Olivier Jenot : "Une cérémonie grandiose à turin"

Il a ouvert grand les yeux à Turin, en 2006. Puis il a baissé la tête et serré les dents quatre ans plus tard, avant Vancouver. À un an des Jeux de Sotchi, Olivier Jenot espère renouer avec ces anneaux magiques qui le font tant rêver.

Vous retrouver au départ de plusieurs courses à Turin, c'était assez surprenant…
Je ne peux que remercier les gens de Monaco, de la Fédé et du Comité olympique, qui m'avaient fait confiance. Je n'avais pas encore 18 ans et j'étais aux Jeux. On ne m'avait pas du tout mis de pression. L'atmosphère était agréable, détendue. J'étais là pour engranger de l'expérience et j'étais vraiment content de partager ces moments avec les meilleurs skieurs de la planète.

Quel était votre niveau à cette époque ?
Il faudrait vérifier, mais je crois que je devais tourner autour du millième rang mondial… C'est pour ça que j'avais été très agréablement surpris par mes performances. Pour ma première course, le super G, j'avais terminé 48e. Par la suite, sur le slalom, j'ai fait 34e. Par rapport à l'âge que j'avais, c'était encourageant.

Pas trop difficile de faire abstraction du contexte très particulier des Jeux ?
J'étais impressionné par la grandeur de l'événement, oui. En haut, avant le départ, je me suis retrouvé avec un champion du monde, plus le champion olympique en titre. C'est comme si c'était Noël… J'ai quand même essayé de me mettre dans ma bulle pour faire abstraction de tout ça. Il n'y a que sur le géant que je me suis laissé emporter. La piste était dure, très arrosée. On aurait dit un billard tout bleu. Je suis sorti.

Ressent-on la pression du public, entend-on ses cris lorsque l'on s'élance ?
Pas vraiment. Quand je passais, le gros du public était déjà parti. C'est un peu dommage, mais les gens ne restent que pour les meilleurs.

Quelles images gardez-vous en tête sept ans plus tard ?
Je me rappelle bien sûr de la cérémonie d'ouverture, assez grandiose. On avait une Ferrari qui nous tournait autour pendant le défilé. La veille d'une course, j'ai assisté à une scène particulière. J'ai vu un Autrichien très croyant se retourner vers la piste, commencer à marmonner et finir par se signer. C'était une image forte.

En 2010, vous n'étiez pas du voyage à Vancouver à cause d'une blessure. Comment avez-vous vécu ce moment ?
Très mal, d'autant plus que ma blessure était douloureuse. En décembre, deux mois avant les JO, je me suis luxé l'épaule et je me suis cassé le trochiter, un petit os proche de la tête de l'humérus. L'os, les tendons et les cartilages étaient touchés. Avec Jacques Pastor, le directeur technique de la Fédération, on est allé voir le chirurgien. Il m'a dit que je pouvais rester comme ça et que dans quelques années, j'aurai des douleurs atroces. Il a continué en me disant que s'il m'opérait, ça serait très dur d'aller aux Jeux, mais pas impossible.

Vous aviez encore espoir à ce moment-là ?
Oui, je me suis investi à fond, j'ai passé un mois dans un centre de rééducation. Au bout de cette période, on a eu un autre rendez-vous. Dans ma tête, je pensais avoir le feu vert. Le matin, on avait emmené les skis à l'aéroport. Le chirurgien m'a dit qu'il n'avait jamais parlé d'une possibilité d'aller aux Jeux. Si je retombais, il ne voulait plus s'occuper de moi parce que la consolidation n'était pas faite. Je ne suis pas allé au Canada et je n'ai pas dû regarder plus qu'une épreuve à la télé…

Il a fallu rebondir après cela. De quelle manière avez-vous procédé ?
Je suis retourné en cours. J'étais entre la prépa et la première année d'école d'ingénieur (il est étudiant à l'École nationale supérieure de l'énergie, l'eau et l'environnement, à Grenoble, ndlr). J'avais vraiment besoin de m'occuper, j'aurais été comme un lion en cage sans ça. Il y a eu une période où j'étais un peu dégoûté, mais c'est gommé. Je suis en phase de progression.

Concilier études supérieures et haut niveau sportif, ce n'est pas trop complexe ?
Mon emploi du temps n'est pas évident, c'est sûr. À Noël, je n'ai pas eu de vacances. Je vais essayer de faire le maximum pour décrocher mon diplôme le plus vite possible et me consacrer pleinement à la préparation de Sotchi 2014. Je fais un peu moins de compétitions en ce moment, mais le planning reste dense.

Sur quelles disciplines vous concentrez-vous ?
Je fais du géant, du slalom. Au niveau des infrastructures et de la sécurité, c'est plus facile à mettre en place. La saison prochaine, j'ai pour ambition de réaliser des performances en coupe d'Europe, de rentrer souvent dans le top 30. Je m'entraîne dans une structure privée, le team Anega. Quand on le peut, on se greffe à d'autres groupes. Récemment, je me suis préparé avec les Slovaques, en Suède. Pour progresser, c'est important de pouvoir bénéficier d'une émulation.

2014, c'est demain…
J'espère évidemment être sélectionné. Je ne connais pas toutes les règles concernant les minima olympiques, mais si j'y étais, je viserais forcément de meilleures performances qu'en 2006.

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Liste des Clubs : Fédération Monégasque de Bobsleigh, Luge et Skeleton

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