Max Guazzini, "Il faut une équipe de France forte"

Ancien président du Stade Français et vice-président de la Ligue Nationale de rugby, Max Guazzini était présent au Sportel en tant que membre d'un jury. Entre sa naissance avortée en terres princières et sa vision du rugby français, le directeur des Barbarians parle franchement.

Comment s'est faite votre venue au sportel ?

C'est Alain Cayzac qui a souhaité que je fasse partie du Jury. J'ai tout simplement répondu favorablement à son appel.

Qu'est-ce qui vous a plu dans l'idée de venir ?

Je vais vous faire une confidence, je suis né à Roquebrune-Cap-Martin et j'aurais du naître à Monaco, mais ça ne s'est pas fait parce que l'accouchement est arrivé très rapidement et dans de mauvaises conditions, ce qui fait que ma mère n'a pas eu le temps de venir à Monaco et le médecin de l'hôpital est venu à Roquebrune-Cap-Martin pour sauver la mère et l'enfant. Donc je suis particulièrement attaché à Monaco. J'ai vécu ici jusqu'à l'âge de 3 ans, donc je ne peux pas dire que j'y ai beaucoup de souvenirs, mais je suis souvent repassé ici et j'ai vais régulièrement sur la Grande Corniche pour regarder Monaco, il y a une vue magnifique là-haut. Ça me fait toujours plaisir de venir ici.

Suivez-vous ce qui se passe au niveau rugby ici ?

Je crois qu'il y a une volonté de développer le rugby. Je suis venu quand Johnny Wilkinson a fait sa soirée à l'Hôtel de Paris et vous savez, je suis directeur des Barbarians et on étudie la possibilité de faire quelque chose à Monaco, mais je ne sais pas encore si on y arrivera.

Pour rester sur le rugby, pensez-vous qu'il y ait un problème aujourd'hui dans le rugby Français, notamment auprès des jeunes et de la formation qui n'ont peut-être pas assez de place pour évoluer en Top 14 ?

Très certainement, je ne suis pas assez technicien pour le dire, mais on devrait peut-être s'inspirer de la formation des Néo-Zélandais, qui ont une autre approche. Comment expliquer que cette île arrive à dominer le rugby mondial ? Parce qu'au-delà de la qualité des joueurs exceptionnels qu'ils ont, il y a la question de la formation. Et c'est aujourd'hui un point de débat dans le rugby français. Maintenant il est vrai aussi que, et c'est mon sentiment, je pense que dans toutes les divisions, que ce soit le Top 14 ou en dessous, on a trop tendance à faire appel à des joueurs  étrangers, suite aux accords de Cotonou, mais nos chers gouvernants ne voient jamais les problèmes, et les présidents de clubs préfèrent faire venir des joueurs gaillards, car il est vrai que les joueurs du pacifique sont physiquement très gaillards. 

Il y a donc trop d'étrangers qui évoluent en France ?

On exagère. Je ne dis pas de ne pas en faire venir. Si j'étais excessif, je dirais qu'il ne faut pas que le Top 14 devienne la Pacific Cup. L'Afrique du Sud, et l'ensemble du continent africain sont concernés par ces accords. Mais je pense que l'on exagère, car il faut donner leur place et leur chance aux jeunes joueurs français. Si on ne les fait pas jouer, comment les faire progresser ? J'étais vice-président de la Ligue Nationale de Rugby (LNR), on a essayé de faire en sorte que ces joueurs formés en France puissent évoluer dans le championnat Français. Maintenant il y a des règles, mais certains clubs ne les respectent pas parce qu'ils préfèrent payer les amendes. 

Comment faire alors ?

L'équipe de France est la vitrine et il est dans l'intérêt du rugby Français d'avoir une équipe de France forte. Là, on exagère, parce qu'on prend des gens puissants et qui sont de bons joueurs, mais on a besoin de joueurs pour l'équipe de France. Je parle en général, et le problème c'est que les clubs regardent le court terme, ce qui est aussi une conséquence de la pression mise par les médias. J'ai été président de club pendant 18 ans (au Stade Français), on a eu beaucoup de jeunes et ce sont eux qui ont été champions en 2015. Ils sont d'ailleurs tous allés en équipe de France. Il faut leur donneur leur chance et arrêter de prendre cette solution de facilité en faisant venir des joueurs étrangers. La ligue va prendre cette solution des points (des points pourront être retirés aux clubs ne respectant pas la nouvelle législation en vigueur concernant le nombre de joueurs formés au club présents sur une feuille de match). 

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