Les seniors à l'assaut du Mont Agel

Le 7 avril dernier, le Monte-Carlo Golf Club a accueilli la première étape d'un tour de huit manches qui mettent à l'épreuve les golfeurs seniors du département. Un rendez-vous placé sous le signe de la convivialité et de la bonne humeur.

Il est 9 heures ce matin-là. Comme à l'accoutumée lors d’une compétition, c'est l'effervescence au Monte-Carlo Golf Club. Alors que les premiers rayons de soleil lèchent le Mont Agel, les derniers golfeurs arrivent petit à petit, au gré des aléas d'un trafic très chargé en ce vendredi matin à La Turbie. 

Aujourd’hui, ce sont les séniors hommes et dames que l’on retrouve sur le parvis de l'institution monégasque, venus participer à la toute première étape du Senior Tour, organisé par le Comité Départemental des Alpes-Maritimes. Une manche couplée pour l'occasion avec la Coupe Cote Magazine – Chevro. Ce tournoi de huit manches est devenu en quelques années un rendez-vous annuel prisé par les adeptes de la discipline. "Il a lieu tous les ans à cette période-là, début avril", souligne Charles Houtart, directeur du Monte-Carlo Golf Club. "On a de plus en plus de succès. Pour cette édition, il y avait 20 golfeurs sur liste d'attente." 

Le parcours affichait donc complet. 72 seniors étaient venus de tout le département pour en découdre : Royal Mougins, Nice, Mandelieu… sans oublier les membres du club monégasque. Une quinzaine au total qui jouaient à domicile. Répartis en équipes de quatre, en fonction de l'index de chacun, tous se voyaient attribuer un trou de départ. La formule idéale pour permettre à tous de commencer et de finir le parcours au même moment et se rejoindre ensuite au déjeuner organisé par le club, juste avant la remise des prix !

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18 par 71

Mais avant de faire une démonstration de son swing, place à la traditionnelle photo sur les marches du Club House, suivie du briefing de départ du directeur du club. "La compétition est organisée par la Fédération Française de Golf. On ne placera donc pas la balle, c'est un stableford (méthode de décompte des points). Les dames joueront des boules rouges, les messieurs des boules jaunes (repères). 4 h 30 maximum de jeu", rappelle le directeur, suscitant quelques sourires au sein de son assistance. "Non je ne rigole pas. Les commissaires seront là pour vous faire accélérer. Vous pouvez regarder le paysage, mais pas trop !", termine-t-il avant que ce petit monde ne se disperse, en voiturette ou à pied en vue de rejoindre le départ. Pour notre part, c'est avec Hervé Lanouilh, commissaire de l'événement, que nous partons arpenter le 18 trous par 71 du club monégasque. 

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Par 71 ? Stableford ? Quèsaco ? Au golf, si le parcours est unique, les formules de jeu, elles, sont multiples. Et varient d'une compétition à l'autre. En stableford, les points sont comptés en se basant sur le nombre de coups théoriques initialement fixés pour un trou ou un parcours, soit le "Par". Celui-ci "est défini par la distance, la longueur et la difficulté par rapport aux obstacles. Ce sont des règles standards établies, reconnues internationalement", rappelle Frédéric Ruffier-Meray, professeur au club. Le vainqueur est alors celui qui engrange le plus grand nombre de points. En brut tout du moins. Le net, lui, est le résultat d'un savant calcul, ajusté en fonction de l’index des joueurs et de leur handicap. Histoire de mettre tout le monde sur un pied d'égalité. D’autant que sur le parcours, si tous les joueurs sont amateurs, quelques beaux swings étaient au rendez-vous. "Certains golfeurs sont quasiment identiques au parcours, voire un ou deux coups au-dessus. Le niveau est assez relevé”, précise Frédéric.

Convivialité et humilité

Pour parcourir les 55 hectares vallonnés du Monte-Carlo Golf Club, rien ne vaut la voiturette. Nous avons d'ailleurs une pensée pour ceux qui transportent leurs sacs d'un trou à l'autre, sous un soleil qui se veut de plus en plus chaud. D'autant que l'heure n'est pas à l'observation de la grande bleue qui se déroule au pied du parcours. Alors que nous sommes occupés à immortaliser ces beaux moments de swing, le commissaire veille au bon déroulement des opérations. "Deux petites recommandations : allez plus vite et ne marquez pas lorsque la balle n'est pas sur la ligne de jeu", lance-t-il aux quatre participants du trou n°5. Alors que les quatre golfeurs passent au trou suivant, on demande une explication. "Il faut qu'ils gardent la cadence par rapport à ceux de devant et non pas à ceux de derrière", précise Hervé. "Quant à la marque, lorsque les balles sont près du trou, les joueurs en mettent une au sol, généralement une pièce, et relèvent la balle. Si celle-ci n'est pas dans la ligne de jeu d'un autre joueur, on peut ne pas marquer, car c'est vite 30 secondes de perdue." 

Pourtant sur les terrains, pas de panique. Si les plaisanteries et les compliments sont au rendez-vous, à chaque tir, c'est la concentration et le silence qui sont de mise. On observe la typologie, on évalue la distance, on répète son swing. Pas question de louper son coup. Et tout roule sans accroc. Parfaitement synchronisées, les dix-huit équipes se succèdent, tandis que nous nous dirigeons vers l'autre versant du parcours, côté montagne cette fois. "Les montagnes enneigées font un parfait décor", nous lance Hervé, alors que l'on garde l'appareil photo à portée, toujours prêt à dégainer. Le trou n°12 offre effectivement un point de vue imprenable. Tant sur son parcours que sur la nature avoisinante. 

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A proximité du green, on y retrouve Philippe Labouyrie, sa balle idéalement placée à portée du trou. Dommage, le coup aurait été presque parfait, si seulement elle avait atterri sur le bon terrain. "Aujourd'hui, c'est une cata ! Je ne mets pas une balle droite sur mes grands coups, qui d'habitude sont un de mes points forts. Je ne trouve pas mon rythme…" explique-t-il, avant de lancer un "Ça va toi ?" à un collègue de l'équipe en jeu, qui ne semble pas plus en veine. "Ce n'est pas grave, on a le soleil ! ", relativise le Niçois, que l'on retrouvait à l'issue de la compétition, en tout début d'après-midi. S'il n'a pas eu plus de chance sur le reste du parcours, "en ne jouant pas trop bien, j'ai quand même réussi à scorer. Aujourd'hui, je n'étais pas bien dans mon stance (l'alignement des pieds qui influe sur celui du corps). Cela arrive, c'est ça le golf. Certains jours, on joue très très bien, d'autres moyennement et il y a des jours où on joue très mal. Le golf rend humble", souligne celui qui est paysagiste dans la vie. "Et même si on joue mal, quand on a un beau temps comme celui-ci et un beau parcours, au moins on a passé un bon moment". 

Un avis partagé par Gérard Castellana, membre du Monte-Carlo Golf Club, qui évoluait ce matin-là entre amis, puisque son équipe était 100% monégasque. "C'est un plus", et surtout une première pour ce fidèle de la manifestation. "C'est toujours une très belle compétition, surtout pour des seniors qui allient le sport, le jeu, la qualité de jeu. C'était exceptionnel", explique celui qui pratique la discipline depuis quatre ans "en dilettante, pour la convivialité".

Et c'est encore cet état d'esprit que l'on retrouvait au menu au Club House, où tout ce petit monde se retrouvait autour d'un repas bien mérité avant la remise des prix. Et quelle remise de prix ! Avec un voyage à l’Ile Maurice, un séjour ou encore des équipements de luxe, les partenaires de l'événement n’avaient pas lésiné sur la dotation. De quoi alimenter la compétitivité sur les greens !

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