L'envie d'en découdre

Frustrée après deux premières étapes mitigées en championnat du monde, Lisa Caussin-Battaglia est d'ores et déjà tournée vers les deux dernières sorties qui l'emmèneront aux Emirats Arabes Unis. Avec la volonté montrer aux autres de quoi elle est réellement capable.

Il n'est pas toujours facile de croiser Lisa Caussin-Battaglia. Il faut dire que la jeune fille ne chôme pas. Entre un double cursus universitaire, une passion pour la musique, cumulée à celle du théâtre et ses entraînements, sur terre ou en mer, il faut réussir à trouver le bon créneau pour passer un moment avec la demoiselle aux cheveux d'or. 

Autour d'un café matinal, mais toujours avec la même énergie, Lisa balaie son actualité à toute vitesse, sans omettre les détails. Un peu comme lorsqu'elle pilote son jet-ski, qui l'a menée l'an dernier pour la première fois sur les épreuves du championnat du monde. Une compétition qu'elle a retrouvée cette année au mois de juin et dont la prochaine étape est prévue fin novembre à Dubaï. 

Actuellement 10e au général, et loin d'en être satisfaite, elle compte bien mettre à profit ce qu'elle a appris l'an dernier et ce qu'elle travaille actuellement pour exploiter au mieux son nouveau bolide.

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Une première pleine d'enseignements

Car l'année dernière était celle de la découverte pour Lisa. Qualifiée en tant que pilote officielle pour les championnats du monde, elle a ainsi pris part à l'intégralité de la compétition. Et a découvert, au passage, un milieu hyper pro. "C'est un truc super professionnel : on arrive, on a nos paddocks, on a juste à poser nos jets, on a tous les t-shirts avec le logo du même côté, c'est rediffusé à la télé, on est interviewé à la fin de chaque course, on a un oriflamme, une espèce de totem avec la planche où sont inscrits nos sponsors. La mise en place est hallucinante et ça en jette. On se considère vraiment comme professionnel quand on est là-dedans", détaille celle qui a validé son Master 2 de philosophie. Novice en GP1 l'an dernier, Lisa a tout de même réussi à intégrer le top 10 en terminant à la 9e place du classement général. 

Au-delà de l'apprentissage sportif, la Monégasque s'est aussi rendue compte d'une chose importante, "que je devais bosser sur mon mental. J'ai un peu de mal à croire en moi. Et je me suis rendue compte de ce que pouvait être la confiance dans l'obtention de résultats. Je m'en suis aussi aperçue dans mes cours, puisque je fais une licence de Staps pour avoir un diplôme de coach sportif en plus de mon cursus en philo. Si le mental n'est pas là, ça peut être chaotique et avoir des conséquences sur l'athlète, l'entraîneur. Cette année je vise le top 5, donc il faut que je travaille mon mental." Pour pallier ces problèmes, Lisa a d'ailleurs commencé à travailler sur cet aspect, se tournant notamment vers la sophrologie.

Couac à l'italienne

Vice-championne de France cette saison, Lisa a donc repris la route du championnat du monde en juin dernier pour deux étapes en Italie, à Vieste et Porto Cesareo (dans les Pouilles). "C'était sur deux semaines d'affilée mais ça a été assez médiocre d'un point de vue résultats. Une nouvelle machine est sortie cette année, un Kawasaki SXR 1 500. Tout le monde venait de la recevoir (la machine est sortie un mois avant les courses). On avait la possibilité de vendre l'ancienne et partir sur celle-là, mais je ne me sentais pas de la prendre et d'aller en compétition avec sans être sûre de la maîtriser."  

Si au départ Lisa ne pensait pas que tout le monde allait courir sur cette machine, elle a rapidement déchanté lors de la première manche en voyant ces nouveaux bolides s'aligner en nombre sur la ligne de départ. Face à un jet pas forcément plus rapide, mais capable de bien meilleures performances, les deux manches disputées en Italie n'ont pas laissé un souvenir impérissable à la jeune fille. "Je me suis battue, j'ai réussi à en mettre quelques-unes derrière moi mais je n'ai pas réalisé de performance à hauteur de ce que j'espérais", confie Lisa, dont la frustration se ressent toujours trois mois après la compétition.

Nouvelle monture pour aller plus loin

Pour remédier au problème rencontré en Italie, Lisa et ses sponsors ont donc fait le nécessaire. Exit l'ancien modèle, bonjour le SXR 1 500. "Je l'ai eu pendant l'été et il a fallu le rôder, ce qui m'a demandé 10 heures de sorties en mer pour arriver à la première vidange." Outre ce rôdage, essentiel, la machine étant d'usine, de nombreuses modifications ont dû lui être apportées afin qu'elle soit apte à prendre part à la compétition. 

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Du bras à changer jusqu'au tapis à remplacer, en passant par un capot allégé, autant de pièces qui ont demandé de l'attention au cours des semaines suivant son achat. Surtout, ce nouveau jet devrait permettre à Lisa de pouvoir rivaliser avec ses concurrentes, les différences entre cette machine et l'ancienne étant loin d'être négligeables. "Elle est plus stable puisqu'on peut tenir debout à l'arrêt. Elle est aussi plus longue de 30 cm, plus large, plus volumineuse. Le moteur est un 4 temps, donc c'est complètement différent. C'est une machine très linéaire, même à mi-gaz, va marcher tandis que l'ancienne, qui est un 2 temps, si on lâche les gaz, elle va mettre des a-coups tout le temps quand je vais repartir. La coque est aussi différente puisque sa forme en V permet de fendre les vagues plutôt que de taper dessus." 

Malheureusement pour Lisa, les entraînements avec le SRX 1 500 n'ont pas été aussi nombreux qu'elle l'aurait souhaité. La machine ayant dû être envoyée très tôt dans les Emirats Arabes Unis, par bateau, pour la prochaine manche de championnat du monde (23-24-25 novembre / Dubaï). Car ce dont a surtout besoin Lisa, c'est de précision. "Je me suis entraînée en mer mais je n'ai pas encore pu faire de bouées. Elle est plus facile à manier, mais moins précise. Et si je me bats avec les autres, j'ai besoin de cette précision. Les essais avant me permettront d'apprivoiser un peu plus la machine." Quoi qu'il en soit, la jeune fille va continuer son entraînement jusqu'à la compétition. Avec un unique objectif en tête, "arriver avec ma super belle machine et atomiser tout le monde pour prendre ma revanche." 

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