Dossier

Jules Bianchi : l'avenir en F1 lui appartient

"Un très bon aura toujours sa chance"

En 2012, ses partenaires, pas forcément plus en vue que lui, ont rejoint le monde fantasmagorique de la F1. Jules Bianchi, lui, continuait à jouer les pilotes essayeurs. Après Ferrari, ce fut Force India. En parallèle, une saison supplémentaire en Formule Renault 3.5 conclue au deuxième rang (après deux années en GP2 Series terminées en troisième place au général) lui permettait de ronger son frein. 

Quand Pic, Grosjean et Vergne ont eu un volant en F1, l'intéressé a tout de même avoué avoir accusé le coup. "Je vous mentirais si je vous disais que j'ai passé un hiver merveilleux. J'étais content pour eux, mais ça m'a touché."

Mais pas coulé. Car le pilote au filet de voix juvénile a l'œil de ceux qui voient loin, qui s'apprêtent à disputer les plus rudes batailles sans frémir. On loue son talent, son sens de l'attaque et son autorité ? Il parle constamment de travail et d'humilité. 

Dans sa tête, une phrase du grand Prost à propos des coureurs qui n'auraient pas l'occasion de démontrer toutes leurs qualités au plus haut niveau, résonnait peut-être : "Le scénario du plus pur talent qui ne parvient pas à percer, je n'y crois pas une seconde. Car un très bon aura toujours sa chance."

"Pas la meilleure solution, mais…"

Jules Bianchi, lui, n'a jamais semblé en douter depuis ses premiers pas en karting, à l'âge de 3 ans et demi. Même quand la route devient plus sinueuse que prévu, il se contente d'avancer avec entrain. Il trouve un baquet dans une équipe réputée faiblarde ? Pas de problème, il tire le meilleur de sa monoplace, comme lors du Grand prix inaugural, à Melbourne. 

Parti du dix-neuvième rang, le Français termine la course (ce qui n'est pas acquis au volant d'une Marussia) en quinzième position. La suite est à l'avenant : treizième en Malaisie, quinzième en Chine et dix-neuvième au Bahreïn, il a à chaque fois fait mieux que son coéquipier.

Nicolas Todt, lui, estime que son poulain a toutes les clés en main pour progresser dans les rangs de l'écurie anglo-russe. "Le choix de Marussia n'est pas forcément le bon. Mais, à un moment donné, un pilote doit décider d'entrer dans l'arène. Il doit engranger des kilomètres, se frotter au peloton, travailler la stratégie de course, les changements de roues, mémoriser tous les circuits, participer aux choix techniques, au développement de la monoplace." 

Désormais, les pronostics vont bon train sur la probabilité de voir Bianchi hériter de la place de Felipe Massa au sein de Ferrari, qui le couve depuis ses premiers pas. 

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