"Une course, c'est comme un jeu d'échecs"

Engagé en laser standard, Damien Desprat-Lerale, 38 ans, a participé aux premiers JO de sa carrière. Et s'il n'a pas fait la performance souhaitée, il garde un excellent souvenir de l'aventure londonienne.

"C'était un rêve de gamin. Un moment inoubliable." Damien Desprat-Lerale a eu la chance de passer un peu de temps avec ses camarades monégasques avant de s'exiler à Weymouth, plan d'eau choisi pour sa discipline. "J'ai passé trois jours au village olympique de Londres. C'était magique de croiser Serena Williams, Renaud Lavillenie, Tony Parker... Puis tous les handballeurs français ! On a aussi pu observer le jeu stratégique entre un Usain Bolt qui fait le show, et un Yohan Blake plus calme et discret. Puis j'ai discuté avec le judoka Teddy Riner, grâce à Yann Siccardi, mon compatriote. J'avais constamment les yeux qui brillaient. Le point négatif, c'est que ça m'a un peu déconcentré."

"Pour mes épreuves, je me trouvais à quatre heures de Londres. Avec les encadrants, nous devions être environ 600. L'ambiance était très simple entre nous. Nous nous connaissons puisque nous nous voyons toute l'année sur des courses." Mais le premier désagrément arrive vite pour Damien. "Mon bateau était fourni par l'organisation. Au moment de le découvrir, je me suis aperçu que la coque était mal finie. Il a donc fallu la réparer et j'ai perdu deux jours d'entraînement. Ça m'a pénalisé, je manquais de confiance en mon matériel. Pendant les deux premiers jours, je faisais mes réglages au lieu d'être complètement dans la course."

Enfin une dose de plaisir

"Une course, c'est comme un jeu d'échecs. Il faut tout prendre en compte : le vent, les nuages, les vagues, les concurrents... Moi j'étais trop concentré sur mon matériel." Les régates s'étendaient sur cinq jours, avec une journée de coupure. "Ma préparatrice physique, Anja Bolbjerg, m'a rendu visite. Je fais un travail très efficace avec elle depuis deux ans et demi. Ça m'a permis de me ressourcer et d'évacuer le stress. Une course aux JO ne ressemble à aucune autre, c'est vraiment différent." C'est un Damien gonflé à bloc qui est reparti en mer. "Je me suis beaucoup plus amusé durant les dernières courses et j'ai été plus performant. Pourtant, il y a avait plus de vent et de vagues, et j'avais une cheville strappée. Mon ligament externe était étiré de trois centimètres !" Il a décroché la 25e place lors de la dernière régate.

"Cette expérience est très positive, mais le résultat n'y est pas. Avec mes acquis et mon expérience, je ne devrais pas avoir besoin d'autant de temps pour m'adapter. À l'année, je navigue entre la 28e et la 38e place. Là j'ai fini 46e. Heureusement, je n'ai pas eu le temps de cogiter à l'issue de la course. Je suis allé voir les copains faire leurs épreuves. C'était la meilleure partie des jeux. Le fait de me retrouver en petit groupe apportait quelque chose de nouveau, de pétillant. Dans mon domaine je navigue toujours en solitaire…"

Les Jeux méditerranéens 2013 en tête

"Ma plus grosse compétition à venir sera les Jeux méditerranéens 2013. Ils se tiendront en juin et juillet prochains, à Mersin en Turquie. Mais je vais participer à trois coupes du monde d'ici là. Je recommence l'entraînement intensif en octobre, en Italie, sur le lac de Garde."
Et Rio 2016  ? "J'espère qu'il y aura un jeune Monégasque pour me succéder. Sinon, et même si ce n'est pas raisonnable, je me vois bien repartir."

Publié le

Vous aimez cet article, partagez-le :