Dossier

Comité olympique monégasque, un siècle d'histoire

Monaco et le sport semblent unis par un lien indéfectible, indestructible, depuis toujours. Si l'attachement de la principauté aux valeurs véhiculées par l'effort physique est viscéral, presque naturel, il a été formalisé puis pérennisé par plusieurs acteurs majeurs. Le Comité olympique monégasque (COM) fait évidemment partie de ceux-ci.

À travers les époques, dans un XXe siècle marqué par deux guerres mondiales, des découvertes décisives et des avancées majeures pour l'humanité, le COM a su écrire sa propre histoire.

De la création de cet organe par le comte Albert Gautier-Vignal aux Jeux de Londres 2012, nous vous proposons de remonter le temps. Dans ce numéro, nous reviendrons sur les grandes dates et les grands hommes qui ont fait du Comité une institution incontournable. À moins d'un an des Jeux de Sotchi (et parce que la période est propice), nous nous plongerons dans la saga des Monégasques aux JO d'hiver.

Proche du baron Pierre de Coubertin, le compte Albert Gautier-Vignal est à l'origine de la création du Comité olympique monégasque. Régulièrement présent lors des réunions du CIO (ci-contre les membres réunis avant les jeux de Londres), il a permis à Monaco d'entrer dans ce nouveau monde.

1907 - Une idée en tête

Le siècle venait de s'ouvrir avec l'exposition universelle de Paris. Quatre ans plus tôt, sous l'impulsion du baron Pierre de Coubertin, les premiers Jeux olympiques de l'ère moderne avaient eu lieu à Athènes, leur berceau durant l'Antiquité. Monaco, qui accueille déjà des manifestations sportives, ne fait pas encore partie du "concert des nations". Pour l'heure, la principauté est accaparée par plusieurs projets d'envergure. Le Prince Albert 1er crée l'Institut international de la paix en 1903, multiplie les expéditions scientifiques et prépare l'ouverture d'un centre thermal voué à devenir une référence. De son côté, le comte Albert Gautier-Vignal est à la source de plusieurs événements sportifs. Mécène passionné, cet intime de Coubertin a pour ambition de représenter la principauté au sein du Comité olympique international. Ébauchée en 1907, l'idée se concrétise en 1908, juste avant les Jeux de Londres. Le début d'une nouvelle aventure, même si le Comité olympique monégasque ne dispose alors pas de structures et endosse surtout un rôle informatif. 

Le comte Gautier-Vignal, présent lors de toutes les réunions du CIO, poursuit son travail destiné à placer Monaco sur l'échiquier du sport mondial. Le rallye international de Monte-Carlo voit le jour en 1911, le boxeur Georges Carpentier remporte le titre européen des poids moyens à la Condamine l'année suivante. Des gages d'implication qui ne permettent pas encore à la principauté de prendre part aux JO. Mais cela ne saurait tarder…

1920 - Une première à Anvers

La Première Guerre mondiale met à mal la dynamique retrouvée des Jeux. La sixième édition, prévue à Berlin en 1916, est annulée. Pour 1920, c'est Anvers qui est désignée, "afin de rendre hommage aux victimes belges de la guerre", peut-on lire sur le site officiel du CIO. 2 626 athlètes représentant 29 nations sont engagés. Monaco, tout comme le Brésil et la Nouvelle-Zélande, fait son apparition. Six hommes ont pris la direction de la région flamande et quatre d'entre eux auront l'occasion de disputer une épreuve. 

Émile Barral et Edmond Médecin en athlétisme, Joseph Crovetto et Michel Porasso en gymnastique (ce dernier étant crédité d'une méritoire douzième place) étrennent la tenue de sport de Monaco, d'un blanc immaculé avec un écu quadrillé de losanges sur le torse. A Anvers, le drapeau olympique avec ses cinq anneaux de couleur est hissé pour la première fois. Autre nouveauté : l'institution d'un serment olympique.

1924 - Une médaille particulière

Quatre ans après son baptême olympique, l'équipe monégasque composée par le nouveau Président du COM, Charles Bellando de Castro, compte sept membres (dont deux remplaçants). Les Jeux de Paris vont permettre au mouvement de prendre de l'ampleur. 1 000 journalistes couvrent l'événement, la radio TSF commente les épreuves en direct et 40 000 personnes assistent à la cérémonie d'ouverture, dans le stade de Colombes. Ces JO, qui seront également les derniers du baron de Coubertin, sont des plus éclectiques. 

En plus des 17 sports inscrits au programme, des concours artistiques sont instaurés. Julien Médecin, un architecte de 29 ans, est le seul Monégasque en lice dans ce domaine. L'exigeant jury, qui ne récompensera ni Paul Claudel en littérature ni Fernand Léger en peinture ou encore Maurice Ravel en musique, va apprécier le travail de Julien Médecin.

Son projet de stade à Fontvieille, qui intègre une piste cycliste, un terrain de football et de rugby ainsi qu'un bassin nautique, lui permet d'obtenir le bronze. La plus prestigieuse récompense, la médaille de vermeil, n'a pas été attribuée. Bien qu'elle n'apparaisse pas dans le décompte officiel du CIO, cette médaille est la seule obtenue à ce jour par Monaco.

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