Au pays du matin calme

"J'espère qu'il n'y aura pas de bizutage"

Il a rejoint la Fédération Monégasque de Bobsleigh après les JO de Sotchi et s'est préparé depuis 4 ans dans l'éventualité d'être appelé pour ceux de Pyeongchang. Mahmoud Al-Abood va découvrir l'envers du décor olympique en qualité de remplaçant au bobsleigh.

"Le bobsleigh est, pour moi, un peu le sport national à Monaco, et ce grâce au Prince Albert II qui a fait connaître ça ici, mais qui a aussi fait mettre les choses en place, toute une infrastructure, pour qu'aujourd'hui Monaco ne soit plus une petite nation du bob mais aller chercher les meilleurs." Si Mahmoud Al-Abood semble conquis par cette discipline et la place que peut se faire la Principauté parmi les meilleures équipes d'un sport rendu mondialement célèbre par les fameux "Rasta Rockets", il l'a pourtant découverte assez tard.

 "C'était il y a 4 ans, lors des JO de Sotchi. J'y avais été en tant que visiteur et j'avais choisi la période des Jeux pour me rendre là-bas. Je voulais vraiment suivre le bob monégasque et j'avais assisté à la descente de Seb' (Gattuso) et Patrice (Servelle)." A son retour en Principauté, le trentenaire contacte la Fédération Monégasque de Bobsleigh pour l'intégrer et pouvoir prétendre à faire partie de l'équipe nationale de bob.

Le début d'une aventure

Après les dirigeants de la fédération, Mahmoud Al-Abood a pu rencontrer Bruno Mingeon, l'entraîneur des bobeurs monégasques. "On a fait quelques tests, notamment sur des sprints, et il m'a dit que j'avais un pas intéressant, qu'il fallait que je continue de m'entraîner", explique celui qui a également été licencié à l'AS Monaco basket et à l'ASM tennis de table. Entraînements au sprint, poussée sur piste d'athlétisme avec roulettes ou sur glace, musculation, Mahmoud Al-Abood s'est mis au diapason de ses futurs coéquipiers pour réussir à intégrer le groupe. S'il s'est essentiellement préparé de son côté, il a intégré l'équipe cette année. "J'ai tout arrêté depuis deux ans pour me consacrer uniquement au sport. Lors des deux premières années de ce projet, je continuais à travailler dans la finance, mais je ne pouvais pas me concentrer correctement sur les deux en même temps. J'ai donc mis de côté ma vie professionnelle pour me focaliser sur ce projet sportif."

Une édition dans l'ombre

C'est donc en qualité de remplaçant de Boris Vain que Mahmoud Al-Abood s'est envolé avec la délégation monégasque pour ces JO de Pyeongchang. "Ça fait 4 ans que je me prépare et j'avais coché la date des tests. Je savais bien entendu que Rudy et Boris seraient titulaires et au vu de leur dernière saison, j'étais très confiant quant à l'obtention de la qualification." Il sera ainsi derrière les deux compères, car comme il l'explique, "quand on part aux Jeux comme remplaçant, il faut essayer de suivre comme une ombre celui que l'on peut être amené à suppléer au cas où il y ait un pépin." S'il ne se sent pas encore capable de faire aussi bien que Boris, il sait en tout cas qu'il aura son rôle à jouer, même s'il ne sera pas sous le feu des projecteurs. "Je vais les appuyer le plus possible, et ensuite avec Thibaut (Demarthon), qui est français et fait partie de l'équipe en coupe du monde (bob à quatre), on fera tout ce qui est maintenance, le côté technique, poncer les patins, préparer le bob", détaille Mahmoud Al-Abood. 

S'il ne sera pas dans le village olympique avec les autres, mais dans un appartement situé à 300 m de la piste de bob, il compte bien "profiter le plus possible. De ce que j'ai entendu, on est un peu comme dans une faille temporelle où tout s'arrête mais où tout va très vite en même temps." Profiter, oui, mais il sait qu'il ne sera pas pour autant en vacances. "On a Rudy et Boris qui se préparent et Thibaut et moi on n'est pas là pour être en vacances et en tongs, on est aussi là pour les soutenir. Ils savent gérer, dans quelle mesure ils doivent se préparer, se détendre etc, mais ce sera aussi à nous de les soutenir moralement, leur apporter un peu de bonne humeur, porter les sacs. J'espère qu'il n'y aura pas de bizutage (rires)."

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