Isabelle Ithurburu, "Les femmes prennent plus de place"

Habituée du Sportel, Isabelle Ithurburu était de nouveau présente cette année en Principauté en qualité de membre du jury du prix de la publicité.

Isabelle Ithurburu a rajouté une corde à son arc en prenant les rênes de l'émission Le Tube. Une aventure nouvelle qui a chamboulé son quotidien mais qu'elle apprécie.

Qu'est-ce qui vous plaît dans cette émission ?

Ce n'est pas quelque chose que je voulais absolument donc je n'en avais pas forcément besoin, mais aujourd'hui que c'est fait et que je le pratique, ça me fait du bien. Je sens que j'arrive beaucoup plus fraîche et oxygénée (sur le Canal Rugby Club) et j'apprends aussi des choses différentes. La rigueur de l'enregistré par exemple, parce que dans Le Tube on n'est pas en direct. L'interview longue aussi, car, pendant plus de dix minutes avec une personnalité des médias, c'est un autre exercice que les sportifs, avec qui c'est plus spontané. Là, il faut construire une interview, face à quelqu'un qui très souvent pratique la langue de bois ou sait très bien ce qu'elle va donner. 

De façon générale, dans le paysage audiovisuel français, on voit de plus en plus de femmes qui ont leurs émissions, et de plus en plus dans le sport. Qu'est-ce que cela vous inspire ? 

C'est surtout plus nouveau dans le sport. Je pense que c'est plus un effet de société qu'un effet de mode, parce que dans tous les milieux aujourd'hui les femmes prennent un peu plus de place. C'est juste logique. Quand je suis arrivée, il y avait des femmes dans le rugby, comme Nathalie Iannetta, mais c'est très rare. Il y a 5 ans je n'aurais pas pensé gérer le Canal Rugby Club. Je pense qu'à l'époque ils n'osaient pas. Ça a libéré les autres patrons de chaîne, surtout quand les femmes sont compétentes. 

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On voit aussi de plus en plus de femmes de terrain. Qu'est-ce qui explique cette évolution ?

Je pense qu'il y avait beaucoup moins de femmes que d'hommes qui voulaient faire ce métier à une époque, parce que c'était plus dur. C'est aussi assez récent qu'elles aiment vraiment le sport et sont aussi mordues que les hommes, il ne faut pas le nier. Je pense qu'aujourd'hui les femmes aiment encore plus le sport qu'avant et savent que c'est possible. Dans les écoles de journalisme, à mon avis, on voit une part de femmes proportionnelle à celles qu'on voit à la télévision. Avant il n'y en avait pas autant qui voulaient faire du journalisme sportif. Si c'était un effet de mode, ce seraient des filles qui n'y connaissent rien. Là c'est juste une évolution normale. 

Le rapport hommes/femmes dans le milieu sportif s'est apaisé ou c'est encore compliqué ?

On copie la société. On va dire que ça avance. Mais c'est comme au gouvernement quand on dit qu'il y a plus de femmes, il reste encore une majorité d'hommes. C'est l'ancienne école qui a du mal. Moi, les plus grosses critiques machistes que j'ai eues, ce sont des gens très cultivés, de la vieille école et qui sont très durs envers les femmes. Je pense que ça va aller de mieux en mieux, parce que mine de rien, ces anciens-là vont partir à un moment ou à un autre et ils vont laisser leur place à des gens qui sont ouverts d'esprit. Et encore une fois, il y a beaucoup plus de candidatures qu'à l'époque. 

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