Dossier

Jules Bianchi : l'avenir en F1 lui appartient

Âgé de 23 ans, le natif de Nice est l'un des quatre pilotes français engagés en F1 cette année. Membre d'une famille où le sport automobile fait partie des gènes, très vite remarqué pour son coup de volant peu commun, Jules Bianchi découvre le championnat du monde depuis le fond de grille, au sein de la petite écurie Marussia. Le meilleur moyen de faire ses armes avant d'entrer dans les hautes sphères ?

Et pour quelques (millions de) dollars de plus, le beau rêve aurait pu virer au cauchemar. Le p'tit Jules serait resté pilote d'essai, jamais transformé en bête de course, condamné à tourner en rond afin que tout soit carré pour un autre. Un compétiteur aussi doué pour passer les rapports que pour allonger la monnaie. 

C'est sans doute le cas d'Adrian Sutil, qui a soufflé le siège de Jules Bianchi chez Force India, grâce à sa capacité à rameuter des sponsors. L'Allemand aurait fait pencher la balance en sa faveur grâce à un apport de 8 millions d'euros. 

Mais en F1, tout file à une vitesse folle. À peine le temps de ravaler sa rancœur et Bianchi déboulait chez Marussia. L'ironie du sort ? C'est que le Frenchie au patronyme fleurant bon l'Italie, tout de même soutenu par Ferrari et la Fédération française du sport auto (FFSA), a hérité du poste initialement réservé au Brésilien Luis Razia, évincé en raison de ses poches pas assez pleines. 

Aligné aux côtés d'un autre novice à ce niveau, le Britannique Max Chilton (21 ans), Jules Bianchi aurait réussi à rassembler 5 millions grâce à ses différents sponsors, comme l'affirme le magazine anglais Autosport. Mais l'accord scellé entre l'écurie et le jeune talent est resté secret. On ne parle pas d'argent en F1…

Très tôt, des louanges pour le "nouveau Prost"

Promis, nous n'en parlerons pas plus longtemps. Et ce n'est peut-être pas plus mal. Car bien avant que les inévitables histoires de gros sous arrivent, certains avaient décrété que le petit Jules, qui a fait ses armes sur les circuits Paul-Ricard du Castellet et Jean-Vial de Brignoles, avait de l'or entre les mains. 

Quand il a validé son ticket chez Marussia, l'une des plus modestes écuries du plateau (58 courses avant d'aborder 2013, aucun point inscrit depuis sa création en 2010), d'aucuns se sont empressés de rappeler que d'autres futurs cracks avaient débuté en fond de grille. Des noms ? Schumacher chez Jordan, Alonso chez Minardi, Vettel chez Toro Rosso…

Il faut dire que cela fait déjà un bout de temps que le "rookie" est sujet à des comparaisons flatteuses. À la suite de nombreux coups d'éclat en karting, l'adolescent qui résidait alors dans le Var a tapé dans l'œil de Nicolas Todt. Fils de l'actuel président de la Fédération internationale de l'automobile (FIA), celui-ci a pris sous son aile Bianchi, dont il gère la carrière. 

En 2009, l'agent fait preuve d'entregent et ouvre au Brignolais d'adoption les portes de la mythique Scuderia Ferrari. Il est même le premier à signer un contrat dans la nouvelle académie développée par le constructeur italien. Il n'en fallait pas plus pour que l'on fasse du jeune espoir le nouveau Prost, dont Jules avait suivi les traces en réussissant à remporter le titre en Formule Renault dès sa première saison, en 2007. 

Le "Professeur" Prost n'allait pas jusqu'à en faire son successeur, mais il ne tarissait pas d'éloges sur le garçon. "Il a beaucoup de potentiel, il est sur une très bonne voie. C'est l'un des pilotes à suivre dans les prochaines années, voire les prochains mois. Il a la tête sur les épaules, ça devrait pouvoir le faire."

Également passé par l'écurie au cheval cabré, avec laquelle il a pris le départ de 79 Grands prix, Jean Alesi brossait un portrait évocateur de Bianchi. "C'est un tueur, qui prend la piste comme on monte sur un ring, pour tenter le K.O". Capitaine de l'équipe de France FFSA, l'ancien pilote avait pu observer de près les capacités du Sudiste, qui côtoyait déjà Charles Pic et Jean-Eric Vergne au sein de cette structure.

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