris Vain et Mahmoud Al-Abood, ainsi que tous les membres du staff et de l'encadrement, ont ainsi pu prendre leurs marques, que ce soit au village olympique ou dans leurs quartiers, pour ceux qui ne pouvaient résider dans le village des athlètes. Dans un contexte particulier, tant les relations entre les deux Corées sont complexes, mais dans une volonté d'unité, comme en a témoigné le défilé sous drapeau commun du Nord et du Sud, ces JO d'hiver 2018 ont, comme souvent dans l'histoire des Jeux, amené leur lot d'émotions, de joies, de tristesse, mais aussi de moments de partages. Retour sur la quinzaine olympique des Monégasques.

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Premiers pas en Corée

Si certains d'entre eux étaient déjà venus l'an dernier dans le cadre de leurs compétitions internationales, tous les membres de la délégation monégasque ne connaissaient pas forcément Pyeongchang et ses environs. Arrivés au compte-goutte une semaine avant l'ouverture des Jeux, sportifs, staff et membres de l'encadrement ont ainsi pu prendre leurs marques au fil des jours. Entre les entraînements libres sur les pistes ou les séances de physique à faire en salle, les moments de reconnaissances, ou tout ce qui touche à la préparation de leurs courses, les athlètes ont pu appréhender sereinement les choses. Sereinement, mais fraîchement car les températures (jusqu'à -20°) lors de leurs premières heures sur place étaient loin d'être clémentes. Il leur a donc fallu s'adapter et se couvrir en conséquence. 

Rapidement, le protocole a repris le dessus à l'approche de la cérémonie d'ouverture et donc du lancement officiel de ces Jeux. Comme le veut la tradition, la délégation monégasque a tout d'abord pris part à la cérémonie de bienvenue. En présence du Prince Albert II, qui avait auparavant pris part au relais de la flamme olympique, les représentants de la Principauté ont ainsi participé à cette cérémonie que l'on retrouve aussi bien en hiver qu'en été. Le chef du village olympique, ici un ancien médaillé, remet un cadeau à la délégation et le chef de mission en fait de même avec lui. Une levée des drapeaux et un petit spectacle ont conclu ce moment d'échanges. Le Souverain a ensuite pu prendre le temps de visiter le village olympique, et plus précisément les espaces alloués à la délégation monégasque. Ayant pris part à 5 éditions (1988, 1992, 1994, 1998, 2002), il aura sans doute noté la décoration revue par le Comité Olympique Monégasque,  par le biais, notamment, de photos des athlètes et de fanions du COM. Dès le lendemain, c'est la cérémonie d'ouverture qui attendait les Monégasques. La délégation, dans le sillon de Rudy Rinaldi, a ainsi défilé devant plus de 35 000 personnes ayant bravé le froid polaire qui avait saisi Pyeongchang. Le tout sous les yeux du Souverain. Les Jeux ouverts, les choses sérieuses pouvaient alors commencer.

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Olivier Jenot, premier de cordée

Quelques jours après la cérémonie d'ouverture, Olivier Jenot a ouvert le bal pour les Monégasques avec le combiné alpin. Pas une mince affaire quand on sait à quel point cette course mêlant descente et slalom, deux disciplines aux caractéristiques techniques très éloignées peut s'avérer complexe. "A la base, ce sont les disciplines les plus extrêmes du ski et qui ne font pas appel aux même qualités. Changer de rythme de course est une gymnastique qui n'est pas forcément évidente", nous confiait d'ailleurs le jeune homme. Finalement 28e de l'épreuve remportée par Marcel Hirsher, le skieur alpin monégasque a ensuite enchaîné sur le super-G, sur lequel il s'est classé en 35e position. Plutôt satisfait de sa performance, et notamment de ses intentions sur la course, il su prendre du plaisir sur un tracé ne favorisant pas forcément la vitesse. 38e en slalom géant, sa dernière épreuve des JO, il a su améliorer les choses d'une manche à l'autre pour grappiller une dizaine de places à l'issue de la deuxième descente. Secoué sur la première, il a réussi à trouver les bons réglages pour la seconde et ainsi obtenir une 38e place au général, dominé par Marcel Hirscher. 

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Photos

Des dessins d’encouragements des écoliers des Révoires

"L’Olympisme dépasse largement le cadre des Jeux. Ses valeurs sont autant de bonnes ondes" souligne Isabelle Biancheri, Directrice de l’école des Révoires, qui est à l’initiative du projet. La Charte olympique en résume d’ailleurs le propos dans son préambule : "L’Olympisme est une philosophie de vie, exaltant et combinant en un ensemble équilibré les qualités du corps, de la volonté et de l’esprit. Alliant le sport à la culture et à l’éducation, l’Olympisme se veut créateur d’un style de vie fondé sur la joie dans l’effort, la valeur éducative du bon exemple, la responsabilité sociale et le respect des principes éthiques fondamentaux universels".
Forts de ce postulat, les professeurs d’Education Physique et Sportive ont travaillé en amont avec les écoliers monégasques (25 élèves de CM1 et les élèves de CM2 étaient concernés par ce projet) pour mettre en œuvre cette initiative de découverte et d’appropriation des valeurs olympiques. 71 dessins d’encouragement ont donc été réalisés et transmis aux athlètes monégasques présents à PyeongChang. "Nous pensons que les dessins, ça va un peu les encourager" déclaraient d’une même voix les écoliers des Révoires avant les Jeux. Très touchés, les athlètes monégasques ont apprécié ce soutien et c’est au sein du village, dans les chambres des sportifs, que ces messages ont trouvé leur place.


Résultas

Olivier Jenot
Super-G
38e en 1'28"80 (1er Matthias Mayer en 1'24"44
- 48e Patrick Mc Millan en 1'33"54).
Slalom géant
38e en 2'29"09 (cumul des deux manches) (1er Marcel Hirscher en 2'18"04
- 75e Myong Gwang Choe en 3'12"01).
Combiné
28e en 2'13"44 (cumul des deux manches) (1er Marcel Hirscher en 2'06"52
- 37e Albin Tahiri en 2'23"40).
Alexandra Coletti
Descente
27e en 1'45"04 (1ère Sofia Goggia en 1'39"22
- 31e Elvedina Muzaferija en 1'46"80).
Super-G
30e en 1'24"01 (1ère Ester Ledecka en 1'21"11
- 43e Olha Knysh en 1'30"60).
Rudy Rinaldi et Boris Vain
Bobsleigh
19e à 2 en 3'19"02 (cumul des 4 manches) (1ers Justin Kripps/Alexander Kopacz et Francesco Friedrich et Thorsten Margis en 3'16"86 - 30es Drazen Silic et Benedikt Nikpalj en 2'32"66 (3 runs seulement).


Tout un staff avec eux

Si les athlètes sont forcément les stars des JO, il ne faut pas oublier qu'il y a avec eux tout un staff. Membre du groupe France de coupe d'Europe grâce à des accords signés avec la fédération française de ski, Olivier Jenot est venu sans entraîneur mais a pu bénéficier des conseils de l'encadrement bleu à Pyeongchang. Alexandra Coletti était quant à elle accompagnée de son entraîneur, Paolo Stefanini, ainsi que de son kiné, Nicolas Sasso et de Pierluigi Parravicini (skiman). Côté bobsleigh, il y avait un peu plus de monde. Si Thibaut Demarthon, membre de l'équipe de bob à 4 monégasque en coupe du monde, officiait en tant que mécanicien, il y avait également les coaches Bruno Mingeon et Patrice Servelle. La délégation pouvait également compter sur Thomas Lohfing, kiné de l'équipe. Un soutien de poids pour les athlètes qui a également vu tout ce petit monde vivre en groupe, que ce soit pendant ou hors des compétitions. A n'en pas douter, ces JO laisseront de beaux souvenirs