Troisième à l’approche de l’arrivée, Boris Herrmann est “fatigué”

Mis à rude épreuve dans la zone du pot-au-noir, où les conditions l’ont empêché de dormir correctement, l’Allemand table toujours sur une apparition aux Sables-d’Olonne le 28 janvier.

Lorsqu’il a activé la visioconférence au beau milieu de l’Atlantique hier matin, les traits du visage de Boris Herrmann (Seaexplorer-Yacht Club de Monaco) étaient tirés. Ils témoignaient de l’extrême effort que demande un Vendée Globe qui touche à sa fin. Le leader, Charlie Dalin (Apivia), a bouclé 90% du parcours. 

Je fais aussi attention au bateau qu’à moi. Je mange très régulièrement, trois fois par jour, et j’essaye de me reposer. J’ai du mal en ce moment, le bateau tape et le vent est très irrégulier. Si les conditions se calment à l’approche de l’anticyclone, à partir de demain après-midi (aujourd’hui, NDLR), alors j’essaierais de bien dormir pour avoir un peu de marge pour la fin”, espérait l’Allemand. 

En évoquant des jours de souffrance, “avant-hier et hier matin”, la faute à l’absence de vent, il a dressé une situation paradoxale : "Maintenant, je pâtis des conditions difficiles. Il y a presque trop de vent, j’ai peur de casser.”

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Une arrivée dans huit jours après quatre ans de préparation

Actuel troisième du Vendée Globe, le skipper s’est extirpé du pot-au-noir, cette zone imprévisible où la météo instable a puni plus d’un navigateur par le passé. En sortir l’a rendu “vraiment heureux”. Même s’il le sera encore plus lorsqu’il distinguera, au loin, les premiers contours de la terre ferme. “On profite, bien sûr, mais je suis fatigué. Il est temps que j’arrive. On ne fait pas le Vendée pour se faire plaisir”, a rappelé Boris Herrmann.

Questionné sur ce que la compétition lui a permis d’apprendre sur lui-même, il pointait “la perception du temps”. “Tu peux faire des choses si tu te donnes le temps”, a-t-il répété. Après une préparation de quatre ans et de nombreux séjours sur les eaux du monde, il prévoit d’atteindre les Sables-d’Olonne le 28 janvier, au terme de 81 jours en mer, conformément à ses prédictions de la semaine dernière.

Bien placé dans le trio de tête, à moins de 2 mille marin de Thomas Ruyant (LinkedOut, 2e), Boris Herrmann jouit d’une avance de 18,31nm sur son plus proche poursuivant, Louis Burton (Bureau Vallée 2), d’après le dernier relevé de 14h. A l’arrivée, ses six heures de compensation pour avoir participé au sauvetage de Kevin Escoffier pourraient lui permettre de gagner une ou des positions. Hors de question, cependant, de faire ce type de calcul et de “se dire qu’on peut rester derrière un concurrent, à trois heures de lui” pour sécuriser une place sur le podium sans cravacher jusqu’au bout : “Personne ne va naviguer comme ça, on veut aller le plus vite possible et arriver physiquement avant les autres, pas que sur le papier.”

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