Tout de rouge vêtu

Un doublé pour Ferrari sur les deux plus hautes marches du podium, de la déception pour Charles Leclerc en Formule 2, une sortie de route spectaculaire pour Pascal Wehrlein, le Grand Prix de Monaco version 2017 a tenu ses promesses.

Sea, sun, speed and girls. Tel pourrait être le slogan qui a rythmé les 4 jours de Grand Prix dans la cité monégasque. Sea, le cadre en bord de mer offrant des vues uniques dans le milieu du sport automobile. Sun, car il a régné un soleil de plomb tout au long du séjour des monoplaces en terres princières. Le speed tombe lui aussi sous le sens, les pilotes ayant fait montre de l'étendue de leur talent, volant en main, pour battre à plusieurs reprises le record du tour entre essais libres et qualifications, notamment. Girls, tant le sourire des jeunes filles présentes sur la grille, comme celui des représentantes de la gent féminine en tribunes ont su accaparer les objectifs des photographes, pourtant rivés sur la piste. Une piste sur laquelle le spectacle a bel et bien eu lieu, même si les choses ont mis du temps à s'emballer. Il y a bien eu quelques accrocs, notamment lors des essais, où Esteban Ocon s'est encastré de façon spectaculaire dans les tecpros devant la Brasserie, mettant les commissaires à rude épreuve pour sortir le véhicule. Ou des surprises, comme lors des qualifications lorsque Lewis Hamilton a été éliminé dès la Q2, pour se retrouver en 13e position sur la grille de départ. Mais cela a surtout montré le bon regain de forme de Ferrari cette saison, avec une première ligne 100% dédiée à la Scuderia, Raikkonen devançant légèrement Vettel à l'issue des qualifications.

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La remontée d'Hamilton, le doublé pour Ferrari

Longtemps, ce 75e Grand Prix s'est déroulé sans grands chamboulements. Pas de crash ou de safety car de sortie, seul Lewis Hamilton faisait le show en milieu de peloton, grattant une à une les places qui le séparaient de la tête (13e au départ, 7e à l'arrivée). Au coude à coude, Raikkonen et Vettel n'allaient pas se faire de cadeau, bien que courant sous les mêmes couleurs. Et le premier tournant de la course est intervenu au 40e tour, lorsque l'Allemand est ressorti des stands devant son coéquipier, gardant ainsi sa première place jusqu'au bout. Le Finlandais n'avait d'ailleurs pas l'air très heureux à l'issue de la course, tout le contraire de Vettel qui signait son deuxième succès à Monaco en sautant comme un cabri sur le nez de son bolide devant la loge princière. Mais avant de franchir la ligne d'arrivée, alors que la course se déroulait sans encombre, les accrochages se sont succédés obligeant la safety car à sortir. Au 61e tour, Jensen Button, pigiste d'un Grand Prix chez McLaren, touchait la roue arrière-gauche de Wehrlein qui terminait voiture sur la tranche, tête contre le mur de sécurité juste avant l'entrée du tunnel. Un accident spectaculaire où il y eut plus de peur que de mal pour le pilote de Sauber. Avec 7 abandons dont 6 après le 60e tour, la fin de course a été mouvementée. Mais n'a pas empêché Ferrari de s'offrir un doublé sur le podium, une première pour la Scuderia depuis 2010 et le Grand Prix d'Allemagne. 

Week-end noir pour Charles Leclerc

Si le week-end a été bon pour Ferrari, il n'en a pas été de même pour leur petit protégé installé dans l'antichambre de la F1. Voiture aux couleurs de la Principauté, numéro 1 sur le dos, le Monégasque Charles Leclerc (Prema Racing) avait à cœur de briller sur ses terres pour son premier Grand Prix. Au volant de sa Formule 2, dont il domine le championnat pour sa première saison (sacré en GP3 l'an dernier), tout avait pourtant bien commencé pour lui. Des essais concluants, une pole position acquise à l'issue des qualifications. Des débuts de rêve en somme, qui auraient logiquement dû se poursuivre jusqu'au podium pour celui qui est promis à un bel avenir dans le milieu de la monoplace. Mais les choses ne se passent que rarement comme prévu, et le local de l'étape en a fait les frais. Très bien parti lors de la course 1, il avait même réussi à creuser un bel écart sur ses poursuivants, montrant ainsi que Monaco plus qu'un autre circuit pouvait devenir son jardin. 

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Mais après un arrêt aux stands un peu trop rapide, le jeune homme a surtout été victime d'un problème mécanique sur sa roue avant gauche, qui l'a forcé à l'abandon. Tête baissée et visage fermé, il quittait l'habitacle de son véhicule, réconforté par Nicolas Todt. En 17e position sur la ligne de départ pour le sprint le lendemain (30 tours), Leclerc était bien décidé à remonter ses poursuivants pour s'offrir le meilleur classement possible. Mais après un premier accrochage dans le virage de la Rascasse, qui a contraint Norman Nato à l'abandon, le pilote de 19 ans a une nouvelle fois dû jeter l'éponge au 20e tour. De quoi laisser place à de la déception et de la frustration chez lui. Malgré tout, les belles promesses entrevues depuis le début de saison nous assurent d'une chose, il devrait bien avoir une chance de se rattraper dans les années à venir. Peut-être dès l'an prochain ? Reste à savoir si ce sera en Formule 2 ou dans la catégorie reine… 


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