Parole aux dames

La section féminine de l'AS Monaco handball a repris du poil de la bête au cours des dernières années. Un temps en recul, le nombre de licenciées est en évolution constante depuis quelques saisons. Le fruit d'un travail de longue haleine incarné par le groupe seniors.

A proximité du Lycée des Eucalyptus, à Nice, des cris résonnent. La salle de sport située quelques mètres plus haut accueille un match. Deux équipes s'affrontent sur le parquet où évolue habituellement la réserve de l'OGC Nice handball. D'un côté, l'ASBTP Nice handball et son équipe féminine de 1ere division territoriale. En face, l'AS Monaco handball féminin. La lutte est âpre. Chaque ballon est disputé. Malgré la supériorité des locales, les Monégasques ne lâchent pas. Leur coach, Dominique Falleti, ne s'y trompe pas. Il savait que cette partie serait dure. Tout comme le championnat. Mais pas de quoi annihiler les ambitions du coach.

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"Je sais qu'on ne peut pas jouer la montée, mais j'ai bien envie qu'on soit les trouble-fête", nous a-t-il ainsi confié lors de notre rencontre, quelques jours plus tôt. Et à voir la deuxième mi-temps de son groupe, plus aboutie, on se dit que le travail paie et que ces demoiselles ont les armes pour poser de sérieux problèmes à leurs adversaires. Malgré la défaite, les sourires sont présents à la sortie des vestiaires. Comme lors des entraînements d'ailleurs, où règne une ambiance aussi conviviale que studieuse. Le fruit d'un travail de longue haleine pour les responsables du club.

Relancer l'activité

Il faut dire que ce regain de forme intervient après un trou d'air chez les féminines. Si le club est né en 1961, la section féminine est âgée, quant à elle, de plus de 20 ans. Evoluant jusqu'en pré-nationale, elle a ensuite connu une baisse d'activité, pour presque disparaître des radars. 

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"Il y a une quinzaine d'années, il y avait encore une dynamique intéressante, mais la génération d'alors était sur la fin, les effectifs n'étaient pas très importants. Il y a eu très peu de renouvellement, c'était la fin d'une génération et ça a commencé à s'essouffler", glisse Amir Hamada, manager de l'AS Monaco handball et présent au club depuis quinze ans. Lorsque le projet Levant 06 est mis en place, il est alors décidé de délocaliser la section féminine auprès du club de Menton. Mais, très vite, l'activité a fait son retour à la maison mère. 

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"On a recommencé à avoir de la demande. Chez les tout-petits, ce n'est pas un souci puisque c'est mixte. On en a aussi eu chez les plus grands, mais on n'avait rien à proposer et au fur et à mesure, on a rouvert des créneaux. On a débuté avec les 12-15 ans le mercredi après-midi et le but était alors de faire découvrir l'activité. Ça a pris et on a créé le groupe U13", se remémore Amir Hamada. Une équipe ensuite passée chez les U15 puis en seniors où de nouvelles têtes ont fait leur apparition. De quoi créer une nouvelle équipe et une nouvelle dynamique.

Trouver le bon équilibre

Si la section vit bien, c'est aussi parce qu'elle est entre de bonnes mains. D'un côté, donc, Dominique Falleti. De l'autre, Jean-Claude Asnong, l'un des hommes présents depuis le redémarrage de l'activité féminine. Structurée (on va ainsi du baby-hand jusqu'aux seniors ; les U7, U9 et U11 (1ere année) s'entraînent avec les garçons, U11 (2e année), U13, U15 et seniors), la section féminine augmente chaque année ses effectifs. Et compte cette saison 93 licenciées, dont 22 pour la seule équipe seniors. 

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Une équipe au sein de laquelle sont intégrées deux jeunes U17, surclassées, notamment en raison du manque de filles de leur âge. C'est d'ailleurs l'une des caractéristiques du groupe seniors actuel. L'éventail d'âges que l'on peut trouver. "On va de 16 à 55 ans", précise ''Doumé'', comme on l'appelle au club. Il faut alors aux coaches dénicher le bon équilibre lors des séances. "Quand je mets les exercices en place et que je demande de l'intensité, j'ai parfois tendance à oublier ces écarts d'âge et certaines, les plus âgées, peuvent avoir un peu de mal au bout d'un moment", explique celui qui est aussi arbitre. Mais il peut alors compter sur Jean-Claude Asnong, ou sur l'un des autres bénévoles. 

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Car ils sont plusieurs à venir filer un coup de main si nécessaire. Parfois, ce sont aussi les filles entre elles qui interviennent en cas de couac. "Il y en a de temps en temps, bien entendu, et si une est en difficulté, il y en a toujours une qui va aller l'aider. Parfois, sur un exercice ou autre, une peut ''mal'' parler à une petite et les mamans agissent, en parlant à l'une et à l'autre. Et tout se finit bien. Elles se gèrent. On a ce côté cohésion, c'est une de nos victoires avec ce groupe", glissent les deux coaches d'une même voix. 

Ne pas brûler les étapes

Si l'équilibre de groupe a été atteint, cela passe aussi par un bon dosage des séances. Avec des niveaux de jeu très disparates, il faut réussir à contenter tout le monde. "Il y a des gens qui ont une expérience du handball. Tu en as d'autres qui débutent. Et il faut équilibrer tout ça. Celles qui ont de l'expérience ne doivent pas s'ennuyer et celles qui le ''découvrent'' ne doivent pas se sentir en difficulté. Ce n'est pas simple mais on y arrive", glisse Doumé. A voir la séance concoctée ce soir-là, il y en a en effet pour tous les niveaux. 

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Après l'échauffement, des exercices de tir puis de défense. Cela dans le but de préparer le match à venir. Et tout ça plaît puisque, malgré certaines difficultés d'emploi du temps ou de lieu de résidence (certaines habitent à Cannes, Nice ou Menton), tout le monde est présent aux séances. "A leur demande, on a même mis en place un deuxième entraînement. On a un créneau le lundi soir, où elles sont généralement une dizaine avec Jean-Claude et le jeudi, où le groupe est quasi au complet."

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C'est d'ailleurs l'une des conditions pour jouer. Venir s'entraîner. Si la compétition fait partie de la vie du groupe, il faut être là pour prétendre à jouer le week-end. "J'ai toujours les 12 filles le dimanche. Je demande qui est présente, et en fonction des disponibilités, je fais mon groupe. On essaie d'en donner un peu à tout le monde. Après, j'ai mis un cran au-dessus où j'ai impliqué la présence et ce qu'elles font sur le terrain pendant les entraînements, ce que je ne faisais pas avant. On était en loisirs, on est monté d'un cran. J'essaie de faire un roulement mais ma priorité est d'avoir quelque chose d'homogène sur le terrain.

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Et cela semble marcher. Une démarche honnête, qui contribue à la bonne entente du groupe, et se traduit d'ailleurs au-delà du terrain. Restaurants, anniversaires, repas de Noël, autant de moments où l'équipe se retrouve hors des parquets. Une équipe qui pourrait d'ailleurs jouer les prolongations à l'issue de la saison. "Depuis deux ans que je les ai, certaines viennent s'entraîner pendant la coupure estivale. On fait aussi quelques tournois de fin de saison et du beach handball", confie Dominique Falleti. Comme pour souligner un peu plus la motivation de ces demoiselles… 

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