Nastasia Noens : "J'irai à Sotchi sans complexe"

Au sein d'une équipe de France féminine affaiblie, la Niçoise sera l'une des skieuses tricolores les plus observées à Sotchi. Après avoir connu des moments difficiles, la grande brune âgée de 25 ans va disputer ses deuxièmes Jeux. Requinquée par des résultats plus conformes à ses ambitions, Nastasia Noens jouera sa carte à fond en slalom.

Au bout du fil, on peut entendre le sourire dans sa voix. Si les pages sombres des années précédentes font désormais partie de son histoire, Nastasia Noens peut espérer vivre des jours meilleurs. En perte de repères, l'élégante niçoise a retrouvé un équilibre et une confiance après lesquels elle courait, en vain, depuis de longs mois.

Un podium à Bormio et une quatrième place à Kranjska Gora (Slovénie), trois jours après notre entretien, lui permettent d'aborder ses deuxièmes Jeux olympiques, après ceux de Vancouver, avec envie. Interview.


Vous revenez au premier plan après une saison 2013 désastreuse (29e place finale en slalom). Quelle a été la clé pour rebondir ?

Techniquement, j'étais bien revenue. Il me manquait juste un déclic pour me libérer vraiment. Ça s'est fait étape par étape, il fallait que je réussisse deux manches pleines pour pouvoir aller de l'avant. Je savais qu'il ne fallait pas être impatiente, je venais de connaître une année vraiment difficile.

Avec le recul, pensez-vous avoir cerné les raisons de cet échec ?

Je crois que c'était surtout au niveau physique que ça a coincé. J'avais un ongle incarné, ça me posait vraiment des soucis. A côté de ça, je sentais que j'avais moins de force, que je pouvais moins m'appuyer sur mon explosivité. Je manquais vraiment de réactivité sur les skis. 

Vous semblez plus mature aujourd'hui. Auriez-vous pu gérer une telle situation quelques années auparavant ?

Je ne sais pas si c'est grâce à la maturité… En tout cas, j'ai vécu cette saison comme une grosse claque. C'est quelque chose qui fait grandir, comme une blessure. Dans ces moments, tu sens que tu touches le fond. Pour remonter la pente, tu te raccroches à de petites choses, tu essayes d'engranger de la confiance.

Avez-vous tenté de faire appel à un préparateur mental ?

Non, je n'ai rien fait dans ce domaine. J'avais déjà tenté un peu plus tôt dans ma carrière. Mais là, je savais que ça n'allait pas techniquement non plus. 

Ce podium à Bormio, il représente quoi pour vous ?

C'est juste un podium, c'est rien. Enfin, c'est surtout une marche pour se remettre debout.

Se "remettre debout", cela passe aussi par éviter les blessures…

Oui. On sait très bien que les blessures font partie de notre sport, c'est assez dur de passer une année sans en avoir une. Et à chaque fois, on a l'impression de repartir à zéro.

"Je vais aux Jeux avec un vrai objectif"

Que vous reste-t-il à faire avant de décoller pour Sotchi ?

Je suis encore à la recherche de la régularité. Hier (mercredi dernier), j'ai terminé deuxième en Coupe d'Europe, à Sestrières. Ma première manche était très bonne, la deuxième un peu moins (le dimanche suivant, à Kranjska Gora, en Slovénie, la Niçoise s'est hissée à la 4e place du dernier slalom de Coupe du monde).

Dans quel état d'esprit allez-vous aborder vos deuxièmes JO ?

J'irai à Sotchi sans complexe. Devant, il y a du niveau, c'est certain. Il y a une très grosse densité en slalom, même si Mikaela Shiffrin et Marlies Schild sont très souvent devant. 

Comment aviez-vous vécu votre première participation, il y a quatre ans ?

Ah, quand je suis arrivée à Vancouver, j'ai trouvé que tout était beau, j'étais émerveillée. J'étais là pour la course évidemment, mais je n'arrivais pas à tout contrôler. Bon, j'avais pris une claque au niveau du résultat… (29e du slalom). Mais cette expérience m'a servie pour la suite. Là, ce sera différent. Je vais aux Jeux avec un vrai objectif.

Au sein d'une équipe de France amoindrie par les blessures, vous serez en première ligne…

C'est sûr, il y aura beaucoup d'attente et le stress sera énorme. Mais je ne vais trop me focaliser sur ça. Dans l'encadrement, on a la chance d'avoir Joël Chenal (médaillé d'argent en slalom géant à Turin, en 2006). Je discute souvent avec lui et d'autres skieurs qui ont fait les Jeux. Je n'irai pas pas pour faire de la figuration, tout peut arriver aux JO. 

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