Mathias Raymond : contrat à Eton Dorney

Pour sa deuxième participation olympique, celui qui fut le porte-drapeau de la délégation monégasque à Pékin a atteint son objectif en se hissant en finale C du skiff sur le plan d'eau d'Eton Dorney. A 26 ans, Mathias Raymond se retrouve face à un choix cornélien : prolonger l'aventure sportive ou lancer véritablement sa carrière professionnelle.

"J'avais apprécié Pékin mais là c'était encore différent. En Chine, on avait assisté à une démonstration de force. A Londres, il y avait beaucoup plus d'effervescence autour de l'aviron. Notre sport fait partie de la culture britannique, les tribunes étaient monumentales, toujours pleines." Le sourire aussi large que ses épaules, Mathias Raymond semble encore ému lorsqu'il évoque sa folle semaine, installé sur le port, à la terrasse de "La Caravelle". De son aventure, il s'en rappelle dans les moindres détails. Comme depuis des années, il a répété les mêmes gestes avant chaque départ. Il a vérifié ses cale-pieds, remis ses scratchs, vérifié que le loquet était bien serré et tourné la tête pour jeter un œil sur la ligne d'arrivée, deux kilomètres plus loin. Du côté de Lyon, avec les membres du Pôle France de Lyon, il a souffert pour atteindre son but : entrer en finale C.

L'éloge de la patience

Troisième de sa série en éliminatoires, Mathias commençait fort en améliorant son record personnel, vieux de deux ans, de vingt centièmes (6'58''60 contre 6'58''80). Trois jours plus tard, dans un quart de finale relevé, il terminait au cinquième rang et atterrissait en demi-finale C/D. Le lendemain, il accrochait une troisième place significative d'accès à la finale C. Les longs délais entre chaque course, les interminables sorties d'entraînement et la vie en vase presque clos à Eton Dorney (une quarantaine de kilomètres à l'ouest de Londres) auraient pu lui couper les jambes. Mais le grand blond a su prendre son mal en patience. "C'est vrai qu'on ne pouvait pas penser à autre chose que l'aviron puisque l'on se retrouvait uniquement entre rameurs."

Lors de son ultime course, Mathias Raymond avoue avoir "ressenti une certaine fatigue mentale. Je n'avais plus aucune pression. Pendant la semaine, j'ai pu ramer bord à bord avec certaines de mes idoles. Physiquement, certains sont vraiment au-dessus du lot, ils ne laissent rien au hasard dans leur approche."

Sera-t-il l'homme de Rio ?

18e au classement final, le rameur rouge et blanc a bouclé son aventure londonienne avec le sentiment du devoir accompli. "Finalement, tout s'est bien passé. j'ai rempli mon contrat. Pendant la saison, j'ai terminé 15e sur une manche de coupe du monde à Lucerne (Suisse). Là, j'ai commencé à me dire que mon objectif était réalisable. Je ne me suis jamais autant fait plaisir, que ce soit à l'entraînement, où j'avais de très bonnes sensations, ou pendant les compétitions." Son entraîneur, Jean-Louis Antognelli est également ravi : "Sa volonté lui a permis d'énormément progresser. Il a accumulé une somme de travail impressionnante. Mathias a prouvé qu'il était possible d'atteindre le haut niveau".

En progrès constants, Mathias Raymond se trouve désormais à la croisée des chemins. Alors qu'il passe un concours pour intégrer l'administration monégasque, ce diplômé en sciences politiques se demande encore s'il doit faire une croix sur sa carrière sportive, malgré la perspective alléchante des JO de Rio. Il a prévu d'annoncer sa décision courant octobre.

Publié le

Vous aimez cet article, partagez-le :

   
Photos