Albert II : "Sans la pratique du sport 
de haut niveau, je n'aurais 
pas été le même homme"

Aussi chargé que puisse être son agenda de chef d'Etat, S.A.S. le Prince Albert se fait toujours un plaisir d'évoquer le sport, l'une des composantes essentielles de sa vie. Il est revenu pour nous sur toutes les facettes de son implication s le mouvement olympique, et plus particulièrement sur ses cinq participations en bobsleigh. Témoignage d'un grand acteur du sport mondial.

Qu'avez-vous ressenti en montant pour la première fois dans un bob ?

J’ai aimé les sensations que procurait ce sport. La vitesse m’a toujours attiré… Cette discipline comporte bien entendu des risques mais la plupart des accidents sont le résultat d’erreurs de pilotage et ils ne sont pas liés à la piste ou au matériel. La précision du pilotage et l'esprit d'équipe sont essentiels en bobsleigh.

Pouvez-vous nous raconter votre "rencontre" avec ce sport ? Dans quelles circonstances a-t-elle eu lieu ?

J'étais en vacances à Saint-Moritz et j’ai assisté à une compétition de bobsleigh. À la fin de cette épreuve, il m’a été proposé de tester ce sport en "bob-taxi" avec le Président de la Fédération suisse de bobsleigh comme pilote… Cela m’a immédiatement plu. J'ai ainsi souhaité poursuivre cette expérience en suivant des cours dans trois écoles de pilotage en 1986. L’objectif était de monter une équipe à Monaco, avec l’ambition d’être un jour en compétition.

Le bobsleigh est une discipline où la technique et la mécanique ont une grande importance. Étiez-vous attiré par cet aspect ?

C'était un tout. Un mélange de technique et de discipline avec des entraînements très rigoureux pour atteindre le niveau compétitif des autres nations. L’aspect technique est très important car contrairement à ce que vous pourriez penser, on ne fait pas que glisser. Le pilotage est essentiel dans le résultat final et permet de gagner les dixièmes qui font la différence à la fin des manches. 

Guy de Polignac, l'un des cousins de votre père, qui fut membre de l'équipe de France de bobsleigh dans les années 20, n'y est donc pour rien dans votre passion pour le bob ?

Non. Le cousin de mon père m'a d'ailleurs appris qu'il avait fait partie de l'équipe nationale française après mes débuts dans ce sport. Un jour, j'ai également retrouvé une publicité dans laquelle figurait ma mère. Sur la photo, elle posait près d'un bobsleigh. C'est peut-être l’explication à cette passion, on ne le saura jamais (sourire)…

Comment avez-vous procédé lorsqu'il a fallu trouver des coéquipiers capables de participer aux Jeux ? 

Quand j'ai eu l'idée de me lancer dans les compétitions de bob, je me suis tourné vers les sections de l'ASM pour trouver des sportifs susceptibles de faire partie des équipages à deux et à quatre. Cela a été difficile de mettre sur pied une équipe compétitive, mais nous avons tout de même réussi à participer aux Jeux olympiques de Calgary en bob à deux.

On dit souvent des Jeux de Calgary qu'ils ont été exceptionnels. Pour vous, ils ont également dû l'être… 

Calgary, c'est le Canada, mes premiers Jeux… Même si j'avais assisté à plusieurs éditions en tant que spectateur, il y avait une excitation particulière. Il y avait cette alchimie entre l'envie de bien faire, la pression que l'on ressent lorsque l'on représente son pays et le fait de s'engager dans une discipline que j'aime profondément. Cela a été un moment exceptionnel. Toutes mes autres participations m'ont également marqué. 

À Lillehammer, il y avait un très grand esprit sportif, nous nous sentions totalement soutenus. Les spectateurs étaient très proches des compétiteurs. C'était revigorant pour nous, athlètes. À Albertville, ce furent de beaux Jeux. Cependant, les disciplines étaient réparties sur plusieurs sites et on ne retrouvait peut-être pas ce côté un peu plus convivial, rassemblé. Nagano, c'était l'Asie, donc une expérience particulière qui mérite d’être vécue... 

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