René Jacquot "Il y a une vraie place pour la boxe À Monaco"

René Jacquot est un nom bien connu des amateurs de boxe. Il est notamment le premier Français à avoir conquis le titre de champion du monde (WBC) à l'étranger lors de son combat contre Donald "le Cobra" Curry en 1989. Egalement champion d'Europe (EBU) en 1988, il est aujourd'hui ambassadeur pour la Fédération Monégasque de Boxe.

L'ancien pugiliste a pris quelques années mais n'a pas perdu son franc-parler. Que ce soit la boxe d'aujourd'hui ou son rôle d'ambassadeur, René Jacquot aborde tout sans tabou. Autour d'une table lors du Sportel, l'ex-champion du monde et d'Europe des super-welters n'a pas regardé la montre une seule fois, prenant son temps pour détailler ce qu'il a en tête.

Qu'est-ce qui a le plus changé dans la boxe entre votre époque et aujourd'hui ?

Ils ont un peu compliqué les règles. Avant on boxait plus facilement. Aujourd'hui il y a des catégories d'âges et de poids plus poussées. Il y a un tas de petites règles qui ont été mises en place pour sauvegarder l'intégrité physique des boxeurs. Il faut les protéger, mais il ne faut pas trop pousser les règles non plus. Quand on s'aperçoit qu'aujourd'hui, pour monter un gala amateur, il faut presque 15 voitures, aller chercher un gamin dans le nord pour le faire boxer à Monaco... Avant on se compliquait moins les choses, l'âge notamment n'était pas un critère. Il m'est arrivé à 18 ans de boxer contre un gars de 30. C'était le poids qui était important et non la catégorie d'âge.

Quoi d'autre ?

Les entraîneurs ne se sont pas remis en cause. Pas tous, mais en général, ils sont vieux jeu. Un entraîneur doit être dynamique, c'est très important. On a tendance à avoir dans les salles des entraîneurs qui s'accaparent le boxeur. C'est leur chose, leur bébé. Mais ça, aujourd'hui, c'est fini. Le gamin a une approche complètement différente. A l'époque on pouvait nous parler comme ça, mais aujourd'hui les jeunes sont très susceptibles, c'est plus compliqué. Et ils ont plus de choix. Les sports se sont démultipliés. Et ils sont plus axés sur des sports à sensation. Aller dans une salle, ce n'est pas facile. 

Est-ce que la boxe ne s'est pas un peu refermée sur elle-même ?

Non je ne pense pas. On y voit de plus en plus de femmes, de cadres, d'avocats qui vont s'entraîner parce qu'ils savent que ce sport est, à la base, tout sauf violent. Il faut avoir des ambassadeurs de la boxe qui puissent porter un message, où elle n'est pas ce que vous pensez, où on peut s'exprimer normalement, sans violence dans les paroles afin qu'on enlève cette image-là. C'est ce rôle que j'ai à Monaco. 

Quel est justement votre rôle auprès de la Fédération Monégasque de Boxe ?

Je suis avec la Fédération et l'AS Monaco. J'ai la chance d'avoir quelqu'un comme Laurent Puons (président de la Fédération Monégasque de Boxe) qui est extraordinaire, qui a été un ancien professionnel, qui connaît la boxe. Et de l'autre côté, j'ai un président de club qui s'appelle Andréi Micallef qui a été un très bon boxeur amateur. Quand on discute avec eux, on peut tout se dire. Après ça demande discussion. Mais ils comprennent ma démarche. Quand on discute avec quelqu'un qui ne connaît pas, c'est plus difficile. Après c'est à eux de trancher. Mais ils écoutent. Et ça c'est primordial. 

Comment se définit votre rôle d'ambassadeur ?

C'est déjà de porter la parole de Monaco. J'essaie de montrer que Monaco va devenir une place très forte de la boxe. Elle est très bien partie et c'est une image qu'il faut transporter. Même si c'est Monaco (à propos de l'image renvoyée par le pays), de l'extérieur il y a quelques difficultés. Pour les gens, les rues d'ici sont pavées de dollars. Donc il est très difficile d'aller demander des choses à l'extérieur parce qu'ils pensent que vous avez tous les moyens du monde. Alors que ça reste une association et une Fédération qui vivent avec des moyens normaux mais qui ont toujours besoin d'aide. J'essaie de porter une bonne image et surtout de valoriser la boxe monégasque. J'étais content la dernière fois, parce qu'on m'a dit, "je ne pensais pas que c'était ça la boxe". Parce que le boxeur, dans la tête des gens, c'est un peu le boulet de service, qui n'arrive pas à en piper une devant l'autre. Et ça me fait mal de voir ça. 

Monaco peut redevenir la grande place de la boxe qu'elle a été ?

Oui ! Quand on voit la boxe qui a été proposée la dernière fois, où Laurent avait proposé 4 combats pros, 4 combats amateurs, un titre intercontinental, je lui ai dit qu'il tapait haut (lors du gala organisé en octobre). Et on voit que le monde suit. Ça prouve qu'il y a un public. On est à Monaco. Il y a une image. On ne peut pas dire ou faire n'importe quoi, on n'a pas le droit à l'erreur. Mais il y a une vraie place. Et pour ça il faut un engouement de tout le monde. Et il faut leur proposer les bons combats. 

Publié le

Vous aimez cet article, partagez-le :

   
Photo_thumb_holyfield_1

Evander Holyfield tout sourire

Si l'an dernier c'est Mike Tyson qui était venu gratifier le Sportel de sa présence, cette année c'est Evander Holyfield qui était au Sportel. Les deux hommes sont intimement liés puisque c'est lors de leur combat que Tyson lui avait mordu l'oreille. Une histoire aujourd'hui lointaine pour Holyfield qui assure "avoir pardonné à Mike Tyson. Je suis chrétien et je crois au pardon", nous a expliqué le colosse. Retiré du milieu, l'ancien champion du monde des poids lourds est également revenu sur son retour sur les rings en 2011 après un arrêt en 2004. "Ils m'avaient enlevé ma licence de boxe en prétextant que j'étais devenu trop gros. J'étais blessé, mais eux m'ont répondu : "non, il ment. La boxe l'a usé, il est fini". Quand je suis revenu, j'ai pu leur prouver que j'étais bel et bien blessé et leur montrer que j'étais de retour, en pleine forme."