Moscato toujours aussi show

À l'occasion du Sportel, Vincent Moscato est venu faire son show RMC en Principauté. Dans l'antre du Grimaldi Forum, le bonhomme a déboulé chaque soir à 17 h 55, soit cinq minutes avant son émission. Pas stressé le mec. Si peu stressé qu'il en oublie l'interview que nous avions fixée. Nous le lui rappelons et, désolé, il nous lance une invitation pour le lendemain matin. Où ? "Au Frémon !", lance-t-il avec son aisance naturelle. Amusés, nous lui confirmons le rendez-vous au "Fairmont" à 11 heures.

Jour J : Moscato n'est pas dans sa chambre d'hôtel. Faux plan ? Non. On vient nous informer que Monsieur est chez le coiffeur... Explosion de rires. La première d'une longue série. Dommage que vous n'ayez que l'écrit, parce qu'il manque les intonations, le rire et la voix rocailleuse caractéristiques de ce Parisien de Gaillac. Moscato a offert à Code Sport Monaco un formidable one man show personnalisé.

Raconte-nous comment tu es arrivé au micro de RMC.
J'étais dans le souvenir d'un journaliste qui m'avait interviewé longtemps pendant ma carrière, Jean-Paul Cazeneuve. Un journaliste historique de Sud Radio. Un jour il m'a dit : "J'aimerais bien voir ce que tu peux faire en radio". Donc ils m'ont fait faire des tests et tout ça. Ensuite, ils m'ont donné ma propre émission, c'était "Moscato au micro". Et après, de suite, RMC. Je lui ai dit à François (Pesenti, ndlr) : "Ça serait bien que je bosse chez vous". Ça l'intéressait donc ils m'ont débauché dans la foulée. Maintenant ça fait sept ans. Tu sais, des fois, les choses se font tout simplement, quoi. Quelqu'un vient te voir parce qu'il sent pour toi que t'as une qualité dans ce genre de job. Et comme lui c'est le sien, il le sait davantage que toi... Je suis clair là ??

Autant qu'à la radio...
(Il se marre) Mais qu'est-ce qui plaît au public ? C'est ton franc-parler, ta façon de déconner ? Le franc-parler, c'est un peu une chose que l'on dit vite fait. Tout le monde emploie les mots "franc-parler" ou "langue de bois". En vérité, tu sais très bien qu'on parle toujours des qualités qu'on n'a pas, quoi. Donc les mecs qui te disent "y a pas de langue de bois", c'est qu'ils disent rien dans leurs émissions (rires). 

Moi je m'en cague un peu quoi, je dis ce que j'ai envie. J'ai pas le cul pincé, j'ai pas un bâton dans le fion. Je fais pas partie du showbiz. Le politiquement correct, je suis obligé d'en faire, bien entendu, autrement j'exploserais en l'air. Mais j'essaie quand même de l'éviter. Si on me demandait de faire "Les grandes gueules", sur les débats politiques, je sais que j'aurais une durée de vie très limitée. Là ça va que c'est plus léger, c'est du sport. Parce que je suis pas forcément un flan-mireille, tu vois ce que je veux dire. 

C'est quoi un "flan-mireille" ?
Une espèce de mec de maintenant quoi. C'est-à-dire qu'il est contre la guerre, la famine. Tu vois, le truc des journalistes. La plupart des journalistes sont en général gauchistes. 

Est-ce que tu prépares tes émissions ?
Cinq minutes ! Ils m'appellent, ils me disent ce qu'on fait, on va parler de ci, de là, de ça. J'arrive un quart d'heure avant, je regarde ce qu'il y a et ensuite j'attaque. Moi je fais tout au feeling. D'ailleurs, je lis pas les pages qu'ils me mettent. Celui qui a le conducteur, c'est son métier, il marque tout et fait les relances. Mais moi, je fais tout en impro.

Comment un groupe de sportifs sans formation journalistique peut-il tenir l'anttenne de cette manière ?
Parce que tu apprends le métier, quoi. Je veux dire, c'est en forgeant qu'on devient forgeron. On n'apprend pas tout à l'école, on apprend sur le tas. Après, le succès se fait sur l'authenticité. C'est une espèce de vagabondage entre l'humour, l'analyse et la connaissance du sport. Tu sais très bien que l'essentiel d'un acteur, d'un comédien, d'un mec qui tient une émission, c'est son charisme et sa personnalité. Depardieu, quand il fait Cyrano de Bergerac, tout le monde dit : "C'est du Depardieu". Mais bien sûr que c'est du Depardieu, connard. Parce que si lui il amène pas la teinte de sa personnalité dans ce rôle-là, le rôle est flasque, mou, il est aseptisé. À la radio, tu traites un sujet selon ta personnalité, tes convictions, tes idées qui sont pas forcément les bonnes mais tu t'en fous, après ça crée le débat.

Tu sembles t'amuser autant que lorsque tu jouais au rugby...
On a une bonne équipe oui, sincèrement. Parce que souvent les mecs dans les médias ils disent "on a une bonne équipe" et c'est faux. La plupart du temps, ils se détestent, ils se haïssent, ils se tueraient presque de jalousie tu vois, parce que c'est des cagoles. Ils ne savent pas limiter leur égo, ils deviennent des starlettes. Et la starlette, elle prend tout mais ne donne jamais rien en échange.

Passons au one man show. Comment y es-tu venu ?
Ben je faisais du théâtre et ça marchait bien pour moi. Alors, je me suis dit que j'allais écrire mon "one man" et le faire avec ma femme. On a monté une société de production. Puis maintenant, on attaque le second. En avril, je fais les premières dates. J'écris avec ma femme surtout. C'est compliqué de faire intervenir quelqu'un. Parce que déjà, faut pas prendre quelqu'un qui fait de la scène, sinon il te donne rien, il se garde tout. Puis après, toi tu lui donnes des parts, des droits d'auteur... Alors ça va qu'avec ma femme on a 90% de ces droits. Mais j'ai filé 10% à un mec qui les méritait pas, quoi. Donc le prochain, y a personne qui y met le cul, je te le dis.

Le sport français, tu en penses quoi ? Le hand, le foot...
Bon, dans le hand, il y a eu cette connerie. Mais je l'ai dit d'entrée dans mon émission que ça allait sauter. Dupond-Moretti (avocat des frères Karabatic), je le connais bien. Je lui ai dit : "Bon écoute-moi, ça va se lourder avec trois matches de suspension, y aura jamais de pénal, y aura rien". Qu'est-ce que tu vas lever des gamins comme ça ? C'est quoi, c'est des criminels de guerre ? Tu vas pas les punir ad vitam aeternam parce qu'ils ont parié, ces connards. Des carambouilles à deux balles pour pas prendre une thune, ils sont nuls, mais nuls… Le foot, on va pas en parler. Ça va être trop dur. En vérité dans le sport, tu subis tes générations. Là, je trouve qu'il y a très peu de spectacle par rapport au prix que ça coûte. Mais bon après je comprends, y a trois règles, c'est facile à comprendre pour le plus grand nombre, bon puis t'as vu les gens qui sont dans les tribunes... C'est compliqué, quoi...

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