David Tomatis : "Une tension phénoménale à Calgary"

Aujourd’hui conseiller au cabinet de S.A.S. le Prince Albert, David Tomatis a longtemps été en charge de la vice-présidence de Monaco Mediax, une entité qui organise notamment le Festival de la télévision et le Sportel. Mais l’homme de 52 ans, qui frôle les deux mètres, est aussi un sportif dans l’âme et a pris part à trois olympiades en bobsleigh, entre 1988 et 1994. Entretien.

S'il fallait résumer en quelques mots votre carrière olympique…

Je garde d'excellents souvenirs de mes trois participations. Même si dans mon esprit, 1988 occupe une place un peu particulière. Parce que ce furent les premiers Jeux auxquels j'ai participé, et les premières en bobsleigh pour la principauté. C'était un honneur de disputer ces Jeux avec le Souverain. D'autant plus que l'organisation canadienne était parfaite. Le fait d'être dans le village, de côtoyer des athlètes qu'on ne connaissait qu'à la télé, c'était une expérience très intéressante.

Dans quelles circonstances avez-vous débuté le bobsleigh ?

J'ai commencé en 1987, par hasard. J'avais un passé sportif, mais je ne connaissais pas les sports d'hiver, à part le ski. À cette époque-là, j'étais plutôt dans le triathlon, de manière assez intensive. Et puis, on m'a demandé si je pouvais être intéressé par le bobsleigh. À cette époque, j'étais encore étudiant. J'ai eu l'opportunité de passer une batterie de tests physiques, que j'avais réussis. Ensuite, il y a eu un test en conditions réelles.

Aviez-vous une certaine appréhension durant les premiers temps ?

Oui, même si on ne la ressent pas trop lors de la première descente. Quand on ne connaît pas, on ne sait pas trop à quoi s'attendre. C'est plutôt après qu'on peut faire un rejet, ne plus avoir envie de le refaire de manière régulière. Le bob, on aime ou on n'aime pas. Pour ma part, cela s'est plutôt bien passé. Et l'aventure a commencé…

Comment la période de préparation s'est-elle déroulée ?

À partir d'avril-mai 1987, nous nous sommes entraînés de manière intensive, au quotidien. Le plus difficile pour moi a été de faire la transition entre le travail d'endurance, que j'effectuais avant, à quelque chose basé sur la recherche de l'explosivité. Cette période était extraordinaire, on a disputé plusieurs compétitions avant les Jeux.

Sur place, tous les projecteurs étaient braqués sur le Prince. Vous avez également dû ressentir une certaine pression…

Au tirage au sort, le Souverain avait tiré le dossard numéro un. Cela voulait dire qu'il allait partir le premier. Il y avait une tension absolument phénoménale autour de ce départ. Finalement, le Souverain a très bien réussi cette première descente et l'ensemble de la compétition, puisqu'il y avait quatre manches. Pour ma part, j'ai participé aux descentes d'entraînement sur place, mais c'est Gilbert Bessi qui a été retenu pour la compétition. Il y avait de la concurrence et c'était normal. Ceci dit, je me sentais aussi impliqué que si j'étais titulaire. On avait tous la notion de nos responsabilités.

Les Jeux de 92, à Albertville, n'ont pas vraiment marqué l'histoire de l'olympisme. Comment les avez-vous vécus ?

Albertville était très différent dans sa conception, ne serait-ce qu'au niveau du village olympique. Nous, les bobeurs, étions regroupés dans un bâtiment à part. Il n'y avait pas d'effervescence particulière. Très franchement, il y avait moins d'appréhension. On avait quatre années de compétition derrière nous. Quatre ans avant, on nous attendait au tournant, pour nous critiquer. De notre côté, c'était une source de motivation. Petit à petit, par notre attitude, nos résultats, notre volonté, on a obtenu une crédibilité vis-à-vis des grandes nations.

Vous avez achevé votre carrière aux Jeux de Lillehammer, en 94. Dans quel état d'esprit étiez-vous avant cette ultime étape olympique ?

Je savais que ces Jeux seraient mes derniers. Au bout d'un moment, il faut savoir dire stop. J'avais 32 ans et il était temps de passer à autre chose, de laisser ma place. Il fallait aussi que je pense à ma carrière professionnelle. Je voulais profiter pleinement de ce moment rare. En Norvège, la ferveur du public était assez extraordinaire. Il y a une grande culture sportive en Scandinavie, des dizaines de milliers de spectateurs étaient là pour encourager les athlètes.

Aujourd'hui, quelle place accordez-vous au bob dans votre vie ?

Ce sport m'a apporté beaucoup, à tout point de vue. Je continue à être impliqué dans la Fédération monégasque, dont on a fêté les 25 ans récemment. Il y a deux ans, j'ai été élu à la vice-présidence de la Fédération internationale. J'y apporte mes compétences en matière de marketing.

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Liste des Clubs : Fédération Monégasque de Bobsleigh, Luge et Skeleton

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