Au pays du matin calme

Pari tenu

Victime d'une grave chute l'an dernier qui lui a valu une longue période hors des pistes, Olivier Jenot est bien décidé à profiter de cette troisième participation aux Jeux Olympiques. Avec dans l'idée d'intégrer le top 30.

Olivier Jenot était en Autriche lorsque nous l'avons contacté. "On a de jolis paysages avec la neige, mais on tourne à -7 /-10°, ça pique quand même", confiait-il à ce moment-là. C'est d'ailleurs à cette période qu'il recommençait à retrouver la plénitude de ses moyens. "Physiquement, j'évite de trop forcer sur l'adducteur mais je sens que ça tient bien." Quelques semaines plus tard, la gêne avait complètement disparu alors que les Jeux se rapprochaient à grands pas. "Les choses ont bien évolué et athlétiquement, je sens que je serai prêt pour le début de la compétition", disait le jeune homme de 29 ans à quelques jours du départ. De bon augure pour lui qui a connu une terrible chute en février 2017. 

On rembobine. C'est le 9 février qu'Olivier s'élance sur le super-G des Mondiaux de St-Moritz. Au sortir d'une bosse, il chute violemment et souffre d'une rupture ligamentaire au niveau du bassin. Les médecins lui posent alors une plaque pour consolider le tout. Et, comme il nous l'avait dit quelques semaines après son accident, l'objectif JO et la course contre-la-montre étaient lancés.

Le temps des doutes

S'il a pris son temps au départ, ne pouvant pas forcément faire autrement, la deuxième étape a été plus compliquée pour Olivier. Alors qu'il avait le feu vert pour reprendre, la plaque qu'on lui avait posé l'embêtait énormément. "C'était gênant parce que ça maintenait une douleur au niveau de l'aine, à droite, où j'ai fini par déclencher une pubalgie." Mais les complications ont continué, notamment après l'ablation de la plaque en août. "J'ai mal réagi aux sutures et la cicatrisation a pris plus de temps. Rester inactif pendant un mois m'a fait perdre beaucoup de temps. J'ai fait un gros bond en arrière. J'ai voulu retourner au ski un peu vite, je ne me sentais pas forcément prêt physiquement, mais en ski j'étais bien, et sur un mouvement, la pubalgie s'est déclenchée.

Des coups qui ont été difficiles à encaisser pour le jeune homme, notamment psychologiquement. D'autant que tout cela lui a fait prendre du retard sur les skis. Mais il en aurait fallu plus pour le décourager. Pas question pour lui de rater Pyeongchang, surtout quand on sait qu'il avait déjà dû déclarer forfait en 2010 pour une luxation de l'épaule. Avançant étape par étape, il va pouvoir réaliser cette année la passe de 3.

Objectif Pyeongchang

Après la découverte à Turin et l'honneur du rôle de porte-drapeau à Sotchi, où il avait atteint son objectif de top 30 sur le super combiné (28e), Olivier Jenot s'apprête donc à vivre ses 3es Jeux Olympiques d'hiver. "Lorsque j'y ai pensé au Printemps, je m'étais fixé de refaire un top 30. Je me suis depuis un peu recentré au niveau des disciplines. Mais mon objectif principal reste le super-G. J'aurais aimé pouvoir viser plus haut, mais au vu des derniers mois, je vais rester sur cette idée de top 30." Cette 3e participation marque surtout la réussite du pari que s'était lancé Olivier Jenot il y a un peu moins d'un an. 

Et s'il ne sait pas encore de quoi sera fait son avenir sportif, puisqu'il compte prendre le temps de la réflexion à l'issue de la saison, il entend bien profiter à fond de sa quinzaine coréenne. "Les derniers mois ont été plus éprouvants que je ne l'aurais pensé. Comme à Turin ou Sotchi, je vais vivre ces jeux à 100%, comme si c'étaient les derniers.

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