Comité olympique monégasque, un siècle d'histoire

Henry Rey : À "l'Étude" du sport

Féru de sport, notamment de volley-ball, de football, d'haltérophilie ou encore de golf, Henry Rey est l'un des notaires les plus réputés de la principauté et a occupé un siège au Conseil national pendant plusieurs décennies. Homme de dossiers pointu et passionné de sport, il est l'un des personnages clés dans l'essor du Comité olympique monégasque.

Il existe des personnalités qui sont capables de faire changer les choses, d'apporter un regard neuf et de devenir des rouages majeurs d'une organisation. Vous l'aurez deviné, Maître Henry Rey correspond parfaitement à ce portrait-robot. Cependant, lorsque nous l'avons rencontré à son bureau, le septuagénaire au caractère bien trempé ne nous a pas semblé en quête d'une quelconque gloriole. Sa plus grande satisfaction ? C'est d'avoir "toujours tout fait pour que les gens sachent qu'à Monaco, il y a un Comité olympique et qu'il soit estimé." 

Cette mission lui fut confiée au milieu des années 70 par le Prince Rainier, désireux de revoir le fonctionnement de l'institution. "J'étais devenu conseiller national en 1968, comme mon père l'avait été auparavant. J'étais dans la commission des Finances et je défendais beaucoup le sport. C'est peut-être cela qui a attiré l'attention du Prince Rainier. À sa demande, j'avais mis en place de nouveaux statuts pour le Comité olympique monégasque. Le Président du CIO, Juan Antonio Samaranch, avait demandé au Prince de ne plus nommer les membres du COM", détaille Henry Rey.

Le début d'une nouvelle ère

Quelques mois plus tard, c'est lui qui, au terme d'une assemblée générale, sera élu à la tête du Comité par les cinq Fédérations qui en étaient membres. "À cette époque, il n'y avait que des associations. Seuls l'escrime, l'haltérophilie, le judo, la voile et le tir avaient une Fédé. Aujourd'hui, il y en a vingt-trois." Président à partir de 1975, celui qui est actuellement vice-Président du Comité olympique monégasque, se démène sur tous les fronts, en compagnie d'Yvette Lambin-Berti, "avec qui je collabore encore aujourd'hui".

Très tôt dans sa vie, l'homme de loi a touché à toutes les disciplines avec enthousiasme. Champion de France universitaire de volley-ball, il a également évolué dans les équipes de jeunes de l'AS Cannes et de l'AS Monaco en football (il a présidé la section professionnelle entre 1969 et 1972, ndlr). À l'initiative du Prince Rainier, il aura une occasion majeure de promouvoir cette "universalité" sportive avec la construction du stade Louis-II. "Nous avions eu de très nombreuses discussions avec les services de l'État pour essayer de bâtir un stade qui correspondrait le mieux possible à son époque et aux besoins de nos Fédérations. À l'heure actuelle, ce stade est toujours une référence."

Petits États, grandes ambitions

Une référence et un formidable vaisseau amiral, idéal pour défricher de nouveaux horizons. Cela faisait près de dix ans que Maître Rey présidait le Comité olympique monégasque lorsque le CIO suggéra à la principauté de participer activement à la création des Jeux des petits États d'Europe. "C'était une façon d'unifier les petits États, de les mettre en concurrence et de les inciter à faire des efforts pour améliorer la qualité de leurs athlètes. Dans ce dossier, ma contribution a surtout consisté à permettre aux sportifs non nationaux de prendre part à ces Jeux. La condition étant qu'ils aient été formés à Monaco, qu'ils résident en principauté ou dans les communes limitrophes." Pour faciliter les choses, les Fédérations monégasques signent des conventions avec leurs homologues françaises. Le but ? Permettre aux ressortissants de l'Hexagone d'endosser le maillot rouge et blanc tout en continuant à disputer leurs compétitions nationales. "J'ai réussi à convaincre le Comité olympique français. Je voulais qu'on ait notre particularité. De cette manière, on a pu disposer d'un vivier beaucoup plus important que tous les autres pays en lice."

Des souvenirs pour l'éternité

Tout au long de sa prolifique carrière, Henry Rey a accumulé les projets, les réussites et les moments forts en émotions. Toujours pas tenté de tirer la couverture à lui, il souhaite souligner "l'importance des initiatives du Prince Rainier. Il nous a toujours donné les moyens nécessaires pour réussir nos missions. Et je suis bien sûr ravi que son action ait été poursuivie par le Prince Albert, qui s'est énormément investi."

C'est à l'actuel Souverain que le notaire a cédé son poste de Président du COM, en 1994. Toujours très actif, il a tout de même accepté de jeter un œil dans le rétroviseur et d'évoquer ses meilleurs souvenirs d'Olympien. "Lors des JO ou des Jeux des Petits États, j'ai toujours été ému lorsque la délégation pénétrait dans le stade avec le drapeau, c'était extraordinaire. Prononcer un discours pour la famille souveraine lors des 2es Jeux des Petits États, c'était aussi un grand moment. Je me rappelle également avec bonheur du jour où le Prince Albert est entré dans son bob pour la première fois aux Jeux d'hiver. Ce sont des choses qu'on ne peut pas oublier."

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Liste des Clubs : Comité Olympique Monégasque

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