Vacances sportives

L'AS Monaco handball organise des stages lors des vacances scolaires. Entre performance et découverte, les éducateurs du club accueillent de jeunes handballeurs de tous âges.

La neige des montagnes a résonné pour les aficionados de la glisse comme un chant de sirène sur les marins. Mais certains ont su résister à l'appel de la belle blanche pour venir s'époumoner sur le parquet de l'Espace Saint-Antoine. Ceux-là sont de jeunes handballeurs, mais tous ne sont pas membre de l'AS Monaco handball. Tandis que les éducateurs observent le plan de travail de la semaine afin de voir quels exercices mettre en place, les premiers ballons fusent sur le terrain. 

Img 9508

Ils ne sont pas bien vieux, mais certains affichent déjà une belle maîtrise de la gonfle, tandis que d'autres sont encore un peu gauche. Mais le sourire est là, même chez ce petit gars courageux dans le but alors que ses copains l'allument gentiment. En pleines vacances de février, ces petits bonhommes, accompagnés de quelques demoiselles, en sont à leur troisième jour de stage. "Habituellement on fait une coupure le mercredi (jour du reportage), mais comme nous n'avons pas la salle vendredi, on enchaîne les 4 jours à la suite. Ils sont dans leur troisième jour consécutif, donc ils sont un peu fatigués", glisse Amir Hamada, l'un des entraîneurs du club et responsable du stage. Et malgré la fatigue, petits et grands se mettent en place avant le début de la séance.

Une pratique bien rodée

Si tout semble glisser comme un ski sur la neige fraîchement damée, c'est que les stages de l'AS Monaco handball existent depuis pas mal de temps. "C'est une chose que l'on développe d'année en année", explique Xavier Mangematin, manager général du club (voir encadré). "C'est un support de formation sur les cadres techniques et l'accompagnement. On travaille aussi sur l'apprentissage de l'arbitrage." 

Img 9519

Devenus une vraie source de revenus pour le club, ces stages se découpent en deux versions. "On a deux stratégies bien différentes. La première, une philosophie de performance. Une semaine où on est orienté sur l'idée de faire venir les meilleurs gamins et les meilleurs potentiels pour préparer le championnat dans les années à venir", détaille le manager. 

L'autre aspect de ces stages est plus axé autour de la découverte, cela dans une logique de développement du club. "On essaie d'accueillir et proposer une activité sportive au plus grand nombre, mais on n'est pas là pour faire de la garderie. L'idée est aussi de dire, 'plutôt que de rester chez vous, venez faire du hand avec nous et attrapez le virus'." Un slogan qui pourrait être accrocheur sur une campagne de pub. Mais le club n'a pas réellement besoin de cela tant la demande est forte. "Sur le stage de février, on a toujours un peu moins de monde vu que les gens partent souvent au ski, mais généralement, on tourne à 40-45 gamins sur la semaine", poursuit Mangematin, parfois obligé de bloquer les inscriptions pour ne pas avoir trop d'enfants, à l'image des stages d'été, très prisés par les sportifs. 

Tout est prévu pour la semaine

Ouverts aux non-licenciés de l'ASMHB, ces stages accueillent également des enfants des clubs alentours, comme le souligne Amir Hamada. "Le but est de faire découvrir le club aux enfants et de leur donner envie de le rejoindre. Nous avons un système de licence événementielle à la Fédération qui nous permet de les prendre et les licencier sur une courte période, avec tout ce qui concerne les assurances. On a également des jeunes d'autres clubs qui viennent, comme cette semaine avec 3 petits de Menton." 

Img 9489

Et pour les jeunes, le staff monégasque a tout prévu. Un planning sur la semaine avec des séances spécifiques le matin et l'après-midi, un repas collégial au club house le midi et, si le temps le permet, un léger détour par la plage de la Marquet, à Cap d'Ail. "Ce genre de petits moments qu'on peut passer ensemble après la pause déjeuner sont très importants. Les enfants se souviendront d'ailleurs sans doute plus de ceux-là que du handball, car cela crée des liens et des souvenirs. Le but de cette pause, où l'on mange tous ensemble, est d'avoir l'esprit plus libre. Quand on va au soleil, qu'ils jouent et qu'on rigole avec eux, ça détend tout le monde. Il ne faut pas oublier qu'ils ont dix ans et doivent s'amuser", note Hamada, sans oublier tout de même la notion de rigueur inhérente aux exercices. "On essaie d'être exigeant sur le terrain, mais cela reste un jeu." 

Page 1/2

Vous aimez cet article, partagez-le :

   
Photos

Service civique

Amir Hamada et Xavier Mangematin peuvent compter sur l'aide de joueurs et éducateurs du club pour animer les journées. Lors du stage de février, ils ont notamment été accompagnés par Marlee Tuyau et Quentin Voituret. "On a la chance de pouvoir compter sur nos jeunes en service civique. Dans la semaine, je les mets avec les petits puis avec ceux un peu plus grand afin qu'ils touchent des publics différents, qu'ils planchent un peu sur des exercices différents", note Amir Hamada à propos de Marlee, joueuse de l'équipe seniors féminine et Quentin, qui évolue avec l'équipe 2. "Le club indemnise les gens via le service civique mais ceux qui ont pris part à ça trouvent que c'est sympa, c'est un bon support de formation pour eux." Du gagnant-gagnant, en somme, pour ces jeunes joueurs se formant au métier d'éducateur.


Mangematin s'en va

Alors que nous bouclions ce numéro, Xavier Mangematin, manager de l'AS Monaco handball, a annoncé son départ du club (effectif le 16 avril). Souhaitant retourner dans sa région d'origine, le Bourguignon a récemment trouvé un poste dans sa ville natale, Beaune. "Ça faisait quelque temps que je voulais me rapprocher de ma famille. J'ai eu une opportunité professionnelle qui a fait que", glisse le désormais ex-manager du club. Arrivé en 2010, il a également occupé le poste d'entraîneur de la Nationale 2. "Je retiendrai de ces années les relations que j'ai pu nouer dans le cadre du travail, avec ces personnes qui sont devenues des amis ainsi que l'évolution du club." S'il compte se focaliser en priorité sur son nouveau poste de responsable administratif régional de l'ordre des infirmiers, un retour dans le hand n'est pas à exclure. "Il me faut d'abord trouver mes marques et prouver mes compétences, mais je sais que le terrain va vite me rappeler, même si ce sera sans doute une activité parallèle et non plus mon activité principale."