Top 12, ils arrivent !

L'équipe première de l'Étoile de Monaco a terminé sur la seconde marche du podium au championnat de France par équipe de DN1 (2e division). Une deuxième place synonyme de qualification en Top 12, l'élite de la gym française, pour la saison prochaine. Et la victoire d'un groupe de copains.

Il règne une atmosphère légère ce soir-là autour des différents agrès de la salle de gymnastique. Les "gyms" s'entraînent, comme tous les jours, bien que la saison soit déjà terminée pour une bonne partie d'entre eux. Seuls les internationaux ont encore des échéances à venir en cette fin de mois de juin. A l'image de Kevin Crovetto et Julien Gobaux qui s'apprêtaient à s'envoler pour les Jeux Méditerranéens, tout comme Nicolas Pollano, qui partait lui aussi, en tant que membre du staff médical (voir p. 14-21). Thierry Aymes et Sébastien Guisol, les deux coaches, veillent au grain. Mais la décontraction est présente chez leurs protégés. Magnésie sur les mains, ils enchaînent les passages sur les différents éléments. 

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On se félicite sur un mouvement réussi tandis qu'on chambre volontiers dès lors qu'un de la bande rate ce qu'il voulait faire ou fini sur le postérieur. Les sourires sont bien présents et la bonne humeur générale. Même si ce n'est pas rare de les voir ainsi, la bonhomie qui règne est d'autant plus normale que la saison écoulée a été particulièrement bonne pour l'Étoile. Notamment chez les plus grands. Car les gyms ont atteint un objectif de longue date, à savoir monter en Top 12, l'élite de la gymnastique artistique française. 

Cohésion, préparation et esprit de corps

Il suffit de passer un peu de temps avec ces garçons pour se rendre compte d'une chose. Plus qu'un simple groupe de sportifs, c'est une vraie bande de copains qui s'entraînent et matchent ensemble en compétition. Et même un peu plus que ça. Tous, à l'unisson, diront la même chose. "On est comme une famille." Ces mots reviennent dans la bouche de chacun d'eux, qu'ils se retrouvent avec l'équipe une ou la deux. Et pour cause. Tous s'exercent ensemble. Si les horaires peuvent différer, en fonction des activités scolaires ou professionnelles des uns et des autres, ils se retrouvent toujours à un moment donné. Sur ou en dehors des praticables. Car leur amitié va au-delà de la gymnastique. 

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De quoi apporter une force supplémentaire à ce groupe. Un supplément d'âme. "Thierry a vraiment créé une famille plus qu'une simple équipe de gyms", glisse d'ailleurs Kevin Crovetto, le plus ancien du club. "C'est une force pour nous et c'est pour ça qu'on vit aussi intensément les choses, que ça nous prend aux tripes. C'est difficile à expliquer, on n'a pas tous le même âge, pas tous les mêmes objectifs, on peut avoir des différents, mais cet esprit de famille qui règne, même s'il y a des petits couacs parfois, on a toujours l'envie d'aller se dépasser pour aider le copain." Et depuis plus de 10 ans que le coach étoiliste est là, il a pu façonner ce groupe pour les amener au plus haut. Pour renforcer un peu plus cette cohésion, toute l'équipe est partie en stage à quelques jours des finales. "On a été à Antibes tous ensemble. Deux jours là-bas, à l'hôtel, ça a coûté de l'argent au club, mais si on n'y va pas, on n'y arrive pas. Pendant 2 jours, ils s'entraînent ensemble, ils vivent ensemble, jouent au billard, mangent, boivent un coup ensemble. C'est important parce que c'est la cohésion qui va faire que le jour de la compète tout le monde va se saigner pour l'autre", précise Thierry Aymes. 

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Si leur investissement est total, la préparation des finales de DN1 de cette année a aussi beaucoup joué sur la réussite de cette entreprise. Notamment au niveau de l'état d'esprit. Car, comme l'explique Loris Racca, lui aussi présent au club depuis plus de 10 ans, l'approche n'a pas été la même que lors des dernières années. "Pendant deux ans, on n'a pas réussi à monter. Cette année, notre état d'esprit a changé. On s'est dit qu'on allait y aller, faire notre maximum, et qu'on verrait bien ce que ça donnerait". Thierry Aymes, l'entraîneur principal de l'Étoile de Monaco, va dans le sens de son gym. "Je leur ai dit qu'on n'était pas à un an près et qu'ils devaient se faire plaisir." Et pour les préparer au mieux, l'ancien membre de l'équipe de France a joué sur l'esprit de compétition. "Jusqu'au bout, ils ne savaient pas s'ils allaient être avec la une ou la deux. J'ai mis tout le monde en concurrence pour avoir la meilleure équipe possible. Ils ne sont que 6 à matcher sur la finale de DN1, mais c'est vraiment la victoire du groupe dans sa totalité, la victoire est globale, tout le monde a poussé", explique Thierry Aymes. 

La victoire d'un groupe

Et la force collective a frappé un grand coup, puisque tout le monde a fait le "match parfait", comme le dit lui-même le coach de l'Étoile. "Tout s'est royalement passé. Ils ont fait une compétition de malade, il n'y a pas d'autre mot. C'est simple, ils ont fait un sans-faute." Avec un Julien Gobaux de gala (1er au classement individuel de la compétition avec 84,400 points), qui a assuré après ses 5 titres aux championnats de France Élite (Champion de France au concours général ainsi qu'aux barres parallèles, à la barre fixe, au cheval d'arçons et au sol, 3e aux anneaux), et des prestations plus que solides de la part de Kevin Crovetto, Loris Racca, Lilian Piotte, Romain Chapelle et Arnaud Dubien (voir encadrés), l'Étoile de Monaco a ainsi terminé sur la deuxième marche du podium. Avec un titre de vice-champion de France à la clé et, surtout, l'accession en Top 12. 

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"Ca fait longtemps qu'on a le potentiel pour monter et là, ceux qui ont gagné, ils avaient le meilleur arménien et le meilleur chypriote dans leurs rangs. Je suis fier de réussir avec des garçons que j'ai depuis des années. Les gars ont été jugés à leur juste valeur, mais ce qui a fait la différence, c'est qu'ils ont fait le travail et qu'on était au complet", détaille, fier, Thierry Aymes. Et si les gyms ont fait le boulot, les tribunes ont assuré leur part elles-aussi. Avec deux équipes en lice sur ces finales (voir encadré), les familles sont venues nombreuses pour encourager les Rouge et Blanc.

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 "On a aussi eu un peu de chance parce qu'on avait beaucoup de supporters avec nous, tous les parents, plus tous les gens qui voulaient nous voir en Top 12, donc on a eu le feu en tribunes. Ça a joué sur les gars aussi", glisse le coach. Un soutien de la part des membres de l'équipe 2, mais aussi des proches venus sur place pour encourager tout le monde. Et qui a fait du bien à tout le groupe. "Comme on est monté à deux équipes sur la compétition, tous les parents étaient là, on entendait tout le monde crier, eux, les autres copains qui avaient déjà matché, ça nous a vraiment motivé", précise Loris Racca. 

Une saison de haut vol

Cette montée en Top 12 vient valider un chemin emprunté il y a déjà longtemps. Tous ou presque ont été formés à l'Étoile de Monaco. De quoi donner une saveur particulière à cette réussite, chez l'entraîneur comme chez ses gyms. "C'est le plus gros objectif pour une équipe en France et y accéder uniquement avec des gyms du club, avec des gars avec qui je m'entraîne depuis 6 à 10 ans procure un sentiment encore plus fort", note Julien Gobaux, qui apprécie d'autant plus cette performance collective, "car c'est toujours mieux de partager un bon résultat, cette montée avec des potes, ça laisse de meilleurs souvenirs que ce qu'on peut accomplir seul.

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De son côté Lilian Piotte, un autre "historique" de l'équipe, a ressenti une "grande fierté de l'avoir fait, mais surtout de l'avoir fait avec eux." Un sentiment partagé par Romain Chapelle et Arnaud Dubien, les deux derniers arrivés dans l'équipe, même si Chapelle s'entraîne au club depuis 6 ans. "C'est un vrai moment de bonheur et avoir pu apporter ma pierre à l'édifice, c'est super. Il y avait une telle émotion après." Au-delà de cette grande performance, c'est tout un club qui a réalisé une superbe saison. 

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De quoi faire dire à Thierry Aymes qu'elle pourrait bien être la meilleure dans l'histoire de l'Étoile de Monaco. "On a eu 7 gamins au championnat de France à Auxerre, deux en Elite, dont Ju (Julien Gobaux) qui fait carton plein. On a aussi eu une équipe de petits qui a gagné le département, l'inter-département et la région. Ça montre qu'on a une super génération qui arrive. On a aussi l'équipe 2 des seniors, la Nationale B3, qui a fait un super match, sans aucune faute. On a fait les critérium du championnat de France, donc on a une vraie belle saison. C'est peut-être la plus grosse qu'on ait faite. Et ce qu'il y a de bien, c'est qu'on a été validé club formateur il y a 3 ans, ce qui est obligatoire pour monter en Top 12. Donc la démarche avec les petits paye aussi, elle est intéressante et il faut la faire. Notre boulot, c'est aussi de faire de la formation."

A eux le Top 12

C'est une grosse saison qui attend les plus aguerris des gyms l'année prochaine. Car si le Top 12 est acquis, ils vont devoir s'atteler à y rester. Et cela passera par un engagement de tous les instants, de la part des sportifs comme de leurs coaches. "Que ce soit pour les coaches ou les athlètes, ça va être une année hyper compliquée", annonce d'emblée Thierry Aymes. 

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Et pour cause. Avec une entrée en compétition en novembre au lieu de février habituellement, pas le temps de chômer pour l'équipe. Il faudra être prêt très vite. "Quand je vais commencer à travailler avec les petits sur de l'apprentissage d'éléments, les autres seront déjà sur les complets. On est dans un sport amateur mais il va leur falloir fonctionner comme des professionnels." Si l'année 2017/18 aurait pu être la dernière pour quelques gyms, la montée en Top 12 leur a forcément fait revoir leur copie. Tout le monde sera donc là pour la reprise, même ceux qui avaient dû lever le pied en raison de leur vie professionnelle, à l'image de Paul-Alexis Ranc, qui devrait pouvoir apporter son aide au groupe. Mais pour que tout se passe dans les meilleures conditions, il faudrait quelques aménagements. 

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"On ne sera plus sur une équipe de 6 mais de 12 gyms. Donc ça va demander de préparer 12 garçons, sachant que pour la compétition, on n'en prend que 8 et ils ne sont que 4 à matcher. Cela va faire que je serai moins disponible pour les petits et je vais en donner à Sébastien. Mais pour ceux qui vont monter, il faudra s'en occuper. Donc pour tourner correctement, il nous faudrait un coach en plus". Et l'arrivée en Top 12 va faire passer le club dans un fonctionnement quasi-professionnel. "On arrive dans un circuit pro, donc si on peut trouver des partenaires, ce serait une bonne chose comme ça on pourrait donner quelque chose à nos gars qui vont devoir s'investir encore plus, ce qui veut dire qu'il vont devoir s'entraîner plus, avoir moins de temps libre, pour leur famille, leur femme etc, moins de week-end aussi." Le club devra ainsi gérer le temps et l'espace pour que chacun puisse s'entraîner correctement, d'autant que le format de compétition qui les attend va changer avec l'arrivée au sein de l'élite. 

La gym en mode duels

Voilà plusieurs années que cela n'avait plus eu lieu. Pour la saison 2018/19, des compétitions de gym artistique masculine vont revenir en Principauté. Au minimum, il y aura deux étapes à Monaco, dont la première en novembre. "C'est acté, on recevra pour le premier match et la compétition se fera sur trois agrès, à savoir les anneaux, les barres parallèles et le sol", précise Thierry Aymes. A la différence des championnats nationaux par équipe des divisions inférieures, le Top 12 se joue sur des matches au format duels, comme l'explique le coach de l'Étoile. "Une semaine avant la rencontre, on doit donner 8 noms. Cela se déroule toujours sur 3 agrès et on présente 4 gyms par agrès. Il y a un tirage au sort pour savoir quelle équipe débute. Si par exemple, c'est nous, alors j'envoie mon gym en premier. Dès qu'il a fini son mouvement, l'équipe d'en face doit envoyer le sien dans les 10 secondes. Et c'est un duel entre les deux, celui qui gagne a 3 points, l'autre 1. S'il y a nul, 2 points chacun. Ensuite, c'est à eux de commencer et ainsi de suite.

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Et pour connaître leurs futurs adversaires, les Monégasques devront attendre le tirage au sort. Placés dans le chapeau C en tant que promus, ils affronteront forcément un chapeau B et un chapeau A (chaque chapeau contient 4 équipes). A l'issue des 4 premiers matches (confrontations allers-retours), les étoilistes, en fonction de leur classement, continueront ou non la compétition. "Si on finit 5,6,7 ou 8, soit 2e de notre poule, la saison par équipe est finie. Si on finit 3e de notre groupe, soit entre la 9e et la 12e place au général, il y a encore des matches pour se maintenir. Le 9e contre le 12e et le 10e contre le 11e. Et si on finit 1er de notre poule, il y a les matches pour le titre où le 1er rencontre le 4e et le 2e joue contre le 3e." De quoi assurer quelques rencontres supplémentaires à Monaco. Mais des matches qui n'auront pas lieu dans la salle où s'entraînent les Monégasques. "Ici on ne peut pas. Il y a un cahier des charges à suivre, avec par exemple un minimum de 700 places en tribunes, un éclairage particulier, etc. Donc l'idéal serait d'avoir le stade Louis-II ou la ZAC St-Antoine. Mais il n'y a pas d'ancrage là-bas, donc ce sera moins bien et plus compliqué à mettre en place.

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Matcher à domicile, de quoi motiver les garçons, d'autant que, comme pour cette année, la quasi-totalité de la troupe a été formée ici. "Il y aura le même groupe de garçons, avec ceux de la une et de la deux. On aura peut-être aussi un petit, s'il est très fort sur un agrès. On a Paul-Alexis Ranc qui va reprendre, et sur les anneaux, par exemple, il pourra nous aider. C'est l'avantage du Top 12, on peut faire venir un gym pour un seul agrès. Et notre avantage, c'est qu'on en a 12, alors que certains clubs n'ont pas assez de monde." Un point important, d'autant que le coach a toujours veillé à ce que ses garçons ne délaissent pas trop un agrès pour un autre. "Je suis derrière eux depuis 10 ans pour qu'ils fassent tous les agrès. Cela nous donnait un droit à l'erreur sur les DN, mais ce sera aussi une force en Top 12. Puisque là où certains clubs seront courts en effectif, nous, nous aurons du monde." Un groupe au complet donc, qui ne sera pas de trop pour aller chercher le maintien. Et pourquoi pas plus, sait-on jamais. Il se pourrait bien que cette bande de copains n'ait pas encore fini de briller… 

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Plus qu'une simple équipe 2

Leur performance a été quelque peu occultée par l'accession en Top 12 de leurs copains. Mais eux aussi ont signé une très belle sortie lors des finales nationales. Eux aussi sont au club depuis des années. Ils ont joué leur chance jusqu'au bout lorsque Thierry Aymes a fait passer des tests à ses gyms pour définir qui matcherait avec la une et qui serait en équipe 2. Et comme l'a souligné le coach, tous ont joué le jeu jusqu'au bout. "Si les gars de la première ont été aussi bon, c'est parce que ceux de la deuxième équipe les ont poussés à l'être. C'est pour ça que le Top 12 est une vraie victoire de groupe, et pas juste de l'équipe 1." Engagés sur la Nationale B3, Thomas Von Rompu, Yann Franc de Ferrière, Nicolas Pollano, Benjamin Niel, Andrea Velizone et Rafael Ferreira ont assuré de leur côté. "Ils ont terminé en 5e position, à un point du podium, mais ils ont fait le match parfait."


Ils ont emmené le club en Top 12

Lilian Piotte, 19 ans
Il est le plus jeune des six qui ont validé la montée en Top 12. Et pourtant, il fait aussi partie des plus anciens de l'équipe. "J'ai commencé la gym à 6 ans, ici, à l'Étoile de Monaco. J'avais fait deux ans de foot avant, je me débrouillais bien, mais l'entraîneur me criait dessus et je n'aimais pas trop ça, alors j'ai essayé la gym", glisse le jeune homme. Un essai concluant puisqu'il n'est jamais reparti. S'il y est venu sur les conseils familiaux, son grand-père et sa mère ayant eux-aussi pratiqué la gym, le benjamin de la bande a très vite accroché. "J'adore être à la salle, l'ambiance qui règne ici, les sensations gymniques. On a parfois l'impression de voler, comme lorsque je suis à la barre fixe (sa spécialité avec le cheval d'arçons)". Et pourtant, tout n'est pas toujours simple, notamment lorsque les blessures s'en mêlent. "J'en ai eu pas mal mais les copains ont toujours été là pour me soutenir, tout comme Thierry. J'ai eu une grosse blessure au sternum il y a quelques années, je pensais arrêter, mais il est venu me voir à l'hôpital, il m'a remotivé et j'ai repris petit à petit." S'il pratique donc la gym depuis 13 ans, Lilian mène aussi des études en électronique. Et s'il pourrait être amené à quitter la région pour les études, cela ne lui fera cependant pas quitter maniques et magnésie tout de suite.

Arnaud Dubien, 20 ans
Il a rejoint l'équipe en dernier. Arrivé cette année, il n'a cependant pas quitté son cocon natal puisqu'il vit toujours à Clermont-Ferrand. A 20 ans (21 en fin d'année), il est encore jeune dans le circuit de la gymnastique artistique masculine. Et pour cause. Il ne la pratique à haut niveau que depuis peu. "J'ai débuté assez jeune, je devais avoir 3 ans, mais à l'époque, ce n'était qu'un loisir. J'ai fait du trampoline, du ski et du rugby aussi, mais je suis finalement revenu à la gym", glisse le jeune homme. Avec des frères gymnastes, qui ont forcément eu une influence sur lui, Arnaud a aussi découvert la compétition lors de ces dernières années. "Je suis tombé sur un entraîneur qui était à fond dans le truc et je m'y suis mis très sérieusement lorsque j'avais 16 ans, en allant m'entraîner tous les jours." Une première DN6, les individuels chaque année, Arnaud fait ses armes et se découvre des aptitudes particulières pour le sol et le saut de cheval. "Ce sont les agrès sur lesquels j'ai concouru sur les DN1 cette année. J'étais assez stressé avant le premier agrès mais lors de mon passage au saut, j'étais plus détendu." Venu passer deux semaines avec le groupe avant la compétition, il a ainsi pu prendre plus de temps avec ses coéquipiers. "Mon coach était parti et ma petite amie connaissait Kevin et Loris. On a échangé et j'ai intégré le groupe. Tout s'est super bien passé et j'ai pris énormément de plaisir avec eux cette saison."

Loris Racca, 22 ans
Il a été l'un des artisans de la montée. Mais il pense toujours au groupe en premier. Souvent le mot pour rire, Loris Racca fait partie des gyms qui sont au club depuis plus de dix ans. "J'ai débuté en 2004, à l'âge de 9 ans", se rappelle, le natif de Nice, aujourd'hui en Master de Management du sport à l'Institut des Administrations et Entreprises (IAE) de Nice. Il avait pourtant lui aussi commencé par le foot, "mais j'étais nul et mes parents m'ont proposé de faire de la gym. Trois mois après, j'intégrais le groupe performance." S'il aime la diversité que propose la gym, grâce aux différents agrès, il ressent aussi parfois "de la peur. Il y a toujours plein de nouvelles choses à faire. Quand on réussit un nouvel élément, cela procure un plaisir immense." Si les compétitions individuelles ont leur importance, ce sont surtout celles en équipe qui comptent pour Loris. "Les indiv', c'est du bonus. Pour moi, la compétition de l'année, ce sont les DN. On voit souvent la gym comme un sport individuel, mais la logique de groupe et l'esprit d'équipe sont vraiment présents." Et grâce à un emploi du temps assez clément, il peut venir et s'entraîner sérieusement tout au long de l'année. "Je n'ai cours que le matin, donc ça me permet d'être là tous les jours, l'après-midi, et de pouvoir facilement mixer les deux." Et d'améliorer ses mouvements, notamment au sol comme au cheval d'arçons, ses deux agrès forts.

Romain Chapelle, 28 ans
Il fait partie des plus vieux du groupe. Mais à 28 ans, ce jeune papa de deux enfants n'a rien perdu de ses qualités, même s'il ne lui est pas toujours facile de jouer sur tous les tableaux. "C'est vrai qu'entre le boulot et la vie de famille, je ne peux venir m'entraîner qu'une à deux fois par semaine." De quoi lui permettre tout de même de se maintenir à un bon niveau de performance. Car Romain a longtemps visé le groupe France par le passé. Natif de la Drôme, voilà 22 ans qu'il s'exerce sur les différents agrès. S'il a matché pour la première fois en DN à 13 ans, il a cependant pratiqué football et gymnastique jusqu'à ses 17 ans. Quatre fois champion de France en individuel dans ses plus jeunes années, il a ensuite intégré le pôle France Lyon jusqu'à ses 18 ans. Après ses études, à la recherche d'un poste, c'est à Monaco que les choses se décantent. Arrivé ici pour exercer comme chargé d'études, celui qui est aujourd'hui responsable d'affaires en génie climatique a découvert l'Étoile de Monaco en même temps que la région. "Au départ, je venais juste m'entraîner ici et je continuais de matcher avec mon club de Lyon. Je venais filer un coup de main le samedi avec les petits, et puis j'ai finalement pris ma licence ici il y a deux ans." De quoi lui permettre de participer à une aventure qui va le mener en Top 12 dans quelques semaines.

Kevin Crovetto
26 ans
Le plus ancien de l'équipe. Kevin Crovetto est arrivé à l'Étoile de Monaco avant tous les autres, y compris avant le coach, Thierry Aymes. Mais c'est avec lui que le bonhomme a découvert la compétition et que la route du haut niveau s'est dessinée. Il nous l'avait confié avant de partir aux JO de Rio, en 2016, "il faut savoir se faire mal, et à un certain âge, on n'est pas forcément prêt pour ça. Pour moi, l'arrivée de Thierry et de la compétition, avec ce que cela demande comme investissement pour les entraînements, se sont faites au bon moment." De quoi lui conférer le statut de plus ancien de la bande. "Ça fait 20 ans que je suis au club et que je fais de la gym. Quand j'ai eu ma première titularisation dans l'équipe des grands, on était dans la 8e division française", se remémore le colosse. Et de mesurer tout le chemin parcouru. "Quand Thierry a repris le club, on n'était que 80 licenciés, il n'y avait pas grand monde dans le groupe performance, donc il a pris des jeunes qu'il allait faire monter et plus qu'une équipe de gyms, il a créé une famille. Aujourd'hui, on est en Top 12." Une progression de groupe, mais aussi personnelle, lui qui représente Monaco au niveau international. Titulaire du DEJEPS (Diplôme d'Etat de la Jeunesse, de l'Éducation Populaire et du Sport), il se destine ainsi à devenir entraîneur de gymnastique et, dans un second temps, coach sportif. Mais avant ça, un autre objectif approche. "Je me lance dans le projet de me qualifier pour les prochains JO de Tokyo en 2020."

Julien Gobaux
27 ans
C'est le plus vieux des six, avec Romain Chapelle. "Juju", comme tout le monde l'appelle n'est pas du coin. Il vient de Soissons. Mais cela fait plus de dix ans qu'il est ici. Et se rapproche même des quinze années passées sur la Côte d'Azur. C'est lors de la saison 2006/07 qu'il rejoint l'Etoile de Monaco, après que Thierry Aymes lui ait proposé de venir au club. Un club qu'il n'a plus quitté depuis, et où il a trouvé une seconde famille. S'il remonte quand il le peut voir ses proches, sa vie est désormais ici et se partage entre Antibes et Monaco. Devenu un des leaders en équipe de France, Julien a récemment frappé très fort lors des derniers championnats de France élite avec 5 titres et une médaille de bronze. A Tarragone, lors des Jeux Méditerranéens (voir p. 14-21), il a à nouveau brillé, obtenant des notes quasi-similaires à celles qu'il a eu lors des DN1 qui ont permis à l'Étoile de monter en Top 12. Une montée qui a procuré une joie immense au bonhomme. "Partager un titre, c'est toujours différent, surtout quand on partage ça avec des potes, c'est vraiment quelque chose qui restera ancré." Avec les championnats d'Europe en août et les Monde en octobre, les semaines et mois à venir s'annoncent chargés pour celui qui ambitionne d'intégrer un jour le cirque du soleil. "Je vais prendre les échéances les unes après les autres et je garde en tête les JO de 2020, mais je n'oublie pas non plus ce qu'il y aura avant, notamment le Top 12 avec le club".