Le gymnaste antibois Samir Aït Saïd champion d'Europe

Cette médaille a dû être un grand bonheur…

Quand on fait du haut niveau, ce n'est pas facile tous les jours, il y a des moments de creux. Et puis il y a ces moments extra. Être sur la plus haute marche du podium, entendre la Marseillaise… Par la suite, il y a eu pas mal de sollicitations des médias, c'était sympa. Hier soir (jeudi 25 avril, ndlr), une petite réception a été organisée pour moi au club, à Antibes. Il y avait la famille, les amis, mes entraîneurs. Tous les gens qui m'ont poussé vers cette médaille. Je suis devenu le premier Antibois sacré champion d'Europe. Dans un club qui a vu passer Benjamin Varonian, Éric Casimir et tant d'autres, ce n'est pas rien.

Te sens-tu en mesure de réitérer la même performance à Anvers (Belgique), aux championnats du monde, début octobre ?

Oui, je me sens capable d'affronter les meilleurs, je me dis que j'ai toutes mes chances. Je n'ai jamais fait de podium à ce niveau. Mais en 2011, j'avais terminé vice-champion du monde universitaire, en Chine. La compétition était très relevée, c'était le Brésilien Arthur Zanetti, le champion olympique à Londres, qui avait gagné. Je l'ai déjà battu, j'y crois.

Avec l'Olympique d'Antibes, tu as terminé troisième des championnats de France par équipe. Que représente ce classement ?

Pour nous, c'est une fierté de finir sur le podium. En face de nous, on a des clubs qui recrutent des gymnastes étrangers. Tandis que de notre côté, on évolue seulement avec des Français. 

Cela fait plusieurs années que tu fréquentes la sélection nationale. Est-ce que ton rôle est en train d'évoluer ?

J'ai accumulé pas mal d'expérience, j'arrive à mieux gérer les moments de doute pendant une compétition. À Moscou, j'ai essayé de prendre Guillaume Augugliaro (11e du concours général) sous mon aile. Il est souvent venu dans ma chambre pour discuter. C'est un jeune qui fait partie du club d'Antibes, il disputait sa première compétition internationale. Au niveau de l'équipe de France, il y a une nouvelle dynamique qui se crée. Notre entraîneur, Laurent Guelzec, est parti entraîner la Suisse. Son adjoint, Sébastien Darrigade, l'a remplacé. Et Philippe Carmona, qui était basé au pôle France d'Antibes, nous a rejoints.

Les Jeux de Rio 2016 sont-ils déjà dans ton esprit ?

Oui, forcément un peu. J'aurai 27 ans, je pense que je serai à une bonne période de ma carrière à ce moment-là. Ça me donne envie d'y être. Après, je pense aussi à ma reconversion. Je viens d'être accepté dans une école de kiné, je vais démarrer en septembre. Mais je n'ai pas l'intention d'arrêter tout de suite après les Jeux, ce ne sera pas encore la ligne d'arrivée pour moi.

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