Rio 2016 : En route pour Rio

"Un rêve de gosse"

Kevin Crovetto est l'un des trois Monégasques qui représentent la Principauté aux Jeux Olympiques. Appelé le 16 avril pour lui confirmer sa participation, cela faisait tout juste un an qu'il s'était brisé le genou. Un joli coup du destin.

Un gym monégasque aux Jeux Olympiques, voilà près de 100 ans que cela n'était pas arrivé. Pour en trouver, il faut remonter à 1920 et les Jeux d'Anvers. A l'époque, ils s'appelaient Michel Porasso et Joseph Crovetto. Cependant, aucun lien de parenté entre les deux homonymes. Pour Kevin Crovetto, ce sera sa toute première fois aux Jeux Olympiques cette année et il entrera en lice dès le 6 août, soit le lendemain de la cérémonie d'ouverture. Fier de cette sélection, le jeune homme réalise aussi un rêve d'enfant en prenant part à ces JO. 

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"Quand j'étais tout petit, que je ne faisais pas encore de gym, j'avais dit à ma mère que je voulais faire les JO lorsque j'avais vu la cérémonie d'ouverture. Représenter son pays, il n'y a rien de plus beau. J'ai envie de faire ça bien et de profiter à fond. Celui qui a la chance de porter le drapeau à ce moment-là, émotionnellement, je pense qu'il n'y a que la médaille qui est plus forte.

Au commencement

Quand on voit Kevin aujourd'hui, on a du mal à croire qu'il ait pu faire une autre discipline. Et pourtant, ce n'est pas par la gymnastique qu'il a commencé. Comme bon nombre de petits garçons, il a débuté sa carrière de sportif sur un rectangle vert, crampons aux pieds et ballon rond comme objet de convoitise. Mais rapidement, les agrès vont venir s'immiscer dans son quotidien. Deux années durant il va mixer les deux sports, avant de faire un choix que l'on connaît tous aujourd'hui. L'attrait pour la compétition n'arrivera que quelques années après ses débuts, lorsque Thierry Aymes, l'entraîneur général de l'Etoile de Monaco, prendra les rennes du club. 

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"Quand Thierry est arrivé, il a voulu faire monter le club de niveau, étape par étape, il a voulu construire quelque chose pour arriver aujourd'hui à la DN1. J'aime la compétition et ça m'a plu, mais je pense que c'est arrivé au bon moment. Quand on rentre dedans, que les entraînements deviennent plus durs, plus intenses, on peut parfois prendre moins de plaisir, et je suis arrivé à ce stade-là à un âge où tu es prêt à faire ça." Résultat, une progression constante au sein d'un groupe de copains qui ont gravi les échelons un à un et pour certains, arriver au plus haut niveau quelques années plus tard.

Haut niveau

Si l'apport de Thierry Aymes est un point important dans la carrière de Kevin, celle du groupe de gymnastes dont il fait partie au sein de l'Étoile de Monaco n'est pas à minimiser. "Quand tu fais partie d'un groupe comme ça, dès que tu t'entraînes moins les autres te le disent, et tu t'entraînes aussi pour eux parce que dans les compétitions, tu n'as pas envie d'être le boulet que les autres traînent, tu veux les aider." D'autant qu'au-delà des entraînements et des compétitions, les gyms de l'Étoile sont, petit à petit, devenus comme une famille. Repas tous ensemble, stages, des moments qui ont renforcé les liens entre les garçons, même s'il y a parfois pu y avoir quelques tensions, comme dans toute famille. 

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Parmi eux, deux ont réussi à atteindre le très haut niveau de la gymnastique. Julien Gobaux, qui sera lui aussi aux JO avec l'équipe de France et Kevin Crovetto donc. Le Monégasque a d'ailleurs connu sa première compétition internationale en 2008, lors des championnats d'Europe. "C'était ma toute première fois à ce niveau et j'étais un peu stressé mais aussi fier parce que ça faisait un moment que Monaco n'avait pas été représenté en gymnastique." Ont suivi les FOJE (Festival Olympique de la Jeunesse Européenne) en 2009, puis les Jeux des Petits Etats et les championnats du monde de Tokyo en 2011, pour ne citer que ceux-là.. 

Blessures

Si l'aboutissement du travail est arrivé avec ces participations aux compétitions internationales, mais aussi dans les résultats obtenus avec son club, qu'il a contribué, avec son équipe, à faire monter en Division Nationale 1 (la 2e division nationale française), Kevin a aussi connu son lot de blessures. Après l'épaule, touchée il y a quelques années, c'est le genou qui lâche en 2015, quelques semaines seulement avant les JPEE en Islande et les finales pour l'accession en DN1. Une épreuve difficile mais pendant laquelle il a pu compter sur le soutien de ses proches, notamment ses partenaires et son coach. 

"Ils m'ont aidé à traversé cette épreuve, ils sont venus me voir à l'hôpital, quand ça n'allait pas, ils venaient me chercher à la maison pour que j'aille aux entraînements, ils m'ont beaucoup aidé. Thierry, lui, ne m'a pas laissé le temps de gamberger et m'a dit comment on allait s'organiser pour tenir notre objectif." Un objectif un peu fou qui consistait à revenir à temps pour participer aux championnats du monde de Glasgow, en octobre dernier. Soit un peu plus de six mois après sa blessure. Redoublant d'efforts, entre rééducation, séance de kiné et entraînement, Kevin tient finalement son pari, s'envole pour l'Écosse et prend part aux mondes. Revenu plus fort mentalement de cette épreuve, il a aussi évolué dans sa vision des choses. 

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"Je relativise beaucoup plus. Je me suis rendu compte que quand tu fais ta compétition, que ce soit en bien ou en mal, tu as pu la faire. Maintenant, en compétition, j'ai quasiment récupéré à 100%, je prends beaucoup plus de plaisir. Même aux entraînements d'ailleurs où avant je m'entraînais pour faire des perfs, maintenant, je le fais pour me faire plaisir et quand on se fait plaisir, les résultats viennent avec." Plaisir et objectifs n'étant pas indissociables, c'est donc avec ambition et envie qu'il s'apprête à découvrir les Jeux. Gamba !

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