Dossier

Les Dauphins de Nice dans le grand bain

Pour la première fois de leur histoire, les Dauphins de Nice jouaient une rencontre de coupe d'Europe aux Arboras, le 23 mars dernier. L'occasion rêvée pour mettre un pied dans le foot US, revisité à la sauce nissarte. Let's go !

Il paraît que le printemps devait repointer le bout de son nez. Il paraît… C'est bientôt la fin de l'après-midi, on prend la direction du stade des Arboras, coincé entre l'interminable route de Grenoble, son serpentin bruyant d'autos lancées à toute blinde, et la fac de sport, déserte ce jour-là. 

Le quidam, qui passe par là, pressé d'aller remplir son chariot dans le centre commercial voisin, ne se doute pas de ce qui se trame. Il ne sait pas que dans quelques minutes, les Dauphins de Nice, vont vivre l'un des moments les plus intenses de leur jeune histoire. 

Ce soir, c'est coupe d'Europe pour les footballeurs américains du coin, récompensés de leur belle saison 2012, conclue par une défaite en demi-finale du championnat de France Elite. 

Un ciel d'encre accueille les joueurs azuréens et leurs adversaires, les Catalans de Badalone. Sur le parking, ça grouille, ça s'apostrophe. Comme dans les films américains, on pensait voir des familles boulotter des saucisses sur un barbecue fumant à l'arrière d'un pick-up rutilant. 

On se contentera de filer entre les gouttes pour rejoindre notre siège, après avoir salué le président Jean-Luc Donivar, le "boss" des Dauphins (lire par ailleurs).

La ruche en action

À l'entrée, on voit les bénévoles s'agiter dans tous les sens, gérer une dizaine de problèmes à la fois en gardant la pêche. Les forces vives sont toutes là, on se croirait dans une ruche. 

Badge bien en évidence, chacun a bien l'intention de faire de ce match d'EFAF cup (European federation of American football) un soir pas comme les autres. Ça a plutôt l'air d'être le cas. 

Plusieurs centaines de spectateurs ont déboursé cinq euros pour entrer dans un univers dépaysant. Ici, on compte les yards, on applaudit la course folle d'un wide receiver et on attend fébrilement le touchdown libérateur. 

Autant dire qu'avec notre calepin de premier de la classe, on n'en mène pas large dans les coursives des Arboras. Pour le profane, le football américain peut paraître aussi incompréhensible qu'un accent texan. 

Et c'est ça qui est bon. L'impression d'arriver en territoire inconnu, de ne pas voir pour la énième fois les mêmes images qui nous collent à la rétine.

Il commence à caler sévère sur la pelouse des Arboras, qui n'en demandait pas tant. Les joueurs non plus, à vrai dire. Mais on n'arrête pas de pareils costauds casqués avec quelques gouttes d'eau. Pas aujourd'hui. 

L'hymne espagnol retentit en premier dans le stade, suivi de "La Marseillaise" et d'un petit coup de "Nissa la bella". La fanfare locale s'en donne à cœur joie et le mélange prend bien  : une météo écossaise, un sport yankee, des envolées "d'aqui" et un slogan franglais que n'aurait pas renié Nelson Monfort, "Let's go, Dauphins !"

En terre promise

C'est parti pour quatre périodes de douze minutes. Les Niçois, poussés par un public qui tente de se réchauffer en donnant de la voix, entament le premier drive. Ce sont eux qui ont la possession de balle et qui ont donc la possibilité d'ouvrir leur compteur. 

À la baguette, il y a le quarterback (QB pour les fadas du tableau noir). C'est lui qui mène le jeu de son équipe, distribue les offrandes et initie les courses. Dans les films, c'est toujours celui qui sort avec la plus belle fille du lycée. La classe, quoi.

Celui des Dauphins, se nomme Joe Scibilia. Un Américain, un vrai, venu tout droit de l'État de New York. Les conditions de jeu, de plus en plus hostiles, n'incitent pas aux grandes envolées. 

Mais patiemment, le numéro 7 niçois organise, ventile. Sept minutes après le coup d'envoi (en temps de jeu effectif, sans les multiples coupures, car l'horloge tourne depuis vingt bonnes minutes), le public peut rugir. Touchdown ! 

Le numéro 81, Anthony Couvin, vient d'entrer dans la "end zone", cet espace gazonné que les rugbymen d'à côté appellent la "terre promise". 7-0 en faveur des Dauphins (six points pour le touchdown, un pour la transformation réussie).

Page 1/2

Vous aimez cet article, partagez-le :

   
Photos

Les mots du foot us

Yard : c'est l'unité de mesure utilisée dans le football américain. Un yard équivaut à 91,44 centimètres.

Goal line : Ligne qui matérialise le début de l'en-but, située à 50 yards du centre du terrain.

End zone :  Zone d’en-but de 10 yards qui se situe de chaque côté du terrain.

Touchdown : C'est ce qu'on appellerait un essai au rugby. Pour inscrire un touchdown (TD), il faut franchir la "goal line" avec le ballon, ou réceptionner une passe dans la "end zone". Un TD vaut six points. Une transformation au pied réussie en rapporte un de plus.

Huddle : Entre chaque action de jeu, les équipes effectuent un rassemblement tactique d'une durée de 25 secondes.

Playboook : C'est le "plan de bataille" d'une équipe, un document qui recense toutes les tactiques employées par une équipe. Les joueurs doivent le
connaître par cœur.

Down : Une tentative. Pour avancer dans le jeu, l’équipe qui attaque dispose de quatre downs pour parcourir 10 yards. Si elle n'y parvient pas, la balle passe à l’équipe adverse.

Snap : C'est le geste qui démarre chaque action (jeu). Un joueur placé au centre de la ligne d'attaque passe le ballon entre ses jambes, en direction du quarterback.

Roster : C'est l'effectif d'une équipe, il peut grimper jusqu'à 45 éléments. On distingue ceux qui sont membres de l'escouade offensive ou de l'escouade défensive. Près d'une trentaine de postes différents les composent. Sur le terrain, on s'affronte à 11 contre 11.

Tackle : Lorsqu'un joueur plaque un adversaire. Si la victime de ce placage est le quarterback, avant qu'il ait pu lancer la balle, cela s'appelle un "sack".

Fumble : Ne plus avoir le contrôle du ballon avant d’avoir posé un genou au sol. L’équipe qui ramasse le ballon en premier récupère la possession à l’endroit où le ballon est récupéré.