Fabrice Blonbou (entraîneur de la N2F d'Antibes) : "Notre classement est normal"

Fabrice Blonbou est l’entraîneur de l’équipe féminine de handball d’Antibes. L’occasion de revenir avec lui sur les débuts tonitruants de ses joueuses en N2. Et parler de montée.

Vous aviez terminé 3e la saison dernière alors que vos étiez promus. L’effectif a-t-il beaucoup changé à l’intersaison ?

Non, il n’y a pas eu trop de mouvements. Toutes les filles sont restées à l’exception de notre deuxième gardienne, qui est allée rejoindre le projet du BTP Nice (Pré-nationale). En terme de recrutement, on a pris Sonia Bonche, qui vient de Nice (Pro LFH) et a une grande expérience. On a fait signer Jennifer Lefebvre, qui est passée par le centre de formation de Dijon et jouait en D2 à Chambray. On a enregistré l’arrivée de Chaïma Bejaoui, qui a terminé meilleure buteur de Pré-Nationale la saison dernière, ainsi que le retour de Britney Cots. On l’avait prêtée à Puget-sur-Argens l’an dernier pour qu’elle s’aguerrisse un peu. 

D’autres arrivées ?

Oui, il y aussi Elena Pic, qui vient de Chevigny (N2). C’est un recrutement à la fois jeune et expérimenté. Pour l’instant, une jeune fille comme Chaïma ne joue pas beaucoup, mais c’est aussi parce qu’on a une base arrière supérieure à ce qu’on trouve en N2, et il faut que chaque fille se fasse au projet de jeu que l’on a mis en place. Mais je peux dire que l’on a vraiment une belle équipe avec un très beau potentiel. 

Vos débuts sont impressionnants, avec 5 victoires en 5 matches. Vous avez fait une préparation spécifique ?

Elle a été très dure. L’an dernier, quand j’ai repris l’équipe, elle était en mille morceaux. Et ma méthode de travail est assez différente des autres entraîneurs. Cette année, j’avais un recrutement très ciblé, sur des joueuses qui pouvaient s’inscrire rapidement dans le projet de jeu qu’on a mis en place. On a réussi à faire signer les filles très tôt. Là, on n’est pas encore au maximum de ce qu’on peut faire. Mais la préparation physique a été exigeante, dans le but d’être physiquement au-dessus des autres dès le départ. L’an dernier, c’est arrivé vers février, quand on a commencé notre série de victoires. On voulait reproduire cette idée de rouleau compresseur dès le début de la saison.

Vous l’avez débutée quand cette préparation ?

Le 6 août , avec de la course au départ. On a ensuite fait une sorte de stage commando. C’était dans le but les mettre dans un contexte difficile hors de leur zone de confort. Je voulais leur faire faire des exercices un peu plus difficiles que ce qu’on fait habituellement. Ce qui a d’ailleurs renforcé un peu plus les liens entre certaines joueuses.

Quel est le projet de jeu dont vous parlez ?

On a une défense très agressive et exclusivement portée sur la récupération du ballon. Il y a deux écoles en défense : la protection du but et la récupération du ballon. Ensuite, on est agressifs sur les porteurs de balle dans les duels, et on est rapides en attaque. On met énormément d’intensité dans les attaques. C’est là que les adversaires ont du mal à tenir. En mettant énormément d’intensité, on laisse peu de temps faibles. De cette manière, les adversaires ont moins de temps de récupération que face aux autres. 

Un mot sur votre début de championnat ?

On a commencé contre un promu, Meylan. Ça nous allait bien parce qu’on a fait un très mauvais match. Pour la 4e rencontre, on a joué contre le premier ex-aequo avec nous, et on a gagné de 11 buts. On a battu Cannes de trois buts, renforcée par 5-6 joueuses de D2, dont le meilleur buteur. 

Quels sont vos points forts cette saison ?

Par rapport à la poule de N2, on ne prend pas énormément de buts. On a la 2e défense de N2. On tourne à une moyenne de 23 buts encaissés par match, et 32 buts marqués. D’ailleurs, nous avons la meilleure attaque. On a une assise défensive assez costaude. Physiquement on est pas mal, mais en terme de relation de jeu, on a une grande marge de progression. On a beaucoup progressé sur le plan mental. Il y a un super esprit dans le groupe. Ce que j’essaye de démontrer aux filles, c’est que notre classement est normal, qu’il n’y a pas d’exploit. Contre Cannes, c’était plaisant pour le public. C’est le derby, donc il y avait une certaine atmosphère. Et comme l’équipe avait été renforcée, notre victoire n’en était que plus belle. 

Quelle est votre ambition, votre objectif pour cette saison ?

La montée. Les dirigeants ne nous ont rien demandé de spécifique. Mais on a fait un constat : la saison dernière, on était un promu qui a fini 3e. Et les deux premiers sont montés. Donc si on finit dans les deux premiers, on peut espérer monter. J’ai présenté ce projet au président et au bureau directeur, parce qu’il faut faire des efforts financiers pour recruter ces joueuses. L’an dernier, l’objectif était un maintien confortable, et on l’a eu facilement. Ça a aidé pour présenter notre projet pour cette saison. 

Financièrement ça a été compliqué ?

Le budget, on l’avait déjà, mais on a fait des efforts. Par rapport à la N2, on a une équipe très chère. Et comme je l’ai dit aux dirigeants, quand on joue la montée à l’échelon supérieur, il ne faut pas se préparer comme une N2. Il faut réfléchir et agir comme une équipe du niveau supérieur, celui auquel on veut accéder. De cette manière, si on y arrive, il n’y a pas de surprise. Actuellement, on a une équipe qui serait capable de se maintenir en N1. 

Un mot sur la Coupe de France, où vous êtes sortis au deuxième tour ?

Ce n'était pas vraiment un objectif. Et ça nous laisse les week-ends de libre. Parce qu’après, plus on monte, plus on va jouer de grosses équipes, plus on risque les blessures. On pouvait faire des matches de prestige, mais au tour suivant on aurait joué l’équipe première de Cannes. L’an dernier on a tenu 40 minutes, on a craqué physiquement sur les 20 dernières minutes. Et j’ai fini le match avec deux blessées. Si c’est pour y laisser des plumes, ça ne vaut pas le coup. 

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