Au pays du matin calme

Le feu de la glace

Boris Vain va découvrir les JO pour la première fois dans la peau d'un titulaire. Pousseur dans le duo qu'il forme avec Rudy Rinaldi, le colosse a du feu dans les jambes et compte bien faire quelques étincelles sur la glace.

Juste avant de mettre le bobsleigh dans la caisse qui le transporte jusqu'à Pyeongchang, Boris Vain a pris le temps de décrocher son téléphone pour évoquer sa première aux JO avec son coéquipier Rudy Rinaldi. "C'est un rêve d'enfant qui se réalise. C'est pour ça que je me suis donné à fond toutes ces dernières années. Mais je n'arrive pas encore à expliquer vraiment ce que je ressens. Ça va être ma première fois, je pense que ce sera inoubliable. Ça fait 4 ans que je les prépare, que je ne pense qu'à ça." D'autant que, comme il nous l'a confié, au départ, rien ne le prédestinait vraiment à faire du bobsleigh. 

Mais c'est un coup de téléphone qui a tout changé pour lui. "J'ai débuté le bob suite à un appel de Bruno Mingeon. Il avait vu mes perfs en athlé. A l'époque, je faisais du lancer de poids et j'avais couru quelques 100 m et il avait vu mes chronos par rapport à mon poids de corps (11s22 pour 115 kg)." Ont suivi des tests à La Plagne. Des tests qui se sont avérés concluants et Boris intégrait l'équipe en janvier 2013, période où Patrice Servelle pilotait encore. 

Découverte de la descente

Une réelle surprise pour Boris qui ne s'attendait pas à pratiquer un jour un sport d'hiver à haut niveau. "J'ai été assez étonné d'autant qu'à cette époque je ne suivais pas trop les sports d'hiver. Mais ça m'a tout de suite tenté." Cependant, ce gaillard de 1,86 m pour 110 kg a eu un peu de mal au départ avec les descentes. "Je n'étais pas très serein au début. Comme on ne voit rien en tant que pousseur, c'est hyper impressionnant et ça a été un obstacle. Le pousseur ne contrôle rien une fois qu'on est dedans, on se met juste le plus bas possible pour avoir la meilleure prise au vent." Il faut donc avoir une grande confiance dans son pilote. "On a tendance à se demander s'il sait réellement ce qu'il fait, surtout qu'au début, je ne connaissais pas du tout. Et au bout d'un moment, je me suis dit qu'il fallait que je fasse confiance au gars devant moi." En apprenant un peu plus de choses sur les machines, "on se rend compte que les pilotes contrôlent tout." 

Vain

Le jeune homme prend du plaisir et s'épanouit pleinement dans cette nouvelle discipline. "C'est un sport hyper explosif où les pousseurs peuvent s'exprimer. Je suis un peu dans l'abus, j'aime bien crier, faire voir que je suis là, c'est ma façon d'être. Et cet effort hyper intense, très court, puisque la poussée dure 5 secondes, ça m'a vraiment plu", détaille Boris. D'une découverte, c'est aujourd'hui devenu une réelle passion. "Je me lève le matin pour ça, c'est mon métier. Je m'entraîne, je me repose un peu, je retourne m'entraîner. Trouver le petit détail pour être le meilleur du monde, c'est ce qui me fait me lever tous les matins."

Son pilote, son ami, son frère

D'abord associé à Patrice Servelle, voilà plus de 4 ans qu'il forme le duo qui représente la Principauté de Monaco avec Rudy Rinaldi sur les pistes de bob du monde entier. S'ils sont aujourd'hui très proches, ils ont mis un peu de temps à se trouver. "On s'est beaucoup cherché au début, mais au fil des semaines, des mois, on s'est trouvé dans notre manière de faire. Lui est très calme, moi je suis l'opposé, donc ça a été un peu compliqué au départ. Mais on est sur les mêmes rails maintenant. On fait le truc ensemble du début à la fin. Pour moi, c'est comme un frère. On partage quelque chose d'unique, des émotions fortes mais aussi des moments durs." Un chemin qui les a ainsi menés jusqu'aux JO. Où l'ambition est de rééditer les bonnes performances de la saison. "Le top serait de faire comme aux Championnats du Monde où on a fini 10e à 6 centième du top 6. Car quand on rentre dans ce niveau-là, tout est possible." 

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