LFL : le football américain (presque) mis à nu

Et parmi les businessmen en costard, on a vu déambuler une poupée blonde en lingerie verte. Hors de propos, direz-vous. Pourtant, c'est tout le contraire. Cette représentante de la Legends football league (LFL) arpentait les allées de stands pour représenter un sport en plein essor et tenter de le propulser encore.

Cheveux longs, blonds et ondulés. Yeux bleus puissants et pommettes fardées d'un trait noir, à la façon d'une guerrière. Mais surtout, surtout, shorty vert flashy et brassière push-up assortie. Touché ! On se demande forcément de quoi il s'agit. La jeune femme sillonne le Sportel et distribue des prospectus. On fonce lire pour s'informer. 

Elle représente la LFL. On connaissait la NFL (National football league), eh bien voici sa consœur. Mitchell Mortaza, président et créateur de la ligue, a exploité ce bon filon à partir de 2009. Constatant le manque d'engouement des populations outre-Atlantique pour le football américain, il s'est imaginé que certains ne rechigneraient pas à s'y intéresser de près si seulement on y voyait un peu de fesse.

Où a-t-il pioché cette idée ? Lors de l'édition 2008 du Super Bowl, finale du championnat de football américain aux États-Unis. Pendant la mi-temps, des nanas en lingerie ont débarqué sur la pelouse dans le même attirail que les hommes, et donné à voir du touchdown au public. Le Super Bowl réalisant l'une des plus larges audiences de l'année, le succès de ce show était vaste et retentissant.

Mortaza saute sur l'occasion


Jackpot pour Mitchell Mortaza en 2009, lorsqu'il crée la Lingerie football league. Baltimore Charm, Los Angeles Temptation ou encore Philadelphia Passion sont autant de noms d'équipes pour le moins évocateurs. Et ce sport semble se propager plus vite que n'importe quel autre, aux États-Unis d'abord.

Rapidement, les adeptes se sont multipliées au Canada et en Australie. On recense actuellement 1 600 licenciées. Le phénomène devrait même gagner l'Europe entre 2014 et 2015 ! La recette pour continuer à faire connaître et aimer ce sport dans le monde ? Sensibiliser des diffuseurs sur l'intérêt de proposer ce programme aux téléspectateurs.
Nous profitons de la deuxième venue de Mitchell Mortaza au Sportel pour dresser avec lui un bilan de l'année 2012.

"Avant notre premier Sportel, nous étions diffusés dans environ huit territoires dans le monde. Hier, nous avons fait le compte. Dorénavant nous sommes visibles dans cente trente-quatre territoires. Tout cela s'est passé en douze mois. Cette évolution va au-delà de ce que l'on pouvait imaginer." Les rencontre de LFL sont diffusées sur 65 chaînes.

"Et après ce Sportel, notre diffusion va encore s'étendre. Cet événement est une aide de poids. Nous réfléchissons d'ailleurs à accroître notre présence ici lors de la prochaine édition. Nous aurons sûrement un emplacement trois fois plus grand."

Le président de la ligue, rebaptisée Legends football league cette année (ça fait plus sérieux, non ?), est bien décidé à séduire de nouveaux amateurs de foot américain. D'ailleurs, il prévoit d'organiser le premier championnat du monde de LFL en 2014 au Brésil, à Sao Paulo, pendant la Coupe du monde de football. Malin. Il compte déjà y engager quatre équipes, dont une européenne.

Françaises, dénudez-vous

"On essaie de faire notre place dans le paysage audiovisuel français. Alors il n'y a rien de mieux que d'être directement en relation avec ceux qui prennent les décisions. C'est la principale raison de notre venue au Sportel. Il n'y a aucun autre endroit où nous puissions rencontrer autant de diffuseurs durant trois jours d'affilée", s'exclame le créateur de la LFL.

Les premières détections ont eu lieu le week-end dernier à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), et les prochaines ne devraient pas tarder. ''On dévoile notre féminité, comme en athlétisme ou en gymnastique", raconte Sarah Charbonneau, présidente des Sparkles, club féminin de football américain de la ville, et ambassadrice pour la LFL en France, dans les colonnes du Parisien.

"Au début, on va être regardées pour ça, mais on veut être prises au sérieux", ajoute-t-elle. Elle n'est pas seule. Lucie Berthaud, championne d'Europe amateur de boxe en 2007, a troqué ses gants de boxe depuis un an contre une tenue de football. Également licenciée au club des Sparkles, elle est candidate à la Legends football league tout comme sa camarade.


Bien entendu, tout le monde n'apprécie pas cette discipline...

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