36e Meeting International de Monte-Carlo -  Des records à la pelle

Avec 218 nageurs de 29 nationalités différentes, le rendez-vous de la Principauté a encore offert un plateau de qualité, et surtout un sacré spectacle avec onze records, dont sept du meeting, battus. Retour sur cette 36e édition, la troisième étape du circuit Mare Nostrum.

Tribunes éphémères montées, décorations aux couleurs de la Fédération Monégasque de Natation et du Mare Nostrum, drapeaux aux murs… Le bassin olympique s'était paré de ses habits de fête pour accueillir son grand rendez-vous annuel de natation. Avec toujours le même succès puisque le gratin mondial de la discipline avait lui-aussi, une nouvelle fois, répondu présent. Ils étaient 218 cette année, parmi lesquels 25 médaillés au monde et 17 olympiques. Des habitués, comme Katinka Hosszu, Bruno Fratus, Andriy Govorov ou encore Charlotte Bonnet, accompagnée de son coach Fabrice Pellerin et de quelques autres membres de l'ONN, qui faisaient leur retour après une année d'absence. 

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On retrouvait également des petits nouveaux, mais pas inconnus. La Danoise Pernille Blume bien en forme, la quadruple championne olympique américaine, Missy Franklin, qui faisait à l'occasion du circuit Mare Nostrum son grand retour dans les bassins après deux ans d'absence. On nous avait aussi soufflé de garder un œil du côté de la Japonaise Ikee Rikako, 17 ans à peine, brillante à Barcelone et à Canet (les deux autres étapes du circuit Mare Nostrum), et qui s'annonce comme l'une des futures championnes de la discipline. De quoi satisfaire les organisateurs qui planchent une bonne partie de l'année pour concocter ce bel événement, sans oublier les très nombreux bénévoles qui œuvrent en coulisses à son bon déroulement. "On a eu un plateau très intéressant, avec des nageurs de qualité", confirme Guillaume Dazun, le coordinateur du meeting. 

Une mécanique bien huilée

Dans le bassin olympique, les séries défilent, ponctuées par le bruit régulier des nageurs dans l'eau. Au programme : du crawl, de la brasse, du dos, du pap' ou du medley, du 50 m au 400 mètres. Parfait pour peaufiner leur préparation. "Le Mare Nostrum a toujours été très important pour moi, en raison de sa position dans la saison", confirmait Katinka Hosszu, une des plus fidèles du meeting, que l'on retrouvait à la sortie de son 200 mètres 4 nages victorieux. J'aime le fait qu'il y ait trois étapes à la suite. L'enchaînement est très bon pour les athlètes pour prendre conscience de certaines choses ou juste pour nager différentes nages. Chacun a sa propre mission en venant ici.

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Comme à l'accoutumée, c'était principalement pour se préparer aux grandes échéances de l'été et voir le niveau de la concurrence mondiale. Car même si les regards se tournent déjà vers Tokyo (JO 2020), et que 2018 est une année "blanche" au niveau international, sans Jeux Olympiques, ni championnats du monde, l'heure est à la préparation. "Nous sommes sur une année avec des compétitions continentales ou extracontinentales, comme les "Pan Pacs" (les Pan Pacifiques du 23 au 27 août à Tokyo) ou les championnats d'Europe (du 3 au 12 août à Glasgow)", confirme Michel Pou, responsable technique du tournoi et entraîneur général de l'AS Monaco. 

A deux doigts du record mondial

A Monaco, la mécanique est bien rodée. Les séries qualificatives le matin, et les finales A et B l'après-midi, le tout entrecoupé des épreuves du tournoi de vitesse. Une belle répétition de l'effort, surtout pour ceux qui, comme Bruno Fratus, Yuliya Efimova ou Missy Franklin, ont enchaîné les trois meetings du Mare Nostrum, soit six jours de compétition et deux de trajets sur les neuf que comptent le circuit. Et si on aurait pu croire les nageurs fatigués, il n'en était rien, puisque les après-midis de finales ont été à la hauteur de toutes les espérances. Avec pas moins de 7 records du meeting battus, dont 4 en commun avec le circuit Mare Nostrum (voir encadré), cette 36e édition s'est montrée faste en suspense. 

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L'Ukrainien Andriy Govorov est ainsi passé à 10 centièmes du record du monde au 50 mètres papillon. Pernille Blume réalise un meilleur chrono que celui qui lui a permis d'être championne olympique à Rio au 50m nage libre. "Des temps qui sont de valeurs mondiales et au niveau des podiums mondiaux à chaque fois. Ippei Watanabe, à force de tourner autour du record du monde du 200 brasse, finira bien par le faire un jour. Il lui manquait peut-être aujourd'hui un jour de repos pour le pouvoir", annonce le directeur technique du meeting. "Nous avons vu des choses d'une extrême qualité aussi bien samedi, que dimanche que ce soit sur le tournoi de sprint ou les courses qui le précédaient".

Les Monégasques confirment

Et si les stars internationales ont offert le spectacle, il y en a d'autres qui suscitaient aussi toutes les attentions. Car comme chaque année, le rendez-vous de la Principauté était l'occasion pour une trentaine de licenciés de l'AS Monaco de faire une démonstration à domicile, devant familles et amis. Claudia, Théo, Julianne, Marcus… Et on prend plaisir chaque année à voir les jeunes pousses de Michel Pou grandir et évoluer. D'autant que ce 36e meeting s'inscrit pour leur coach comme "la continuité d'une belle saison et de ce que j'ai vu précédemment, sans aucune surprise particulière", explique l'entraîneur général de l'AS Monaco. La consécration d'un travail acharné alors que pour beaucoup d'entre eux s'annonçaient déjà les dernières épreuves estivales, et la fin de saison avec. 

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De belles finales A étaient au programme, notamment pour Marine Leberrigaud en 200 mètres papillon, Romain Vanmoen en 200 mètres dos ou encore Lisa Pou en nage libre. "C'est super pour eux d'avoir la possibilité de chercher à être le meilleur possible dans ce contexte. Quand on a 15-16 ans et que l'on se retrouve dans une finale A dans ce genre de meeting, on n'est forcément pas armé comme les Russes ou les autres équipes qui ne viennent pas avec leurs jeunes, mais avec leur élite. A eux de saisir leur chance et de profiter de cette expérience pour réussir à en faire derrière une force pour des championnats de France ou d'Europe", explique leur coach. "Alors ils la saisissent plus ou moins bien, c'est parfois maladroit, il y a des fois beaucoup trop d'enthousiasme, donc forcément les courses ne vont pas toujours au bout de la meilleure façon. La répétition des efforts pour eux aussi est difficile à accepter. Mais c'est le jeu. A un moment donné, il est primordial de se confronter à la difficulté. Ils doivent pouvoir se rendre compte de la réalité du niveau des autres et du leur, pour mettre en place ce qu'il faut pour combler les écarts et devenir meilleur. Ça part simplement de cette intention."

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C'est la grande nouveauté de cette année sur le circuit. Après quelques éditions tests, le "Mare Nostrum Swimming Tour" a aujourd'hui ses comptes Instagram, Twitter et Facebook, où il retransmet news, photos, vidéos, résultats. "Depuis l'année dernière, on est passé de moins de 500 abonnés à 1 600, avec une grande progression sur les quatre derniers mois. Cela a évolué toute l'année, et là, on a pris quasiment 600 abonnés sur une semaine", souligne Guillaume Dazun, le coordinateur du meeting, satisfait. "Une de nos vidéos a dépassé les 9 000 vues en moins d'une semaine, d'autres vidéos assez courtes qui, elles, ont fait des scores assez hallucinants, et en 4 heures ont dépassé les 2 000 vues". De quoi suivre de près le circuit !


Records

3 Records du meeting

200 mètres Dos Dames :
Kathleen Baker bat en 2'07"02 le record détenu par Shiho Sakai depuis 2011 (2'07"74).

50 mètres Brasse Messieurs :
Yasuhiro Koseki (26"94) bat le temps de Cameron Van Der Burgh en 2017 (26"99).

200 mètres Brasse Messieurs :
Avec 2'07"56 Ippei Watanabe bat le record de 2'08"43 de Marco Koch réalisé en 2014.

4 records du meeting et du Mare Nostrum

50 mètres Dos Dames :
La Russe Anastasia Fesikova bat en 27"37
l'ancien record d'Aya Terakawa (27"53)
en 2013 à Monaco.

100 mètres Brasse Messieurs :
Yasuhiro Koseki bat en 58"78 à Monaco son propre record établi quelques jours avant (59"01) à Barcelone.

50 mètres Papillon Messieurs (x2) :
Andriy Govorov bat le 17 juin avec 22"53 son propre record établi la veille à Monaco de 22"69.