Jeunesse prometteuse

A l'instar de leurs aînés, les jeunes rameurs de la Société Nautique de Monaco (SNM) enchaînent les bons résultats en compétition. Nous sommes allés faire un tour du côté du ponton Kelly, pour comprendre la recette d'un tel succès.

A son arrivée au club, il y a deux ans, Daniel Fauché avait clairement affiché ses objectifs. Avoir des rameurs compétitifs à tous les niveaux, attirer plus de jeunes et parvenir à un équilibre filles - garçons. Aujourd’hui, l’entraîneur principal de la Société Nautique de Monaco semble avoir réussi son pari. Et ce à bien des égards. Car, outre une certaine parité, voire "plus de féminines dans certaines catégories", le coach peut aujourd’hui compter sur un solide vivier, bien parti pour apporter sa pierre à l'édifice du plus vieux club de la Principauté. Et surtout à épingler eux aussi leurs fanions de vainqueurs sur les murs du club, en aviron de mer, discipline pour laquelle la SNM pointe cette année encore en tête du classement des clubs, comme de rivière. 

Objectif compétition

Sur les 10 titres de champions de France remportés par la SNM l'an dernier, 3 l'ont été par la nouvelle génération. De quoi les mettre dans le sillage de leurs prédécesseurs. La récompense, aussi, de nombreuses heures d'entraînements et d'investissement pour les rameurs comme pour l'équipe encadrante. Autour de Daniel Fauché, on retrouve ainsi Xavier Girard, Bruno Weiss et Ludovic Dubuis, coach en formation, sans oublier les bénévoles venant régulièrement prêter main forte. La recette d'une telle réussite ? Daniel Fauché n'hésite pas une seconde. "Ce sont d'abord les rameurs et les rameuses. On a des jeunes filles et garçons, nombreux et motivés par la compétition". Des minimes aux juniors, plus l’UNSS, ils sont une centaine aujourd'hui, âgés de 13 à 18 ans, à porter les couleurs de la Principauté jusqu'au plus haut niveau national. 

Img 8071

Pourtant, comme il l’explique, "on ne fait pas de recrutement. J’ai essayé, avec l'équipe encadrante, d'améliorer l'accueil, les séances d'entraînements sur l'eau, en salle de gym ou à Saint-Cassien, pour que les jeunes se disent : 'je suis bien là, je viens m'entraîner, je progresse, je fais de la compét', ça marche très bien, bien ou un peu moins bien, mais en tout cas, je suis content", souligne l'entraîneur principal, qui tire un bilan positif de sa méthode. "Je n'ai pas de gamins qui viennent à reculons. Il y a du monde, ils sont contents de ramer, de venir au club". D'autant que ces néo-rameurs, souvent venus à la discipline grâce aux cycles scolaires, au Pass'sport Culture ou tout simplement par le bouche-à-oreille, se lancent généralement assez vite dans les courses. "Certains s'inscrivent et annoncent aussitôt vouloir faire de la compétition, d'autres veulent venir en loisirs et se laissent tenter quand on les y invite. Et quelques-uns restent en loisirs, mais cela représente un jeune sur 10, voire sur 20. Il sont peu, à cet âge-là, à ne pas s'imaginer faire de la compétition", explique le coach.

"Les kilomètres font les champions"

Et entre l'aviron de mer et de rivière, nombreuses sont les opportunités de s'exprimer. D'autant qu'à l'inverse de certaines disciplines, ramer ne demande pas de qualités physiques particulières, mais surtout de l'assiduité. "Même s'il faut être assez grand, ce n'est pas forcément le plus important. La moyenne de taille et poids d'un médaillé olympique, c'est 1m95 pour 95 kg. Sauf que, dedans il y a des rameurs qui font 105 kg et d'autres 80 kg et 1m80. Ils compensent leur taille par d'autres qualités", souligne le médaillé d'argent aux Jeux d'Atlanta (1996 sur un 4 sans barreur). "La base, c'est vraiment d’avoir envie. Si tu veux être fort dans ce sport, il faut que tu comprennes que tu dois t'entraîner. L'aviron, c'est surtout de l'endurance et ça, ça se travaille. Les kilomètres font les champions". Et des kilomètres, les jeunes rameurs de la Principauté en avalent. A raison de 3 à 4 sessions par semaine pour les meilleurs minimes, 4 à 5 pour les cadets et jusqu'à 5 ou 6 pour les juniors, plus une semaine de stage à chaque vacances scolaires. 

Img 8030

"Et quand on va à Saint-Cassien, on part à 13 h 30, on fait un entraînement et nous sommes de retour à 18 heures si tout se passe bien sur la route. Le samedi on part à 8 heures, deux entraînements, on rentre à 18/19 heures", rappelle Daniel Fauché, qui insiste pour que les licenciés de ce club mixte pratiquent les deux versants de la discipline. "On essaie d'avoir le plus possible de jeunes très bons en rivière, parce qu'on sait qu'ils seront ensuite bons en mer". Et pour atteindre leurs objectifs, le coach leur concocte un planning d'entraînement détaillé et carré sur l’année. Mais jamais plus d’une fois par jour, l'aviron étant un sport à maturité tardive. "J'ai des élèves en classes sport aménagées, des féminines juniors en classe Elite. A cet âge-là, dans certaines disciplines ils s'entraînent matin et soir. Moi je dis non. Si à 17 ans on les entraîne deux fois par jour, qu'est-ce qu'on va faire à 25 ? Nous, c'est beaucoup plus progressif." Et lorsqu'on voit déjà les bons résultats, difficile de ne pas penser que cette génération montante n’a pas fini d’épingler les fanions sur les murs de son club.

Publié le

Vous aimez cet article, partagez-le :

   
Photos