Dossier

Boxing squad Nice, le combat dans la peau

Ils ont pratiqué plusieurs disciplines avant de trouver leur bonheur dans le MMA. Un monde à part dans lequel ils tentent de percer sous la bannière du boxing squad. Le jeune club niçois tente de les guider vers le professionnalisme avec passion et rigueur.

Une salle de sport à quelques rues du stade du Ray. De l'extérieur, on aperçoit quelques appareils de torture flambants neufs. Pour entrer dans le vif du sujet, il faut aller un peu plus loin. Descendre trois ou quatre marches et poser le pied sur des tapis ruisselants de sueur. 

Température ambiante : 35 degrés. Une dizaine de combattants du Boxing squad s'échine dans ce sauna géant. Clés de bras, saisies, travail au sol… Tous muscles dehors, la peau souvent mangée par des tatouages imposants, ils enchaînent les exercices, jusqu'à deux fois par jour pour les plus investis. 

Avant d'atterrir ici, chacun a touché à d'autres sports de combat. Boxe thaï, boxe anglaise, karaté et une kyrielle d'arts martiaux. 

Leur nouvelle passion ? Le MMA, pour Mixed martial arts. Une discipline qui ne laisse pas indifférent, qui compte de plus en plus d'adeptes mais qui a toujours autant de mal à décoller l'étiquette sulfureuse qui lui colle à la peau. 

Une mauvaise réputation qui remonte aux prémisses du "free fight", lorsque des combats organisés avec plus ou moins de sérieux prenaient des allures de boucheries.

Le mythe de la cage

Mieux encadrées, plus techniques, les épreuves internationales sont désormais largement diffusées sur les chaînes de télévision. Sauf dans l'Hexagone, où elles n'ont pas encore droit de cité

. "En fait, il n'y a que dans quelques Etats américains et en France que le MMA est interdit. On a le droit de s'entraîner mais on ne peut pas faire de compétition ici. C'est un peu dur de bien faire comprendre aux gens ce qu'est vraiment notre sport", résume Thibault Colleuil, un "fighter" antibois de 25 ans.

Le premier élément qui caractérise le MMA, c'est évidemment la cage dans laquelle se déroulent les face-à-face. Une cage où l'on fait entrer des êtres humains ? Il n'en fallait pas plus pour que des voix s'élèvent, dénonçant un spectacle "barbare", des "Jeux de Rome" version XXIe siècle. 

"C'est vrai que ça donne un côté un peu gladiateur, mais c'est juste fait pour nous protéger des chutes. Dans d'autres disciplines, on arrête certaines phases de combat à cause des cordes. Là, ça amène plus de fluidité", assure Thibault, rejoint par Miguel Haro, un autre représentant du Boxing squad. Ce dernier, qui pratiquait auparavant le karaté shidokan (il a notamment participé à des épreuves du Pro fight en France et à d'autres confrontrations au Japon), trouve le MMA "beaucoup plus complet. Tu dois travailler toutes les techniques pour être performant."

"Dans le MMA, on retrouve un peu l'esprit du show à l'américaine. C'est quelque chose qui manque peut-être parfois aux autres sports de combat où, dès que tu fais un peu le spectacle, tu es tout de suite catalogué", souligne Thibault Colleuil.

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Le b.a.-ba du MMA

- Au maximum, un combat se compose de trois rounds de cinq minutes.

- L'affrontement se déroule dans une cage (un ring grillagé) octogonale

- On peut remporter la victoire de plusieurs manières : 
par KO, par KO technique (TKO), par soumission
(l'adversaire renonce oralement ou en tapant trois fois de la main) et par décision arbitrale.

- Les fighters portent des gants de cuirs laissant le bout des doigts à l'air libre, comme des mitaines.

- En France, il est interdit d'organiser des rencontres de MMA. Dans l'Hexagone, 
c'est le pancrace qui le supplante. Une discipline assez semblable, où les frappes au sol sont néanmoins prohibées et où la cage est remplacée par un ring traditionnel.

- Chaque organisation internationale met en place ses propres catégories de poids. 
Les règles unifiées du MMA en distinguent neuf :
57 kg, 61 kg, 66 kg, 70 kg, 77 kg, 84 kg, 93 kg, 120 kg et super poids-lourds.

- 6,51 millions de téléspectateurs ont assisté au duel entre Kimbo Slice et James Thompson diffusé sur la chaine CBS le 31 mai 2008. C'est le record d'audimat pour un événement de MMA.


Sherdog, highlights leurs cartes de visite

Comment mettre sur pied des rassemblements de qualité et s'assurer que les confrontations seront équilibrées et attractives ? Comment évaluer des fighters venus d'horizons divers et où trouver la liste de tous les événements organisés sur la planète MMA ? Pour répondre à toutes ces questions, les spécialistes savent où il faut aller : sur le site sherdog.com. "Avant d'envoyer un gars de chez nous, on compare toujours les fiches présente sur ce site. On regarde les palmarès, les vidéos… On essaye de filmer tous les combats, c'est important d'avoir des images spectaculaires à mettre dans nos highlights (meilleurs moments en vidéo)", détaille Aldric Cassata, la pierre angulaire du Boxing squad. "Grâce à mon vécu dans le MMA, j'ai noué quelques contacts. C'est important pour avoir des opportunités et prouver notre sérieux aux matchmakers (les organisateurs de compétitions). On va souvent en Italie, où le niveau est similaire à celui de la France, en Angleterre, en Suède ou en Russie."