Dossier

Les Dauphins de Nice dans le grand bain

Guerre des tranchées

Sur la touche, le coach niçois, Fred Chameroy, savoure quelques secondes et rameute ses troupes. Visière sur la tête, tenue imperméabilisée, le technicien tient tout son monde avec poigne. 

Ceux qui ne sont pas sur le terrain trépignent le long de la ligne, accompagnent leurs potes de la voix et du geste. Ils sont une bonne vingtaine à attendre. Pas le déluge, qui est déjà arrivé. Les photographes se protègent tant bien que mal, les pieds solidement plantés dans la gadoue. 

Sur le terrain, c'est la foire d'empoigne. Les duels sont intenses, les contacts sont rudes. De temps à autre, un homme reste plus longuement à terre. Tout le monde est recouvert de boue, ambiance guerre des tranchées. Le son des casques qui s'entrechoquent glace le sang, électrise la foule aussi. 

Les Dracs (dragons en catalan) de Badalone parviennent à plaquer (à le sacker dans la langue de Barack Obama) le quarteback niçois dans sa propre zone d'en-but. On nomme cette action un safety. 7 à 2.

Un éclair nommé Couvin

Nice doit ensuite s'employer pour repousser les assauts espagnols juste avant la mi-temps. Dans les gradins, on tient la forme. Hot dog en mains, ça vanne les joueurs à tout-va : "Oh, enlève les moufles, Gilbert ! Et arrête les chips…" 

Alors que les deux équipes s'apprêtaient à regagner les vestiaires, les Dauphins parvenaient à accroître leur avance. À la réception d'un punt (un coup de pied de dégagement effectué par l'adversaire), Anthony Couvin surgissait et entamait un rush de 48 yards, direction la end zone. 

Arrivé à Nice à l'intersaison, champion de France l'an dernier avec les Spartiates d'Amiens et passé par la ligue canadienne, Couvin justifie toute la confiance placée en lui. 

Face à des Dracs qui commençaient à sévèrement tirer la langue, il ne fallait que quatre minutes dans le troisième quart-temps à Guillaume Pallanca pour marquer le troisième touchdown de son équipe. Une "trahison", puisque celui-ci portait encore les couleurs catalanes il y a quelques mois de cela. 20 à 2, l'affaire semble entendue. 

Retour de flamme

La suite est tactique, hachée. Les corps accusent le coup et certains restent sur le carreau. Pour ce grand gaillard blond au cou tatoué, c'est déjà le troisième passage par la case "pompiers". 

A l'abri sous un banc, ces derniers réconfortent le blessé à leur manière. "Oh, encore toi ? C'est toujours le même qu'on voit !" "Eh, celui-là, on va lui faire une carte de fidélité !" L'intéressé garde le sourire, malgré son tibia amoché.

Fred Chameroy veut que tout le monde participe à la fête et lance la plupart des membres de son roster (son effectif) sur la pelouse détrempée. À la 43e minute, Badalone profitait du relatif relâchement des Niçois pour inscrire un touchdown, grâce à une passe de 30 yards de Beltran pour Brugnani. 

Le match se terminait sur le score de 20 à 8. Un écart qui ne satisfaisait que moyennement le coach Chameroy, qui aurait aimé disposer d'une marge plus confortable avant le match retour (le 27 avril en Espagne, en dehors de nos délais de bouclage). 

Les spectateurs, eux, étaient aux anges. Les Catalans, plutôt fair-play, s'offraient une belle glissade sur le ventre collective en guise d'adieu aux Arboras. Rafraîchissant, ce samedi en mode foot US  !

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