Philippe Guillard, "Jouer au rugby est plus dur que de faire un film"

Ancien joueur de rugby et désormais écrivain et réalisateur au cinéma, Philippe Guillard était présent au Sportel en tant que membre du jury des podiums d'or.

Après "Le fils à Jo" et "On voulait tout casser", Philippe Guillard hésite entre trois histoires pour son prochain film. Sans oublier la télévision, qui reste dans un coin de sa tête.

Qu'est-ce qui vous a donné envie de partir sur le journalisme, la télé et le cinéma après votre carrière ?

A mon époque, on n'était pas des pros comme aujourd'hui. J'écrivais déjà pour des journaux, j'avais publié un roman, "Pourquoi c'est comment l'amour", qui a eu un succès intime mais sympathique. Donc ce n'est pas vraiment une reconversion. En faisant de la télé, j'ai rencontré Fabien Ontoniente, avec qui j'ai co-écrit quelques films, puis j'ai fait le mien.  C'est arrivé un peu par hasard, même si au fond de moi je l'ai quand même cherché, mais j'ai toujours attendu qu'on me tire un peu par les cheveux pour faire les choses. Au départ on a toujours peur d'être ridicule, d'être humilié, mais non en fait.

Le plus dur c'est d'être réalisateur ou joueur de rugby ?

Je crois que c'est d'être joueur de rugby. Quand on est réalisateur, au moment du premier jour de tournage, c'est pas que c'est facile mais quand même, il y a déjà une histoire qui a été écrite, un casting qui a été fait. Tant qu'on a pas réuni tout ça, on n'est pas encore réalisateur. Au cinéma t'es super confort, avec une équipe de 40 personnes, une assistante, un chef-opérateur, etc. Alors qu'au rugby, le plus dur c'est que tu as tout prévu avant le match et que rien ne se passe comme prévu justement. Quand tu joues au rugby, tu te dis que tu vas marquer un essai à la 5e minute, mais à la 3e tu sors sur blessure et tu finis à l'hôpital (rires). 

Avez-vous des projets en matière de cinéma ?

J'en ai deux ou trois. Après "Le fils à Jo", je pensais que tout allait marcher. Mais le dernier ("On voulait tout casser") n'a pas eu le succès attendu, et je me suis rendu compte que c'était assez fragile. J'ai passé une année assez difficile, mais je me suis battu pour repartir de l'avant, tout en étant un peu frileux. Il faut que je définisse quelle histoire j'aime le plus, sur les trois que j'ai, parce qu'après ça dure 3 ans et je vais être au service de cette histoire, je vais en être l'esclave. 

C'est fort de dire qu'on est "esclave de l'histoire" !

Je ne sais pas si c'est fort mais c'est la vérité. Au réveil, quand on mange, quand on dort, il y a toujours un petit truc qui est là, parce qu'on peut toujours mieux faire, améliorer le montage, qu'on a raté quelque chose dans le tournage. Dans l'écriture on se dit que la scène est un peu légère et on cherche comment on pourrait l'améliorer. Alors que quand il est sorti, c'est trop tard. 

Canal+ n'a pas souhaité renouveler votre collaboration. Etait-ce dans le cadre des nombreux départs depuis l'arrivée de Vincent Bolloré et avez-vous des projets en matière de télévision ?

J'ai des touches mais ça reste des touches. Mon départ de Canal+, c'est du 50/50. Je pense que je n'ai pas été très bon quand je suis revenu et je leur reproche juste de me l'avoir dit un peu tard. Quand on a 55 ans, on a envie de partager des choses et de raconter de belles histoires. Je leur ai demandé 10-15 minutes d'antenne sur une des chaînes, j'avais des projets d'écriture de documentaires sur le rugby. Moi, Bolloré ne savait pas que j'étais là, que j'existais, et je suis déçu parce que j'aurais aimé que ce soit lui qui me vire (rires). 

Publié le

Vous aimez cet article, partagez-le :