Marion Bertrand : "Les Jeux Olympiques, mon rêve de petite fille"

C'est une Marion Bertrand tout en décontraction qui a répondu à nos questions sur le chemin du retour de sa manche de Coupe du Monde, de Kranjska Gora en Slovénie. Malgré une 56e place à l'arrivée, la skieuse de l'arrière-pays grassois n'a pas perdu sa bonne humeur. Et pour cause, à Sotchi elle va participer, à 30 ans, à ses premiers Jeux Olympiques. Une joie immense pour cette athlète qui a fait ses premiers virages sur les pentes de la station de l'Audibergue, dans les Alpes-Maritimes et qui a hésité plus jeune entre le ski et le trial.

Quelle a été votre réaction à l'annonce
de votre sélection pour les J.O de Sotchi ? 

J'étais extrêmement contente. Les Jeux Olympiques, c'est mon rêve de petite fille. Surtout que par rapport aux résultats du début de saison, je ne pensais pas vraiment y aller. Puis ces derniers temps j'ai montré de belles choses et le nombre de sélectionnés a augmenté donc je m'y suis mis a y croire un peu plus. Et le staff de l'équipe de France a décidé de me faire confiance, c'est une joie immense. Ce sera ma première participation.

Justement comment allez-vous aborder cette grande compétition ? 

Ecoutez je ne vais pas me mettre la pression plus que ça. Je veux profiter a fond de ces J.O. Je vais y aller en donnant le meilleur de moi-même, j'ai déjà la chance d'y participer. Et puis vous savez dans ce genre de compétition, il y a toujours le facteur de course sur un jour, où il y a des skieurs qui arrivent de nulle part et qui réalisent un super résultat. Je vais concourir dans deux épreuves, le slalom et le géant donc deux fois plus de bonheur et de chance de réussir (elle rigole)."

Quel est votre programme jusqu’au début de la compétition à Sotchi ?

Là, on rentre de Slovénie, on va aller un peu chez nous avant de repartir pour un stage de trois jours basé sur la préparation mentale et physique. On fera un petit passage par la maison, pendant deux jours, et on repartira pour trois jours en stage. En ce moment, je pense surtout à arriver en forme là-bas, je dois faire attention à mon genou. On partira le 14 février pour la Russie, du coup on va rater la cérémonie d'ouverture. C'est dommage, mais il n'y a pas vraiment de structure pour bien s’entraîner sur place.

Comment se passe la vie dans le groupe "France", avec les récents coups durs comme la blessure de Tessa Worley ?

On est bien sûr malheureuses pour les filles qui seront absentes, mais on continue d'avancer en pensant à elles. On est contentes à chaque fois de se retrouver, on veut profiter un maximum de ces moments. On est un groupe de copines qui se connaissent depuis environ 4 ans. C'est un super avantage de s'entendre aussi bien pour le moral.

Quelle relation entretenez-vous Nastasia Noens
qui vient aussi des Alpes-Maritimes ?

On s'entend très bien. Après, je ne pense pas que le fait qu'elle vienne de la même région soit un facteur de rapprochement. On était dans le même sport étude, mais on ne se côtoyait pas vraiment, moi j'étais en troisième et elle en sixième. Aujourd'hui, on a une très bonne relation au sein de l'équipe. 

Vous parlez du sport étude. Ce fut une bonne période de votre vie ?

(On sent le sourire dans sa voix). Ça m'a apporté énormément. Je suis resté à Saint-Etienne-de-Tinée cinq ans (elle a redoublé sa cinquième) avec Jean-Jacques Blum. J'ai adoré cette période et j'en ai des souvenirs pleins la tête. Sur le moment, c'était un peu dur. On est en internat, loin de sa famille… On avait un emploi du temps chargé et c'était parfois difficile de concilier le sport et les études, mais c'était une expérience unique.

Vous serez quatre Azuréens à Sotchi. Que vous inspire ce cas de figure exceptionnel ?

C'est le résultat d'un long travail qui paye aujourd'hui. Cela peut donner des idées aux plus jeunes de se lancer dans le ski. Nastasia (Noens) et Tony (Ramoin, lire notre entretien) étaient déjà à Vancouver en 2010. On a une très bonne école de ski dans la région et ce n'est pas parce que l'on vient du Sud, qu'on est moins bon. Et puis on a de très belle stations. On y voit même la Corse de temps en temps, ce n'est pas donné à tout le monde (rigole-t-elle).

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