Marion Arrighino, pivot d'un monde à l'autre

Marion Arrighino, 24 ans, est une "ancienne" au sein de l'OGC Nice handball. Au club depuis six ans, elle a connu l'évolution de sa formation, des méandres de la Nationale 2 à la Division 1. Cela en fait un témoin particulier. Portrait d'une joueuse arrivée au handball un peu par hasard.

Si des pneumonies à répétition ne l'avaient pas contraint d'abandonner sa première passion, la natation, Marion Arrighino n'aurait peut-être jamais touché à un ballon de handball.

Si ce n'est plus dans l'eau, ce sera sur la terre ferme qu'elle fera du sport. Guidée par sa mère, qui a tâté de la "petite balle pégueuse" dans sa jeunesse, la Marignanaise prend une licence dans le club de sa ville. 

Mais la première année est difficile, comme le raconte la brune à l'accent chantant. "J'étais trop timide et honnêtement, je ne me trouvais vraiment pas bonne". Obstinée, elle va persévérer sur les terrains, franchir les paliers. Et cela va payer.

A Nice, elle a tout connu

Quand elle débarque à Nice,  en 2008, elle vient de vivre une expérience compliquée en Division 2, avec Plan-de-Cuques. "Je pense que j'ai voulu tenter le haut niveau trop tôt, j'étais trop jeune pour réussir en D2. Quand Nice m'a contacté, j'ai senti qu'il y avait un projet solide derrière. Et comme j'avais une envie de changer d'air, je me suis lancée."

Avec Nice, elle va connaitre ce que peu de joueuses de hand réaliseront dans l'ensemble de leur carrière. En six ans, elle grimpe de quatre divisions,  de la Nationale 2 à l'élite, la Division 1.  Elle voit arriver et s'en aller de nombreuses filles, alors qu'elle reste fidèle au poste. "Je me sens bien à Nice, mon but c'était la D1 et j'ai fait le bon choix de ne pas partir. On reste toujours en contact avec les anciennes, vous savez, c'est le sport".

Le club va même changer de nom, passant de l'ASPTT à l'OGC Nice en 2010. Et cerise sur le gâteau, la jeune Marion va avoir l'occasion de croiser des "monstres" du handball féminin français, Valérie Nicolas, la gardienne emblématique de l'équipe de France et Nodjialem Myaro, toutes deux championne du monde en 2003. Elles accèdent ensemble à la première division en 2012.

"Jouer avec ces deux personnes, c'était un plaisir… 'Nodji' m'a beaucoup appris en défense, c'est une grande joueuse avec un grand cœur. Pour Valérie, j'étais contente d'apprendre son arrivée. Au début, j'étais intimidée quand je me retrouvais en face d'elle. Elle m'a apporté son expérience."

L'apprentissage du haut niveau

Cette année, l'ancienne nageuse a signé son premier contrat pro. Une belle reconnaissance pour celle qui rêvait d'entrer dans ce monde dès le Pôle espoir, à Marseille. 

"L'écart entre la D1 et la D2 est vraiment important. Tout va plus vite, la préparation physique est plus lourde. Mais ça ne me dérange pas d'en baver. Je m'y étais préparée mentalement. Après, pour l'adaptation avec les nouvelles, c'est souvent la barrière de la langue qui pose problème. Mais tout s'arrange très vite."

Pour sa deuxième année au plus haut niveau, Marion est en concurrence à son poste avec une internationale espagnole, Elizabeth Chavez (1,92 m)." L'entente est saine entre nous et cela aide à progresser. Et puis on n'a pas le même profil, donc j'ai du temps de jeu."

Elle qui dit "vivre au jour le jour", a tout de même préparé l'après-handball. "Au début de mon aventure niçoise, j'ai fait un BTS en assurance. J'ai accroché, ma reconversion se fera sûrement dans ce milieu."


Déception pour les Niçoises, hier en demi-finale de la Coupe de France. Opposées à Issy-Paris, elles se sont inclinées 19-23, dans un match qui leur a échappé en deuxième mi-temps. 

Les filles de Sébastien Gardillou devront se reprendre en championnat. Actuellement septième à trois points de Mios, et premières  non-qualifiées pour les playoffs si la saison s'arrêtait aujourd'hui. Dimanche, les Azuréennes auront fort à faire à domicile (15 heures, salle Charles-Ehrmann) face à Metz, leader du championnat.

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