"Seul, un consultant ne sert à rien"

Présent au Sportel pour assurer la quotidienne du Moscato Show, qui avait pris ses quartiers au Grimaldi Forum, Eric Di Méco sait se montrer aussi incisif à l'antenne que ses tacles l'étaient il y a quelques années.

L'accent est toujours là. Le sport aussi, à en juger par la taille de ses bras. Et le verbe est toujours haut chez l'ancien latéral gauche de l'OM et de l'AS Monaco. Liberté de ton, rapports avec les joueurs, Di Méco détaille. Calmement. Pour une fois.

Prenez-vous autant de plaisir en tant que consultant que lorsque vous étiez joueur ?

Tout à fait. C'est quand même une chance après avoir fait le métier que j'aimais le plus au monde. Et pouvoir rester dans ce milieu-là, en étant dans les médias, avec un poste un peu privilégié, parce que quand je pars sur les matches de Premier League, on y va dans des conditions superbes. Je prends toujours autant de plaisir à aller voir un match de foot, être proche du terrain, côtoyer les acteurs, revoir d'anciens potes ou entraîneurs.

On peut parler de métier passion à ce niveau-là ?

Oui, c'est comme pour les entraîneurs. On ne peut pas faire ce métier là uniquement parce qu'il faut bouffer (sic). Ça demande du travail c'est sûr, mais ce sont des métiers passion. Sans ça, je ne pense pas que cela puisse marcher. Pour être consultant, il faut aimer le foot, aimer regarder les matches. En plus, je suis d'autres sports parce qu'à la radio, on parle de différentes disciplines, donc pour moi c'est une vraie passion. Je n'ai pas l'impression de bosser.

Sur le terrain, vous aviez la réputation d'être "dur sur l'homme". C'est un peu pareil à la radio. Si vous aviez eu quelqu'un comme vous à l'époque… (il coupe)

Je vois ce que vous voulez dire. Je comprends que les joueurs puissent être agacés. Même s'il n'y avait pas tous ces médias à l'époque, j'ai souvenir de quelques plumes acerbes qui n'hésitaient pas. Je m'en prenais bien plein la gueule (sic) parce que j'étais le prototype de ce que les médias parisiens n'aimaient pas, donc j'étais souvent attaqué. Mais j'ai toujours su que c'était la règle du jeu.

Tout le monde ne le comprend pas...

C'est ce que j'essaie d'expliquer aux jeunes aujourd'hui ou aux gens. Le football est le sport numéro 1 dans le monde, où les joueurs peuvent être tranquille jusqu'à la fin de leur vie en étant "juste bon". S'il y a tout ça, c'est que c'est hyper médiatique et tu es obligé d'accepter les mauvais côtés de cette hyper médiatisation. Tu es un peu plus critiqué quand tu es critiquable et encensé quand tu es bon. Voire même starifié et tu fais fructifier ça aussi. Tu ne peux pas voir que les bons côtés.

Avez-vous déjà reçu des coups de fil après une sortie un peu "brutale" ?

Ça m'est arrivé deux fois suite à des commentaires pas très gentils. C'était le père d'un joueur qui m'avait appelé, on avait joué ensemble, et j'avais un peu allumé son gamin. Je lui ai aussi demandé pourquoi il ne m'appelait pas quand je disais que son fils était extraordinaire. Mais il n'y a pas beaucoup de joueurs qui s'en plaignent, je pense qu'ils s'en servent surtout comme d'un levier de motivation. Quand je vois comment le petit Mbappé s'amuse avec les médias, c'est extraordinaire.

Les consultants ont de plus en plus de liberté et d'autonomie. Pourriez-vous vous en sortir sans journaliste ?

Quand je vois Duga (Christophe Dugarry) avec Jean-Louis Tourre, je pensais qu'il allait avoir du mal parce que c'est un vrai rôle d'animateur et il m'a impressionné. Mais il y a toujours le journaliste qui est là pour cadrer les débats, apporter la contradiction quand elle n'y est pas, ce que nous ne faisons pas parce que c'est un vrai métier. Le journaliste aura toujours sa place et le consultant la sienne. Tout seul, un consultant ne sert à rien. 

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