Rio 2016 : En route pour Rio

Derniers tours de piste ?

A 32 ans, Brice Etes va vivre sa deuxième olympiade. Après la déception londonienne, le coureur de demi-fond veut réussir quelque chose avant de, peut-être, commencer à progressivement tourner la page de l'athlétisme pour donner une nouvelle orientation professionnelle à sa vie.

Brice Etes est un garçon charmant, attachant. Toujours emprunt d'une certaine timidité quand il parle de lui, le coureur monégasque sait qu'on attend plus de lui cette année pour ses deuxièmes Jeux Olympiques. La faute à une déconvenue à Londres. "J'avais contracté la mononucléose. Comme j'ai une fragilité au niveau des tendons et que je n'avais pas voulu arrêter l'entraînement, ils ont commencé à me faire vraiment mal. A un moment donné, je ne pouvais plus marcher. J'avais réussi à les assouplir un peu et réussir à courir, mais ça ne s'est pas bien passé", confie le trentenaire. 

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Eliminé pour avoir commis une faute, il était sorti en larmes du stade de Londres. Cette année, il a donc à cœur de faire mieux et il ressent d'ailleurs moins de pression que pour sa première, il y a 4 ans. "Je me sens bien, je n'ai pas les mêmes problèmes qu'à Londres où j'avais été disqualifié, donc j'arrive avec beaucoup moins de pression que là-bas."

Préparation

En cette année olympique, les athlètes adaptent leur saison et leur préparation en fonction de la date des Jeux. Placés en août, tout se retrouve donc un tantinet décalé par rapport à d'habitude, comme le confirme Brice Etes. "Nous avons travaillé différemment. La période d'affûtage, on l'a commencée une semaine avant les Europe. On a débuté la préparation un peu comme l'an dernier mais on a reculé la période foncière, qui s'est poursuivie jusque fin juin - début juillet et on a commencé les spécifiques en juillet." Et pour peaufiner au mieux cette préparation, Brice et son groupe d'entraînement de Décines sont partis aux Etats-Unis pour un stage de 7 semaines. "Je suis parti une semaine aux championnats du monde en salle, une semaine à Albuquerque, parce que je voulais voir ce que c'était, tout le monde m'en parlait et 5 semaines à Stanford. C'est à faire. Et Stanford, avec la Silicon Valley, c'est une des plus grandes universités." 

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Si les visites ont été possibles, ce voyage au pays de l'Oncle Sam était surtout un moyen de travailler efficacement en vue des JO. Car si en France il y a plusieurs écoles d'entraînement, les Etats-Unis ont une méthode assez spécifique. Mais pas question pour autant pour Brice de changer sa façon de travailler sur une année olympique. "On y était surtout pour voir ce qu'il se passait ailleurs, parce que sur une année olympique, on essaie de changer le moins de choses possibles. Il n'y a rien que je ne pouvais pas faire ici, mais c'est aussi l'expérience en elle-même, découvrir un nouvel endroit qu'on ne connaissait pas, une autre mentalité et une autre mentalité d'entraînement, d'autres personnes."

Entre les Europe et Herculis

Avec une préparation tronquée par rapport au rythme habituel, son arrivée aux Europe était pleine d'incertitudes. "J'y suis allé sans savoir ce qui allait se passer. C'est la première fois où j'arrivais en forme, sans blessure sur un grand championnat et sans avoir fait de performance avant. Donc je ne savais pas ce qui allait se passer et en fait ça a été. Ça aurait pu être mieux si j'avais été en confiance mais c'était déjà bien." Dans la foulée, il y avait le meeting Herculis, à domicile. Toujours un moment particulier pour le local de l'étape qui, chaque année, s'élance au départ du 800 m sur le tartan monégasque. 

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Malgré un léger manque de confiance en lui aux abords du coup de pistolet, la course lui a permis de signer son meilleur temps de la saison (1'48"73). "Herculis m'a apporté un peu d'assurance, de confiance. A l'entraînement, je savais que j'étais capable de faire mieux que ce que je faisais l'an dernier, mais sur la piste, avec les blessures, on n'a pas géré la saison de la même manière, donc sur piste ce n'était pas concluant. Et là, je me suis prouvé à moi-même que j'étais encore capable de faire quelque chose." De bon augure avant Rio, d'autant que ce sera sans doute sa dernière olympiade. Brice a en effet la fin de sa carrière en ligne de mire et commence d'ores et déjà à regarder vers l'avenir.

Saint-Marin avant la fin

Mais avant de regarder au loin, le coureur de demi-fond a d'abord un premier objectif après les Jeux. "Je me vois continuer encore au moins un an afin de pouvoir prendre part aux Jeux des Petits Etats d'Europe de Saint-Marin l'année prochaine. Mes premiers JPEE, c'était à Saint-Marin en 2001. Depuis, je n'ai raté aucune édition et j'aimerais terminer par ça et les Jeux de la Francophonie qui sont également l'année prochaine (à Abidjan en Côte d'Ivoire, 21-30 juillet). Donc je pense que je vais commencer une formation tout en continuant de courir afin de remettre le pied à l'étrier.

Ce serait en effet une belle manière de boucler la boucle pour l'homme aux 10 médailles (4 d'or, 3 d'argent et 3 de bronze) en 8 participations. Mais quid de la suite après ces potentiels ultimes Jeux ? "Là, j'ai des envies qui penchent du côté entraîneur, coach sportif et des choses à côté, mais ça reste un peu flou." L'une des options envisagées de Brice, c'est aussi d'aller apprendre le métier auprès de Jacques Candusso à l'AS Monaco Athlétisme, "je préférerais être sous sa tutelle pour commencer", précise Brice. Car si une chose est sûre, c'est que même une fois sa carrière arrêtée, il ne stoppera pas la course pour autant. "J'arrêterai le haut niveau mais je continuerai de m'amuser un peu."

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