Aldric Cassata, la force tranquille

On est parti à la rencontre d'Aldric Cassata qui combat aujourd'hui dans le milieu professionnel du Mixed Martial Arts (MMA). Encore prohibé en France, ce sport a acquis ses lettres de noblesses dans d'autres pays. Fervent défenseur de son art, Aldric a créé sa propre école, le Boxing Squad. Cet homme très occupé nous décrypte son parcours.

Direction le Vieux-Nice, un mercredi soir. Aldric Cassata nous a donné rendez-vous au Bacchus coffee, le sports bar qu'il a ouvert récemment. Sur les écrans plats, Messi et ses amis du Barça donnent la leçon à Manchester city. Installés confortablement entre des bustes romains et des boucliers, les clients suivent la partie tout en tirant sur une chicha. 

Aldric Cassata, c'est le fondateur du club Boxing Squad. Crane rasé, barbe fournie, bras recouverts de tatouages, Aldric a le style du parfait combattant de MMA (Mixed Martial Arts). Mais ne vous y méprenez pas, ce Franco-Italien est loin des clichés que les détracteurs de ce sport veulent véhiculer.

D'une voix posée, il entame la discussion. Revenant sur sa carrière, sa vie et ses envies, il fustige la mauvaise image de son sport. "Les gens voient du sang, une cage et se font des idées. Il faut savoir qu'en boxe anglaise, 97% des coups sont portés au visage, alors que chez nous le pourcentage baisse en dessous de la moitié. On n'est pas des gladiateurs. Il y a beaucoup de règles et de respect".

Autodidacte

Aldric Cassata  s'est construit tout seul, comme il l'explique. "Les études et les diplômes n'ont jamais été ma priorité. Mais dès que je m'investis dans un projet, je le fais à fond. Je me documente un maximum pour en savoir le plus possible et être compétent." 

Quand il a démarré le MMA, il a agi de la même manière, en apprenant les fondamentaux de la lutte, du jiu jitsu brésilien ou encore de la boxe thaï. Véritable hyper-actif, il jongle entre plusieurs activités : combattant professionnel, créateur de son propre club, gérant de bar et même négociant en rachat et vente de véhicules. Autant dire que ses journées sont bien remplies. "Ce n'est pas pour le côté financier, mais pour le plaisir et l'envie de découvrir de nouvelles choses", avoue-t-il. 

Sa première passion reste les sports de combat, malgré une période foot, en tant que pensionnaire de l'OGC Nice à l'adolescence. Il mettra un terme à sa carrière contre l'avis de son père.

A la télévision, Aldric découvrre un sport qui le fascinera très vite.  C'est le Pride, un dérivé du MMA sauce japonaise où le ring remplace la cage. A l'époque, il n'existe pas de club et la France ne voit pas d'un bon œil le combat libre. A 18 ans, il se lance dans le kenpo, qui se rapproche le plus de ce qu'il recherche. Il s’entraîne avec acharnement pendant un an et arrive même à faire les championnats de France.

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Rencontres

Après une trentaine de combats, il ressent le besoin de passer à autre chose. On lui conseille alors de se mettre à la boxe thaï pour travailler le jeu de jambes et les réflexes, ainsi que le jujitsu brésilien pour les techniques au sol. 

En 2005, il participe aux championnats du monde de karaté shidokan (discipline avec K.O). Médaillé de bronze, il raccroche son kimono définitivement pour se consacrer exclusivement au MMA.

La même année, il fait la rencontre de Christophe Midoux. Ce précurseur du MMA en France, revient tout juste du Canada et conseille à Aldric d'axer sa préparation sur la lutte, pour les retournements et la force sur les jambes. 

Dans la foulée, Cassata fait la connaissance de Didier Ouedraogo, membre de l'équipe de France de lutte et pensionnaire du Stade laurentin. Il s'y met, mais les débuts sont difficiles. "J'ai du repartir de zéro, ça a été très dur sur le plan physique et mental". Il grimace aujourd'hui encore quand il en parle.

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